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Sur le web

La Fabrique du Libre

La Fabrique du Libre agit pour une réappropriation écologique des usages qui relie les axes du social, de l'écologie et de la technologie
  • Bidouiller la Kobo Touch

    Août 2012 — Arts et techniques, , , , ,

    Article tiré du wiki de travail Bricoles.

    Ces hacks, largement inspiré des liens ci-dessous, a été testé sur une liseuse Kobo Touch avec le firmware 2.0.0.

    Avant toute chose, faites une sauvegarde du système !

    Il existe deux moyens de modifier le système de fichier :

    1. Ouvrir la Kobo, sortir la carte miniSD et la connecter à un ordinateur. Il y a 3 partitions : recoveryfs, rootfs et KOBOeReader
    2. Créer une archive KoboRoot.tgz et la copier dans KOBOeReader/.kobo en connectant la Kobo avec le câble

    Cette dernière astuce a été décrite sur le site Chauveau central. Le principe est que s'il existe une archive KoboRoot.tgz au démarrage de la Kobo, celle-ci est décompressée à la racine du système.

    Enregistrer la Kobo sans passer sur le site officiel

    Cette faille sera corrigé prochainement ; il faudra alors trouver une autre solution !

    Traduction directe du blog d'Antoine Amarilli, où vous trouverez plus de détails.

    Avec sqlite, il suffit d'entrer un enregistrement :

    echo "insert into user values('foo', 'foo', 'foo', 'foo', 'foo');" | sqlite3 /mnt/kobo/.kobo/KoboReader.sqlite

    Installer telnet et ftp sur Kobo

    Traduction et mise à jour du site Beware of soapy frogs

    Si vous travaillez directement sur le répertoire etc

    Modifiez le fichier etc/inittab en y ajoutant ces deux lignes :

    ::sysinit:/etc/init.d/rcS2
    ::respawn:/usr/sbin/inetd -f /etc/inetd.conf

    Créez le fichier etc/init.d/rcS2 :

    #!/bin/sh
    mkdir -p /dev/pts &&
    mount -t devpts devpts /dev/pts &&
    /usr/sbin/inetd /etc/inetd.conf &&

    Modifiez les permissions du fichier pour le rendre exécutable :

    chmod a+x /etc/init.d/rcS2

    Créez le fichier /etc/inetd.conf

    # service_name sock_type proto flags user server_path args
    21 stream tcp nowait root /bin/busybox ftpd -w -S /
    23 stream tcp nowait root /bin/busybox telnetd -i

    Si vous travaillez avec une connection câblée

    Créez les fichiers décrits plus haut et les mettre dans une archive. Vous pouvez copier-coller ce code dans un terminal :

    mkdir etc
    cd etc
    echo "# This is run first except when booting in single-user mode." > inittab
    echo "::sysinit:/etc/init.d/rcS" >> inittab
    echo "::sysinit:/etc/init.d/rcS2" >> inittab
    echo "::respawn:/usr/sbin/inetd -f /etc/inetd.conf" >> inittab
    echo "::respawn:/sbin/getty -L ttymxc0 115200 vt100" >> inittab
    echo "::ctrlaltdel:/sbin/reboot" >> inittab
    echo "::shutdown:/bin/umount -a -r" >> inittab
    echo "::restart:/sbin/init" >> inittab
    echo "# service_name sock_type proto flags user server_path args" > inetd.conf
    echo "21 stream tcp nowait root /bin/busybox ftpd -w -S /" >> inetd.conf
    echo "23 stream tcp nowait root /bin/busybox telnetd -i" >> inetd.conf
    mkdir init.d
    cd init.d
    echo "#!/bin/sh" > rcS2
    echo "mkdir -p /dev/pts &&" >> rcS2
    echo "mount -t devpts devpts /dev/pts &&" >> rcS2
    echo "/usr/sbin/inetd /etc/inetd.conf &&" >> rcS2
    chmod a+x rcS2
    cd ../..
    tar czf KoboRoot.tgz etc

    Ensuite, copiez ce fichier KoboRoot.tgz dans KOBOeReader/.kobo, débranchez la Kobo, redémarrez-la, et voilà !

    Il reste à connaître l'adresse IP. Cette commande sur le réseau local permet de savoir quelles sont les adresses IP connectées (il faut savoir quelles sont les autres adresses du réseau !) :

    nmap -sP 192.168.1.1-254

    Enfin :

    telnet IP_de_la_kobo

    le login est root.

    Pour le FTP, le login et le mot de passe et le login sont root.


  • Tous contre le cloud computing !

    Avril 2012 — Environnement, social , écologie, ,

    Un rapport d'expertise publié hier qui fait peur nous annonce que les géants d'Internet comme Microsoft, Apple et Amazon utilisent encore le charbon pour alimenter leurs data centers. Ce qui semble totalement aberrant, sachant que ces même entreprises, pourtant à la pointe de l'innovation, revendiquent une démarche industrielle respectueuse de l'environnement...

    Le Cloud, nuage virtuel où sont stockées les données (emails, musiques, photos, vidéos), est un ogre énergivore [1] qui centralise un système à la merci de grands groupes industriels ou d'état peu démocratiques. On pense aux problème d'accès pendant les révolutions arabes, à la fermeture de Megaupload. Cela rejoint aussi les réflexions telles que celles d'Eben Moglen.

    Une de nos actions déja commencée est celle de la construction et de la diffusion des serveurs personnelles. Nous en reparlerons encore ...



  • Install’Party du 19 novembre 2011 au Nautile

    Novembre 2011 — Arts et techniques, , ,

    Une après-midi de partage autour des logiciels libres est organisée par l'association de Saint-Nazaire le Nautile dans les nouveaux locaux de SNALIS

    Allez voir cette page :-) [http://nautile.org/Actions/Les-renc...]

    Rendez-vous le samedi 19 novembre 2011 de 14h à 17h30 (voir plus tard s'il y a des téméraires), au local de SNALIS, maison au 61 rue d'Anjou, Saint-Nazaire.


  • Inauguration des nouveaux locaux de SNALIS

    Novembre 2011 — Environnement, social , écologie, , , , ,

    La Fabrique du Libre a soutenu SNALIS depuis sa création, et y a encouragé la création d'un bricolab (FabLab citoyen).

    C'est à présent avec plaisir que nous relayons l'invitation à l'inauguration de ses nouveaux locaux :

    Lundi 14 novembre 2011 à 18h 61 rue d'anjou à St Nazaire

    À cette occasion, une plaque sera dévoilée, révélant le nom de ce lieu qui se voudra un point de rencontre de différentes activités autour des logiciels libres, de récupération et de réparation.

    La cérémonie se poursuivra autour du Verre de l'amitié .

    Le temps d'une visite, venez nous rencontrer !


  • Fabrications et Conceptions

    Avril 2010 — Ateliers,

    Fabrication

    Réalisation d'interfaces et d'automates

    La Fabrique du Libre vous propose d'étudier et de réaliser avec vous vos interfaces entre le monde de l'informatique et le monde réel. Vous voulez inter-connecter un joystick, une balance et un détecteur de couleur sur votre ordinateur ; Vous désirez comptabiliser le passage des poisson rouges et commander des lumières ou l'ouverture de la porte de la chatière. Nous savons fabriquer, grâce à des briques électroniques comme 'Arduino', toutes sortes d'automates liés a des détecteurs en tous genre et les faire communiquer avec les ordinateurs.

    La plupart de nos projets sont nés de nos rencontres avec des artistes, inventeur-se-s, constructeur-trice-s, bricoleur-se-s. Chacun y a trouvé plus qu'un simple service ou une prestation technique.

    Adhérez à l'association et nous pourrons étudier et construire les bidules de vos rêves. Avec toujours une approche libre, nous partageons nos trouvailles et aiguillons vers d'autres réseaux dans le même esprit.

    Fabrication d'ordinateurs personnalisés

    La fabrique du libre a une grande expérience dans la construction d'ordinateur atypique, vous pouvez en voir quelques un dans la [galerie| http://la-fabrique.du-libre.org/gal.... Nous avons aussi réalisé avec nos adhérent-e-s des dizaines de machines qui correspondent à leur envies au cours des

    Après adhésion à l'association, si la formule de l'atelier ouvert ne vous convient pas, nous organiserons un atelier personnel ou ensemble nous définirons les fonctions et l'esthétique afin de fabriquer l'objet.

    Vous acheterez les composants, nous les assemblerons en vous montrant comment tout fonctionne et suivant vos envies nous prendrons plus ou moins part au travail. Nous pouvons juste être les tuteurs de votre propre réalisation ou faire entièrement l'ordinateur et nous appliquerons toujours les règles de partages des connaissances.

    Pensez qu'aujourd'hui les pièces d'un ordinateur ne coûtent plus très cher et que l'assemblage est aussi à la portée de main des bricoleur-se-s. Faire appel à des gens d'expériences peut vous ammenez encore plus loin dans l'autonomie autour des outils informatiques.

    Fabrication de serveurs internet à tout faire

    La fabrique du libre a gagné son autonomie informatique grâce à de multiples expérimentations. Nous avons fabriqué nos propres serveurs informatiques, nos sites internet, nos messageries, nos radios, nos réseaux. Nous avons testé des dizaines de solutions plus ou moins légères et nous savons ce qui fonctionne et comment le mettre rapidement en oeuvre.

    Nous vous proposons, toujours avec une approche d'éducation populaire, de réaliser vos noeuds de communication : le serveur réseau personnel.

    Dans la plus grande majorité des cas, le matériel dédié à un serveur personnel est trés simple et peu coûteux. Un serveur peut être une vieille machine qu'on a réformée ou une machine moderne qui ne fait pas de bruit et ne consomme qu'une vingtaine de watt ou encore un petit système électronique hacké sur lequel on installe GNU/Linux comme un NSLU.

    Apres adhésion, nous pouvons avec vous définir et vous montrer comment réaliser un serveur multimédia ou un serveur internet où la partie matériel ne représente qu'une centaine d'euro au maximum.

    Vous aurez, en profitant de la simple connexion ADSL de votre fournisseur Internet, votre hébergement personnel et votre autonomie, plus de problème de place ou de disponibilité, vous pourez installer vos sites internet et ceux de vos amis, partager vos ressources localement et bénéficier d'autres services facilement, puisque tout sera chez vous.

    Une connexion ADSL2+ fournie en dégroupée permet d'héberger un ou plusieurs sites avec plus de 10 000 visites par jours, et plusieurs tera de données...

    Arduino

    Arduino est un phénomène très important dans le monde des arts numériques ces dernières années. Le projet Arduino a reçu un titre honorifique au Prix Ars Electronica 2006 dans la catégorie Digital Communities.

    Nous réalisons des objets communicants, des automates connectés ou non, sur la base de plaque Arduino, Freeduino et en général autour des micro-controleurs Atmel AVR.

    Ces pièces uniques sont sous licence Art Libre.

    Sites internet

    La Fabrique du Libre a mis en place divers sites internet comme la 7e fête mondiale du cinema d'animation, mais aussi tous nos sites, présentés dans l'Arbrasite.

    Nous proposons l'installation de site internet, notamment à l'aide du CMS Spip, pour des sites collaboratifs, de dokuwiki ou de pages HTML simples pour des usages basiques.

    Nous proposons également la formation permettant de prendre en main votre site, à tous les niveaux de la conception.

    Applications oueb

    De nombreuses applications oueb sont possibles, basées sur PHP ou autre.

    Faites votre commande !

    La formation est également possible.


@-brest

Initié par la ville de Brest, @brest met en réseau et relie au web les acteurs et actrices de l’internet et du multimédia à Brest et dans les régions francophones..
  • Disco Soupe : La convivialité contre le gâchis !

    17 mai — Open Bidouille Camp, ,
    Crédits : Emmanuel PRIGENT (studio

    Crédits : Emmanuel PRIGENT (studio « saintPierre photo »), CC By NC

    Dans le cadre de la seconde édition de la fête de la bidouille brestoise, « l'OpenBidouilleCamp », aura lieu la 1ère Disco Soupe Brestoise le vendredi 17 mai, de 18h30 à 22h :

    • Pour lutter contre le gaspillage dans la convivialité
    • Pour fêter la bidouille – même alimentaire
    • Pour le plaisir du partage et en musique

    Et pour nous accompagner en musique, nos oreilles auront le plaisir d'écouter les groupes Trafiquants d'âme et Julo, ainsi qu'une initiation au « bruitage » animé par Radio Evasion et ASCIA.

    Parce qu'une Disco Soupe, c'est avant tout un événement convivial, festif et participatif, vous êtes tous les bienvenus !

    Concept importé d'Allemagne, le but de Disco Soupe est d'associer la convivialité à la sensibilisation sur le gaspillage alimentaire. Concrètement, une disco soupe c'est :

    • Des FRUITS et LÉGUMES : Récupérés en fin de marché ou auprès de grossistes, de supermarchés,les fruits et légumes – hors calibres et difformes, mais 100% comestibles – sont transformés en soupes, salades, smoothies et autres mets par les participants de la Disco Soupe.
    • Du PARTAGE : l'ensemble des plats cuisinés sont partagés et dégustés gratuitement pendant l'évènement Disco Soupe.
    • De la CONVIVIALITÉ : le tout se fait en musique, pour le plaisir de tous !

    Venez éplucher les fruits et légumes que nous aurons récupéré pour les transformer en soupes et salades, le tout en musique, le vendredi 17 mai, de 18h30 à 22h au gymnase Avenue Foch à Brest (N'oubliez pas votre économe !).

    Vous voulez donner un coup de main comme bénévole ou donner des légumes ?

    Une action coordonnée par l'association Collporterre.


Agence Wallonne des Télécommunications

le portail des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) en Wallonie contact

ANIS

L'Association Nord Internet Solidaire (ANIS) a pour objet la valorisation des Usages Citoyens et Solidaires des TIC, à l'initiative des ROUMICS « Rencontres OUvertes du Multimédia et de l'Internet Citoyen et Solidaire »

Artesi Ile de France

Agence régionale des technologies de l'information
  • Fenêtre sur chambre

    http://www.artesi.artesi-idf.com/repository/304/3044471679/3596227959.jpg
    Mars 2012

    L'ambition, à terme, est de déployer ce dispositif dans le plus grand nombre d'hôpitaux pour créer une communauté. En 2010, Art dans la Cité a lancé un appel à projet demandant à des artistes de développer une oeuvre numérique, capable de rompre l'isolement des jeunes patients d'hémato-oncologie pédiatrique, en les impliquant dans un processus interactif de création. Conçu par deux anciens étudiants-chercheurs de L'EnsadLab, Nicolas Sordello et Raphaël Isdant, « Fenêtre sur Chambre » a été expérimenté pour la première fois de décembre 2010 à mars 2011 à l'Hôpital Trousseau (AP-HP). Environnement vidéo-ludique et social, il permet aux jeunes patients isolés de se rencontrer, d'échanger, de jouer et de créer sur une plateforme commune à l'aide d'un avatar. Favorable à la réalisation d'un tel projet, l'équipe d'hémato-oncologie pédiatrique de l'hôpital Trousseau l'a accueilli avec beaucoup d'enthousiasme et a contribué à sa mise en oeuvre en mettant à disposition des artistes un espace dédié à la création, et en relayant le projet auprès des parents et des enfants présents dans le service.

    Fenêtre sur Show est la seconde étape qui se poursuit depuis Octobre 2011 à l'Hôpital Trousseau (AP-HP) et a démarré en parallèle, en janvier 2012, au CHU de Nice, l'Archet 2. Il a pour ambition d'accroître le nombre d'utilisateurs et d'activités ludiques et créatives.

    Les artistes ont réalisé plusieurs nouveaux parcours de difficulté croissante, qui permettent aux enfants de connaître et de maitriser les différents outils de navigations et de création 3D. Après 3 ou 4H passées avec les artistes qui guident leurs premiers pas lors d'ateliers en résidence, les enfants savent se déplacer, créer et interagir de manière autonome. Ils peuvent à leur tour initier leurs proches (parents ou amis) et transmettre leur savoir faire. Une Clé USB qui contient l'exécutable est remise aux parents qui peuvent se connecter à l'ile depuis chez eux. La clé permet également à l'enfant qui sort de l'hôpital, de rejoindre l'île et sa communauté.

    Objet de communication original, cette fenêtre permet aux enfants d'exposer leur imagination. Les parents, les amis, les visiteurs (le public du lieu) peuvent découvrir la plateforme en grand format et échanger avec les enfants dans leur chambre.

    En prenant comme point de départ l'impossibilité d'avoir accès au monde extérieur, Fenêtre sur Chambre/Show tente de rétablir cette ouverture au moyen des nouveaux outils de communication et de l'immersion dans un espace virtuel partagé ouvert sur le monde.

     


  • Autrans 2012

    http://www.artesi.artesi-idf.com/repository/731/731257819/3596227959.jpg
    Mars 2012

    Les Rencontres d'Autrans n'ont jamais été une réunion de professionnels de l'Internet ou du numérique. Même si quelques uns des participants sont des vrais « geeks », la majorité de ceux qui font le voyage, début janvier chaque année dans le Vercors, sont simplement des citoyens concernés par les mutations induites par la société de l'Information et de la Communication.

    Plus que jamais, en focalisant les travaux sur le co-working, le travail coopératif,... les Rencontres d'Autrans montrent que ce ne sont pas les technologies qui changent le monde mais ce que les hommes, ensembles, en font.

    En confiant à un néophyte en matière de TIC, la réalisation du traditionnel clip de synthèse, nul doute que nous serons encore plus nombreux l'année prochaine au cœur des Alpes.


    www.dailymotion.com

    Retrouvez également toutes les contenus produits par les Rencontres d'Autrans 2012 grâce au widget

     

    D&ampamp;eacute;sol&ampamp;eacute;, votre navigateur ne prend pas en charge les IFRAME...
     


  • Données, informations et connaissances

    Février 2012

    Le Communiqué de presse annonçant la nomination de Serge Abitboul comme titulaire de la chaire Informatique et sciences numériques du Collège de France comporte une note qui mérite à nos yeux un billet à part entière :

    « Des mesures de température relevées par une station météo, ce sont des données.

    Une courbe donnant l'évolution dans le temps de la température moyenne dans un lieu, c’est une information.

    Le fait que la température sur terre augmente du fait de l’activité humaine, c’est une connaissance.

    En recevant un sens, des données (par exemple des chiffres de température) deviennent des informations. Ces informations muent en connaissances quand nous les introduisons dans un univers logique. »

    Simple, clair et efficace !


  • grainedephotographe.com laisse libre court aux nouveaux talents !

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    Février 2012

    grainedephotographe.com, le site de stages photo pour « shooter comme un(e) pro », organise un grand concours ouvert aux photographes amateurs. Autour du thème « La liberté dans la ville », les plus belles photos seront sélectionnées par un jury de professionnels et exposées dans une galerie parisienne du 12 au 15 avril.

    Une occasion unique pour tous les passionnés de photo d’exposer leur talent aux yeux du public et de se perfectionner grâce aux conseils avisés des professionnels de grainedephotographe.com.

    S’exprimer par l’image en toute liberté !

    grainedephotographe.com offre l’occasion à tous ses stagiaires et fans Facebook de se confronter au vote du public et, pour certains, la chance d’être exposés dans une galerie parisienne.

    Jusqu’au 5 avril, les participants peuvent envoyer gratuitement à grainedephotographe.com une photo en lien avec le thème « La liberté dans la ville » : vivre la ville 24h/24, c'est être en mouvement perpétuel. La ville, c'est des millions d'habitants, de l'action permanente… Une dynamique qui peut aliéner ou au contraire donner plus de liberté. Comment se sentir libre en ville ?

    Par le mouvement, le déplacement, la rapidité… Par la/les culture(s), l'évasion, la musique, la fête. Par les rencontres, l'échange, le partage. Sans doute aussi, par l'isolement, le jardin secret.

    Autant de facettes qui s’offrent aux regards des photographes, qu’ils pourront révéler au public en une photo grâce à grainedephotographe.com.

    Participer et gagner !

    Tous les stagiaires de grainedephotographe.com et les fans de la page Facebook du site peuvent participer au concours. Il suffit d’envoyer une photo et ses coordonnées par mail à l’adresse concoursphoto@grainedephotographe.com (Format JPEG prêt à tirer, sRVB, 200 à 300 dpi, 2Mo min et 5Mo max.).

    Les photos seront soumises aux votes des internautes via la page Facebook grainedephotographe.com : www.facebook.com/pages/grainedPhotographe/203303913044331.

    Les 50 photos qui recevront le plus de « j’aime » seront présentées à un jury, composé des photographes de l’équipe de grainedephotographe.com. Les auteurs des 5 meilleures photos recevront les prix suivants :

    • 1er Prix : un Reflex numérique CANON (valeur 500 € minimum).
    • 2e Prix : un pack de 3 stages grainedephotographe.com (valeur 240 €)
    • 3e Prix : un stage Studio Pro grainedephotographe.com (valeur 115 €)
    • 4e Prix : un stage photo grainedephotographe.com (valeur 80 €)
    • 5e Prix : un livre de Yann Arthus-Bertrand dédicacé.

    Le concours en résumé :

    Thème : « La liberté dans la ville »

    Conditions de participation :

    • ] Être membre de la page Facebook de grainedephotographe.com ou avoir participé à un stage photo grainedephotographe.com
    • ] Envoyer une photo maximum par personne à concoursphoto@grainedephotographe.com
      Préciser Nom, Prénom et coordonnées postales et téléphoniques.
    • Format de l’image :
      JPEG prêt à tirer - 2 à 5 Mo 200 à 300 dpi profil couleur sRVB

    Date limite de participation : Le 5 avril 2012 à minuit

    Pour voter : Être fan de la page Facebook et « liker » la photo de son choix.

    Règlement et informations complémentaires à disposition sur www.grainedephotographe.com


  • Internet : sortie d'un guide pour les parents

    http://www.artesi.artesi-idf.com/repository/263/2639357938/3596227959.jpg
    Février 2012

    L'UNAF est membre du comité de pilotage du Safer internet Day France. A cette occasion, l'UNAF coédite avec Internet Sans Crainte, un nouveau guide à destination des parents « Découvrir Internet ensemble, c'est plus sûr ».

    Pour l'Union Nationale des Associations Familiales, dans un environnement marqué par des pratiques numériques de plus en plus présentes dans la vie des enfants et par un usage de plus en plus précoce de ces outils, les parents ont plus que jamais un rôle essentiel à jouer auprès de leurs enfants pour favoriser leur usage positif et profitable.

    Les parents sont pour la plupart parfaitement conscients de la nécessité d'être présents auprès des enfants dans leur découverte des usages numériques et conscients de leur rôle dans la meilleure compréhension par leurs enfants des enjeux et des opportunités numériques. Pour autant, de nombreux parents sont en demande de conseils et de repères pour être plus à l'aise.

    Ainsi, à travers plus de 50 conseils pratiques portant sur l'ensemble des usages numériques de l'enfant, allant de la recherche d'information au téléphone portable en passant par les réseaux sociaux, les blogs et les incontournables jeux vidéos, l'UNAF souhaite donner aux parents les moyens d'exercer pleinement cette mission parfois complexe de parents à l'ère du numérique.

    Ce guide s'inscrit dans la continuité des précédentes publications et études de l'UNAF et dans le cadre d'un partenariat avec Internet sans crainte engagé depuis 2005.

    Ce guide est téléchargeable en ligne sur les sites www.unaf.fr et www.InternetSansCrainte.fr

    [1] Le Safer Internet Day est le grand événement annuel du programme Safer Internet de la Commission européenne destiné à promouvoir une utilisation plus sûre et plus responsable de l'Internet fixe et mobile chez les jeunes. Il est organisé en France par Internet Sans Crainte, plan national de sensibilisation aux risques et usages de l'Internet.


Bibliobsession 2.0,

blog proposé par Silvère Mercier, alias Silvae depuis 2005 qui s'attache à recenser les expériences innovantes, à susciter des débats et à cerner les enjeux du numérique au sein de la communauté de l'information-documentation.
  • Elaboration des politiques publiques : processus complexes et outils numériques

    Décembre 2009 — Bibliothèques et cie, Comprendre les enjeux de demain, Revue-reseau-tic

    ScreenShot007J’aime beaucoup ce schéma cité par Thierry Giappiconi qui montre ce que sont les politiques publiques : des actions publiques incarnées dans des dispositifs répondant à des enjeux/problèmes identifiés comme devant recevoir une réponse qui relève de l’intérêt général, dans l’espoir de produire des résultats, des impacts voire des effets sur le champ social.

    On perçoit ici la nécessité d’une évaluation qui n’est pas si souvent bien comprise/menée… Les bibliothèques font partie, comme les autres services publics, de tous ces dispositifs.

    Questions : comment identifier les enjeux publics et les problèmes qui doivent faire l’objet de décisions politiques ? Comment sont-ils mis sur des agendas politiques et médiatiques par nature saturés ? Quels outils numériques peuvent favoriser la participation des gens à ces processus ?

    Si les élus gardent tout leur légitimité pour décider, c’est devenu un cliché : les citoyens sont appelés à participer, à débattre pour le meilleur comme pour le pire. Derrière cet impératif de « participation citoyenne » se cache un ensemble complexe de phases élaboration des politiques publiques et de niveaux de participation que l’on peut relier à des outils numériques. (ou pas, mais là c’est le sujet hein)

    Alexandre DESROUSSEAUX, Chargé de mission TIC et Collectivités travaille sur ces questions depuis des années au Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais. Il propose le schéma suivant sur le processus du débat public : (cliquez sur ce schéma pour le voir en grand)

    ScreenShot008

    Vous noterez que bien au delà d’une participation citoyenne abstraite, il faut distinguer pour un débat donné ce qui relève de la problématisation, de la mise à l’agenda, de la diffusion de l’information, de la consolidation des opinions, de la contribution, ou encore de la synthèse, ou de la cartographie des positions, tout ça avant une nécessaire prise de décision politique

    Alors quels sont les outils qui correspondent à ces différentes phases du débat public ? Je vous recommande ce diaporama qu’Alexandre DESROUSSEAUX m’a autorisé à diffuser sur slideshare, bravo et merci à lui ! (dispo ici en pdf). Vous y trouverez une très intéressante typologie (avec exemples) d’outils numériques participatifs et leurs usages dans les différentes phases du débat public.

    Merci à Loïc Hay pour la trouvaille! Si vous avez peu de temps, je vous recommande de jeter un œil à ce schéma de synthèse en pdf. Brillant! :-)

    Les outils numériques c’est bien, mais cela évite-il pour autant l’écueil d’une participation minoritaire qui se fait au nom de l’intérêt général ? Qui est susceptible d’utiliser ce genre d’outils ?

    Le seuil de 2/3 des Français (de 11 ans et plus) connectés à Internet a enfin été dépassé. Au-delà du nombre, qui à lui seul rend Internet incontournable en tant que vecteur de communication pour les entreprises ou les institutions, c’est la structure sociodémographique de la population internaute qui attire l’oeil. En effet, Médiamétrie confirme que les internautes français ressemblent en tous points ou presque … aux Français dans leur ensemble. Qu’il s’agisse de l’âge, du lieu d’habitation ou encore du niveau de revenus, il semblerait que la population internaute soit, pour ainsi dire, représentative de la population française dans son ensemble (voir l’édition de mai dernier de l’Observatoire de Médiamétrie pour plus de détails). Les personnes les plus âgées ou les ruraux ont par exemple rattrapé leur retard sur Internet par rapport aux plus jeunes ou aux urbains. Les plus de 55 ans, les femmes ou les catégories socio-professionnelles dites inférieures (CSP-) pèsent approximativement le même poids au sein de la population internaute qu’au sein de la population française dans son ensemble. En d’autres termes, on ne saurait plus opposer à Internet, en tant que vecteur de communication, son incapacité à toucher toutes les catégories de Français qui sont bien présentes sur Internet.

    Si la tendance est à l’augmentation du nombre de personnes connectées et de sa représentativité, le point de vue qui précède ne dit rien des usages et de la répartition des compétences nécessaires pour intervenir et être entendu sur le web…  Narvic a raison de dénoncer le fantasme d’une démocratie du débat universel sur Internet, chiffres à l’appui :

    considérer internet comme la voix du peuple, ou même seulement comme un miroir de l’opinion publique, est donc finalement, aujourd’hui, totalement abusif. Internet permet probablement une libération et un élargissement de la prise de parole en public par rapport aux médias traditionnels, mais l’usage qui en est fait reste très modeste.

    De fait, la loi des 1% de participants actifs semble un horizon indépassable, par exemple à propos de Wikipédia :

    Les deux-tiers des contenus produits proviennent de seulement 1% des utilisateurs actifs. Mais le plus intéressant, c’est de voir comment ce ratio s’inscrit dans la durée, car il ne varie quasiment pas entre 2002 et 2005, alors que le nombre de contributeurs passe de la centaine à la dizaine de milliers. Ce 1% se retrouve par ailleurs dans la proportion d’utilisateurs Yahoo! à créer des Yahoo Group, mais aussi dans le ratio contributeurs/audience d’AgoraVox si je m’en réfère à ces chiffres.

    Il faut être clair, ni des outils, ni une démarche participative ne garantissent l’émergence de consensus inattaquables, au mieux servent-il à faire exister un débat, au pire à légitimer des décisions démagogiques…

    Pour autant, il me semble qu’il ne faut pas du tout en conclure à l’inutilité des démarches de participation des citoyens à l’élaboration des politiques publiques. Je rejoins complètement Alban Martin qui rappelle sur Readwriteweb avec justesse que cette règle des 1% s’applique tout autant à la démocratie représentative traditionnelle :

    Pierre Rosanvallon, professeur au collège de France et auteur de  La légitimité démocratique paru en 2008, nous explique que « si l’on considère la fréquence de l’engagement régulier dans de telles instances organisées (comités de quartiers, jurys citoyens, commissions d’enquête etc) on a estimé dans le cas britannique qu’environ 1% des adultes étaient concernés. » C’est à dire qu’un seul pour-cent des citoyens anglais contribue de manière active à la vie publique, au « bénéfice » de 100% de la population. Cette estimation se fonde sur l’étude de Tom Bentley détaillée dans  Everyday Democracy paru en 2005. Ce dernier relève également qu’on retrouve à peu près ce même niveau de membres actifs quelque soit les pays où il a mené son étude, exception faite du Brésil qui atteint les 2%.

    Conscient que ni la démocratie représentative, ni les plateformes de participation sur internet ne sont capables de dépasser l’engouement d’une minorité proche de 1% du total des citoyens concernés, n’aurait-on pas intérêt à accorder les deux méthodes, plutôt qu’à les opposer sans cesse ? en effet, leurs limites respectives ont la chance d’être complémentaires : imaginez un représentant qui peut compter sur une intelligence collective représentée par 1% de citoyens bénévoles prêt à contribuer à un sujet de société. Ces 1% de citoyens ne seraient bien sûr pas représentatifs (et ce n’est pas ce qui est attendu d’eux, ce rôle étant joué par l’élu qui encadre les échanges et tranche en dernier ressort). Par contre, ils seraient créateurs d’une masse de données et de remontées terrains capables d’éclairer la prise de décision.

    Ainsi, l’enjeu démocratique serait-il moins celui des outils ou de la masse de participants que celui de la démarche, de la collecte et de l’usage non pas seulement d’opinions, ou de votes, mais plus largement de données susceptibles d’éclairer des choix politiques…

    Si ces questions de e-democratie et de données publiques vous intéressent, je vous renvoie aux articles d’Hubert Guillaud sur InternetActu.


  • Etude sur le piratage numérique du livre : idées reçues, résultats, perspectives

    Octobre 2009 — Bibliothèques et cie, Pratiques numériques des usagers, Revue-reseau-tic

    darkPassionnante étude commanditée par le Motif et menée par Mathias Daval. Elle est disponible sur le site du Motif à cette adresse. Si le temps vous manque, vous pouvez lire la synthèse, mais je vous conseille de lire l’intégralité de l’étude déjà commentée sur La feuille, Ebouquin et reprise sur pas mal de sites, à en croire la revue de presse de Edysseus consulting, qui l’a menée. Elle est importante cette étude parce que c’est la toute première étude française sur le sujet.

    A sa lecture on ne peut qu’être frappé par le fait qu’elle appelle, en creux, un modèle nouveau pour l’ensemble des acteurs de l’industrie du livre et pour les politiques publiques menées autour des contenus… dont font partie les bibliothèques.

    La comparaison est tout a fait possible avec la musique et le cinéma et on pourrait citer nombre d’analyses proposées par Guillaume Champeau de Numerama par rapport aux processus qui ont conduits du piratage massif à la remise en cause des DRM et au développement d’offres légales de bonne qualité (et encore), en passant par le prétendu manque-à-gagner pour les industries culturelles. Pourtant, la comparaison s’arrête là, tant les volumes sont différents. Le piratage numérique du livre en 2009, c’est une poignée de gens qui scannent illégalement du papier et passetn beaucoup de temps à des corrections et de la mise en page pour mettre à disposition des fichiers d’oeuvres qui ne sont majoritairement pas disponibles ailleurs !

    Le piratage du livre aujourd’hui est donc tout sauf de la contrefaçon mafieuse à grande échelle. Ce côté obscur de la force peut d’autant plus facilement être considéré comme une zone grise, où le fait d’enfreindre le droit d’auteur est partieprenante d’un objectif qui n’a rien de pécunier. Et l’auteur de l’étude de citer ce message publié sur un forum par une équipe de pirates :

    « Nous sommes une équipe dédiée à la création d’ebooks distribués via les réseaux Peertopeer. Sur ce modeste portail, vous pourrez trouver un forum de discussion, une liste à jour de nos distributions mais aussi des informations sur les techniques employées pour créer nos ebooks. Notre mission : Communiquer l’amour de la lecture et de la langue française à tous, au delà de l’éloignement ou du manque de moyens ! Nous ne sommes pas particulièrement portés sur une certaine catégorie de livres, mais faisons plutôt le choix de convertir en ebooks nos coups de coeur. Certains livres copyrightés et récents font partie de nos distributions, comme ce sont souvent ceux qui intéressent le plus grand lectorat. Nous pensons qu’un ebook ne saurait remplacer le livre lui-même, mais simplement donner envie d’aller plus loin avec son auteur(e). Bien entendu, si un ayant droit se pensait réellement lésé par l’existence d’un ebook issu d’un livre de son catalogue, nous cesserons immédiatement de le partager. »

    Lionel Maurel rapporte ainsi l’exemple d’Enro amené à enfreindre le droit pour traduire le titre d’un auteur dont il était amateur. Cette étude est intéressante parce qu’elle invite à s’écarter d’une conception étroite du droit d’auteur, sans pour autant cautionner l’aspect clairement illégal de ces pratiques. C’est au prix d’un examen attentif de cet écart qu’une offre légale publique et privée de qualité pourra voir le jour !

    Commençons par remettre en cause deux idées reçues pour clarifier le débat sur le sujet.

    Idée reçue numéro 1 : les fichiers illégaux sont de très mauvaise qualité. C’est faux indique l’étude : les fichiers qui circulent sont majoritairement de très bonne qualité, proposés par des équipes restreintes et très organisées. En ce sens, sans faire évidemment l’apologie de ces pratiques, les pirates numériques du livre d’aujourd’hui ne sont rien d’autre que des internautes qui se sentent investis d’une mission, celle de soigneusement scanner, corriger, mettre en forme et partager des fichiers de bonne qualité, en pratiquant même entre équipes une certaine émulation… Oserai-je dire que ces gens sont du côté obscur de la même force qui motive bien des bibliothécaires ? :-) (oups, je l’ai dit, trop tard)

    Idée reçue numéro 2 : Les ventes de fichiers numériques vampirisent les ventes de l’imprimé. Les expériences menées tendent à montrer, en restant prudent, que ce n’est pas le cas, mais qu’au contraire, la circulation des fichiers permet à une offre éditoriale de bénéficier d’effets de réseaux lui permettant de « sortir de l’obscurité ».

    Extrait à l’appui :

    Présentées en février 2009 à l’occasion du Tool of Change for Publishing Conference organisée par l’éditeur américain O’Reilly, deux expériences menées en 2008 par le cabinet de conseil Magellan Media ont étudié l’impact direct de la diffusion de livres sur le web :

    D’une part, l’éditeur Random House a mis à disposition quelques titres gratuitement sur son site web : les ventes papier de ces titres ont augmenté en moyenne de 19,1 % pendant la période promotionnelle (par rapport aux ventes pendant les 4 semaines qui la précèdent), puis de 6,5 % pendant la période suivante. Notre étude montre que, si l’on ne peut en tirer de causalité stricte quant à l’impact d’une diffusion gratuite sur les ventes (puisqu’on ne spéculer sur le montant des ventes si cette opération promotionnelle n’avait pas eu lieu), en revanche elle peut affirmer que cet impact n’est en aucune façon négatif.

    D’autre part O’Reilly a suivi certains de ses best‐sellers, vendus sans DRM* sur son site. Il a
    observé la courbe de diffusion illégale de 8 titres piratés, et a constaté que leurs ventes
    numériques ont augmenté globalement de 6,5 % dans les 4 semaines qui ont suivi la première apparition de seeds* (sources de fichiers illégaux) sur Internet
    . Par ailleurs, l’éditeur a été surpris de constater le temps de latence existant entre la publication officielle et la diffusion pirate : 20 semaines en moyenne (avec un écart allant de 4 à 43 semaines selon les titres).

    (…)

    Une expérience similaire a été menée par un autre éditeur américain d’ouvrages informatiques, No  Starch, en mars 2008. Un an plus tard, il n’est parvenu à aucune conclusion précise quant au lien entre la mise à disposition gratuite de leurs livres sur le web et l’évolution de leurs ventes. Ils sont en tout cas incapables d’y trouver un lien de causalité négatif, et ils demeurent partisans de cette méthode qui, selon eux, est efficace pour contrer le «bruit » généré par les milliers d’ouvrages qui sortent chaque année en librairie. L’idée est qu’un éditeur a tout à gagner à se faire connaître ainsi par le bouche à oreille sur Internet.

    (…)

    C’est aussi ce que souligne l’éditeur américain Tim O’Reilly en considérant que, du point de vue des éditeurs comme des auteurs, le véritable problème n’est pas le piratage, mais l’obscurité : comment faire sortir un ouvrage de la masse sans cesse grandissante des productions éditoriales ? Cory Doctorow, essayiste, auteur de science‐fiction et co‐créateur du blog Boing Boing, apporte un argument supplémentaire : « J’ai commencé à distribuer gratuitement mes livres lorsque j’ai été témoin des débuts de la scène « bookwarez ». (…) [Les] fans passaient facilement 80 heures pour pirater leurs livres favoris (…) J’ai considéré que c’était plutôt une bonne chose d’avoir à ma disposition 80 heures d’effort promotionnel gratuit. »

    Ainsi, le numérique appelle un développement communautaire autour des contenus et permet d’autres usages de lecture, comme le rappelle Hubert Guillaud dans ce billet d’Internet Actu :

    Les premières études sur les usages des livres électroniques montrent bien qu’on ne les utilise pas de la même façon que les livres papier. On pioche plus facilement des passages ou des chapitres plutôt que d’avoir une lecture linéaire. Sans compter qu’on n’a pas les mêmes usages selon les types de contenus qu’on consulte : on a plutôt tendance à télécharger certaines formes littéraires et à accéder en ligne à d’autres, comme l’expliquaient certains des spécialistes du secteur à la conférence TOC 2009.

    Ces deux idées reçues montrent bien que le numérique a des complémentarités à trouver avec l’imprimé. Avant d’envisager les perspectives ouvertes, voici la synthèse des résultats de cette étude proposée par ses auteurs. Mes commentaires sont entre crochets :

    Le téléchargement illégal des livres sur Internet n’est pas nouveau, mais il semble décoller depuis le milieu de l’année 2008 à travers le monde. Il reste toutefois un phénomène particulièrement mineur au regard des autres formes de piratage en ligne.

    L’évaluation du nombre de livres disponibles en téléchargement illégal reste complexe. Mais on peut l’estimer, à l’été 2009, de 4 000 à 6 000 titres différents, dont 3 000 à 4 500 bandes dessinées. Soit moins de 1 % des titres disponibles légalement au format papier.

    Pirater un livre en le scannant depuis sa version papier représente un travail fastidieux de 6 à 10 heures minimum pour un résultat de bonne qualité. Pourtant, 77 % des ouvrages atteignent ce niveau de qualité. 1 ouvrage piraté sur 7 l’est par l’une des deux principales équipes de pirates, qui privilégient la qualité à la quantité. [autrement dit, il s'agit d'un travail d'équipe mettant en oeuvre un workflow bien plus complexe que ceux qui copient et partagent des films ou même des séries auxquelles ont été ajoutés des sous-titres...]

    La taille moyenne d’un livre piraté est de 29,7 Mo. Ce poids assez élevé traduit l’importance du nombre d’ouvrages illustrés, notamment scolaires et pratiques, en téléchargement illégal.

    Le réseau peer to peer eDonkey ainsi que le direct download sont les circuits de diffusion les plus utilisés pour les livrels. Mais, contrairement à la musique, à la vidéo et aux logiciels, la faible quantité de fichiers disponibles et d’utilisateurs pour les partager rend leur accès relativement difficile.

    Gilles Deleuze, Bernard Werber et Amélie Nothomb sont les auteurs ayant le plus de titres disponibles en téléchargement illégal. [Cherchez l'intru ! Hypothèse : la complexité des écrits de cet auteur appelle une nécessaire appropriation des textes : recherches, surlignages, notes, usages de lecture non linéaire qui sont bien plus faciles à avoir à partir d'un fichier, ce qui explique que d'autres philosophes figurent dans le reste du classement : Michel Foucault ou Paul Ricoeur par exemple.]

    Les livres les plus souvent indexés et partagés dans les différents réseaux illégaux sont Le Sexe pour les nuls, la série Harry Potter de J.K. Rowling, le Grand Livre de cuisine d’Alain Ducasse et la série Twilight de Stephenie Meyer. [Sexe, Magie, Cuisine, les mauvaises langues diront qu'il s'agit là du reflet des principales préoccupations de nos contemporains, rappelez vous qu'il s'agit d'un très petit volume, non représentatif ;-) ]

    Les trois éditeurs ayant le plus de titres piratés sont Gallimard, Dunod et Hachette. [Ce sont aussi des éditeurs qui proposent une offre légale inadapté pour l'heure, trop chère, avec DRM. Ajoutons qu'Hachette paie une société capable de détecter les copies pirates d'un titre sur des réseaux p2p, voir page 31 de la version intégrale de cette étude]

    Le manque de disponibilité des ouvrages en offre légale ne semble être qu’une cause partielle du piratage : 3 livres piratés sur 4 sont disponible à la vente papier. Mais 94,9 % des livres piratés ne disposent pas d’une offre numérique légale.

    Le piratage concerne les parutions contemporaines : 2 ouvrages piratés sur 3 ont été publiés il y a moins de 10 ans, mais pas les nouveautés en rayon : seul 1 ouvrage piraté sur 4 a été publié il y a moins de 4 ans. [hypothèse : voilà un indicateur du fait que les usages sont différents sur le papier que sur écran, en tout cas qui laisse entrevoir d'intéressantes possibilités de médiation autour d'une longue traîne d'ouvrages récents disponibles en version numérique]

    Les catégories « essais », « romans » et « livres pratiques » représentent chacune un peu plus de 25 % des livres piratés. Seuls 8 % des livres du top 50 des ventes papier en librairie sont disponibles en téléchargement illégal.

    Concernant les thèmes, on constate une très forte présence des STM*, de la philosophie, de la cuisine, de la littérature de science-fiction et fantastique et de l’informatique.

    Ce qui ne figure pas dans la synthèse en deux pages de l’étude mais que vous trouverez dans la version intégrale c’est un véritable appel à l’innovation en huit points précis, à mettre en rapport, du côté légal de la Force, avec les 10 commandements de Couperin pour le livre numérique.

    Autrement dit, que veulent les internautes ? Là encore, on est proches de ce qui se passe pour la musique : l’accessibilité des fichiers est une base, mais un modèle économique n’existe que par une valeur ajoutée à développer.

    Kevin Kelly, consultant spécialisé en nouvelles technologies et ancien rédacteur en chef de Wired Magazine, la gratuité des contenus culturels numériques ne fait pas tout. Il y a selon lui 8 autres facteurs dont les internautes tiennent compte et qui peuvent jouer en la faveur des offres légales : l’immédiateté, la personnalisation, l’interprétation, l’authenticité, l’accessibilité, l’incarnation, le mécénat, la trouvabilité. Ces 8 caractéristiques, contrairement à un simple fichier, ne peuvent pas être copiées. Comment ces caractéristiques s’appliquent‐elles au téléchargement de livrels ?


    ‐ L’immédiateté (immediacy) : télécharger un ouvrage illégal est encore une pratique réservée à des internautes avertis. Et, même si la maturité des usages va atténuer cette difficulté, il n’en restera pas moins que l’internaute est prêt à payer pour la facilité et la rapidité d’utilisation des sites légaux : le temps de recherche d’un fichier pirate est aussi un coût non négligeable.

    ‐ La personnalisation (personnalization) : l’exemple de la musique montre qu’un consommateur télécharge peut‐être gratuitement un morceau de musique, mais sera prêt à payer cher pour obtenir ce même morceau s’il est de très bonne qualité. C’est aujourd’hui déjà le cas pour certains types de musique comme la musique classique, pour laquelle la différence de qualité liée à la compression des mp3 est évidente : le véritable amateur ne peut se contenter d’un fichier mal compressé et se tournera plus facilement vers l’offre légale. Dans le cas du livre, il peut s’agir de proposer une offre personnalisée en fonction des goûts du lecteur (par exemple dans le cadre de réseaux sociaux sur le web).

    L’interprétation (interpretation) : c’est une logique qui provient du monde informatique où l’on dit souvent en plaisantant que le logiciel est gratuit mais que son mode d’emploi coûte 10 000 dollars. Il est possible d’imaginer une logique similaire dans le monde du livre technique ou pratique par exemple, où ce qui sera valorisé ne sera pas le livre lui‐même mais ses applications : par exemple des cours de jardinage en ligne donnés par l’auteur d’un livre sur la botanique, etc.

    ‐ L’authenticité (authenticity) : le lecteur a besoin d’être sûr que le livre qu’il est en train de consulter est bien l’ouvrage authentique tel qu’il a été créé par son auteur. Qu’il n’y a pas d’erreurs typographiques ou orthographiques liées à une mauvaise saisie lors du scannage du livre, ou que des morceaux entiers n’ont pas été supprimés lors de la numérisation, ce qui arrive parfois. Et le risque de déformation ou de manipulation est véritable : autant le risque était compliqué et coûteux en vidéo, presque inutile en musique, autant pour le livre c’est extrêmement facile. Imaginons une secte modifier un texte religieux ou un même un roman
    pour y glisser ses messages. Idem pour les traductions non autorisées : on pense ici à celle d’Harry Potter, truffée d’erreurs et d’approximations.

    ‐ L’accessibilité (accessibility) : avec la multitude des fichiers et des terminaux à notre disposition, leur accessibilité devient de plus en plus complexe. Il est indispensable qu’il y ait de nouveaux services et outils. Ce qui va être valorisé finalement n’est pas tant la gratuité des fichiers que la possibilité de les stocker, de les sauvegarder, de les organiser de façon optimale, et tout cela a une valeur marchande.‐ L’incarnation (embodiment) : avoir un produit virtuel gratuit, c’est bien, mais sa version « réelle » sera toujours mieux valorisée par le consommateur. Kevin Kelly donne l’exemple du fan qui va à un concert des Rolling Stones plutôt que de télécharger un de leurs mp3. Dans le secteur du livre, cela peut passer par une multitude d’actions qui ne peuvent avoir lieu que sur le territoire local, et qui sont extrêmement valorisées par le lecteur : « the book is free, the bodily talk is expensive » (lire un livre est gratuit mais écouter quelqu’un parler vaut cher).

    ‐ Le mécénat (patronage) : d’après Kevin Kelly, les lecteurs ont souvent envie de soutenir les créateurs. On peut imaginer mettre à disposition gratuitement un livre numérique avec la possibilité de donner en ligne la somme que l’on veut. Bien sûr le lecteur veut être certain que l’argent ira bien à l’auteur. Ce n’est pas un modèle économique suffisant en tant que tel, mais une alternative ou un complément.

    - La trouvabilité (findability) : dans un environnement où des milliers (et bientôt des millions) de livres sont disponibles gratuitement, le lecteur veut qu’on lui propose des choix, que l’on opère des sélections pour lui. Le rôle des prescripteurs reste essentiel, qu’on les appelle des éditeurs, des agrégateurs, des diffuseurs ou des distributeurs.

    L’ensemble de ces caractéristiques tend à faire valoir le fait que l’on passe d’une industrie de produits culturels (les livres) à une industrie de services culturels (les services liés aux livres).

    En tant que bibliothécaire je me sens véritablement interpellé par une telle étude, alors même que vient de paraitre l’enquête décennale sur les « pratiques culturelles des français » montrant une appétence importante des moins de 35 ans pour l’écran et l’audiovisuel en général. Je partage l’interrogation d’Hubert qui questionne les impacts du numérique en terme de démocratisation. Car, au fond, l’enjeu est bien celui-là. Ces dernières décennies on été le théâtre du transfert opportun des enjeux d’une démocratisation sociologique portées par des équipements culturels vers une logique d’accessibilité moins ambitieuse en termes politiques. L’objectif politique n’est plus, par exemple, de favoriser l’égalité des chances, mais d’élargir les horaires d’ouverture des bibliothèques (donc de faire passer un moyen pour une fin, sachant qu’il est évident qu’il faut ouvrir plus).

    Cette situation va-t-elle se reproduire sur le web ? Autrement dit, sera-t-on capables de mettre en œuvre des politiques publiques d’accès aux savoirs qui  dépassent l’écran de fumée de l’accessibilité des contenus numériques pour agir sur leur trouvabilité et jouer sur des sérendipités capables de contribuer à leurs appropriations à des fins culturelles, pédagogiques, démocratiques ?


  • Pourquoi et comment utiliser Facebook pour une bibliothèque publique ?

    Septembre 2009 — Bibliothèques et cie, Expériences innovantes en bibliothèques, Revue-reseau-tic

    bresil[Mise à jour mai 2010 : depuis la publication de ce billet la notion de Fan a disparu et facebook a annoncé de nouvelles fonctionnalités sociales, ça ne change pas le fond de ce billet, et vous trouverez plus d'infos sur ces nouveautés dans ce billet]

    Si Facebook aujourd’hui était un pays, il serait plus peuplé que le Brésil ! Or, il est nécessaire d’aller porter l’information là où sont les internautes, non pas de les obliger à venir sur nos sites institutionnels. Une des questions qui se pose aux bibliothécaires est donc : Être ou ne pas être au Brésil sur Facebook et surtout :  Pour y faire quoi et Comment ? J’ai envie de commencer comme ça : c’est un faux-débat. Ou plutôt : ce n’est pas comme ça qu’il faut se poser la question. La vraie question est celle-ci : que vient faire la bibliothèque sur internet ? Qu’a-t-elle a apporter aux gens ?

    La réponse implique une définition de l’identité numérique de la bibliothèque. J’avais essayé de synthétiser quatre types d’identités numériques pour une bibliothèque qui ont chacun des conséquences sur ce que l’ont veut mettre en avant sur le web.

    ScreenShot030

    Au fond, (pour ceux qui ne cliquent pas sur les liens recommandés fortement) on peut simplifier en 2 tendances :

    Identité-institution/service = 95% de ce qui existe aujourd’hui sur le web de la part des bibliothèques. Objectif : Diffuser les infos pratiques de la bibliothèque (horaires, accès, etc.) indiquer le fil d’actualité des évènements, ou le mode d’emploi d’un service,etc. Bénéfice : faire plaisir au Maire et/ au directeur, paraître moderne, branché et montrer aux électeurs que les impôts sont bien utilisés. Bon j’exagère (un peu), ça peut-être intéressant et même important en terme de communication locale, d’interaction avec les usagers (cahier de suggestion 2.0, veille sur la qualité de service => voir plus bas dans ce billet), diffusion des animations. Ce n’est pas vraiment de la médiation, c’est de la communication institutionnelle, voire du service en ligne.

    Identité-compétences = 5% de ce qui existe aujourd’hui sur le web de la part des bibliothèques. Objectif : mettre en avant des compétences, des contenus, une expertise. Montrer que les bibliothécaires proposent des contenus rédigés par eux et/ou par des amateurs, via les réseaux sociaux en  liens avec des communautés d’intérêts.

    Autrement dit, deux réponses à la question du pourquoi : pour promouvoir un service/équipement et pour diffuser des contenus, interagir avec des gens. Bien sûr les deux réponses sont tout à fait compatibles, mais le fait est que sur un web social, les contenus et les interactions avec des personnes priment sur l’institution… or les bibliothèques sur Facebook y sont en très grande majorité pour promouvoir l’institution. C’est ce qu’Hubert Guillaud résume comme suit, en commentaire du débat qui a agité les bibliothécaires de Montréal sur ces questions :

    Il vaut certainement mieux ouvrir une page “Trifouillis-les-Oies branchée” que “la médiathèque de Trifouillis-les-Oies”… Non pas par rejet de ce que l’institution représente, mais parce que le but de Facebook n’est pas de valoriser une organisation, mais de trouver des moteurs à l’échange auprès de publics qui cherchent des identités communes. Ce qui signifie une alimentation en contenus partagés, des contenus qui ne soient pas spécifiques à la bibliothèque ou à l’éditeur, etc. Ensuite, il faut entretenir sa communauté et y être suractif, et c’est certainement là qu’il y a le plus de travail. Reste que face à cette démultiplication de publics possibles, il faut nécessairement cibler ceux que l’on souhaite toucher.

    Autant je partage le point de vue précité sur la nécessité de contenus partagés « à vocation universelle », autant il me semble que Facebook n’est pas du tout dénué d’intérêt en terme d’image pour une institution.

    Facebook, une vitrine de l’institution ? Oui, s’il s’agit aussi d’une démarche élaborée sur la manière d’intervenir, celle de développer des relations avec les internautes, et même de diffuser certains contenus vers certains types de publics. Disons que se contenter de créer une page spécifique à la bibliothèque pour « le simple fait d’y être » n’est pas inutile (notamment en terme de référencement) mais constitue le degré zéro de l’usage de ce réseau social. Dans tous les cas, publier des contenus (critiques de livres, avis sur les nouveautés, podcasts, etc.) suppose au préalable d’avoir mis en œuvre une chaîne de publication et une démarche de médiation numérique… mais ce serait trop long de détailler ces points ici.

    Alors comment faire, concrètement ?

    1. Convaincre l’inoxydable proxynator :twisted: de débloquer Facebook sur tous les postes informatiques. C’est malheureux, mais trop souvent nécessaire… et c’est peut-être l’étape la plus délicate ! (soupir)
    2. S’inscrire. Facebook propose à ses utilisateurs 2 modes de création de compte : le PROFIL ou la PAGE.
    3. Intervenir et alimenter régulièrement la page en informations soit manuellement soit en y agrégeant des fils RSS, soit en utilisant des applications communautaires pour pratiquer la recommandation : voir l’application Librarything par exemple.

    Pour s’inscrire : le PROFIL est personnel, c’est bien entendu le cas le plus fréquent :

    ScreenShot024

    Juste en dessous, Facebook invite à créer une PAGE. Si vous voulez créer une page, tout est très clairement expliqué ici.

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    Vous allez me dire, quelles différences ? Réponse : le profil est personnel, la page est destinée à une marque, un groupe de personnes, une institution (une personne morale si j’ose dire).

    On peut devenir fan « Liker » une page et du coup être informé de ses nouveautés. Notons que Facebook a considérablement développé les fonctionnalités des pages, dans un but commercial, puisque les entreprises (ou plutôt les marques) qui participent sont invitées à créer des « publicités » à destination de l’audience de ces pages. Il y a là un modèle économique qui se met en place, mais ici il s’agit bien d’intervenir comme porteur de l’intérêt général.

    Donc, d’un côté des profils personnels et de l’autre des pages publiques. Vous allez me dire tout ça est évident, tu nous prends pour des fesseboucs ! (non bien entendu, et oui c’est une sale blague). Un petit tour sur Facebook suffit à démontrer qu’il est nécessaire de bien montrer les différences. Par exemple, la Médiathèque de Villepinte a crée un PROFIL au lieu d’une page :-? (désolé, fallait un exemple). On apprend donc que cette « personne » est à la recherche de « rencontres » et qu’on peut devenir « Ami » avec elle et on peut même la POKER ! (du verbe poker, je poke, tu pokes, etc. rien à voir avec ce jeu d’argent immoral et si rigolo). Bon c’est mon avis et je le partage, mais c’est déjà suffisamment débile de devenir ami avec la terre entière sur les réseaux sociaux pour ne pas être ami avec une médiathèque, non ?

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    Le cas n’est pas isolé, puisqu’une recherche dans facebook avec le mot « bibliothèque » montre que bon nombre d’entre elles sont à la recherche de « rencontres » et ont plein d’ »amis »…  ! On peut même quantifier ce phénomène. La même recherche en filtrant par pages » puis par « lieu » indique 49 résultats à l’heure de l’écriture de ce billet. Une recherche avec le même mot-clé dans la catégorie « personne » indique plus de 500 résultats ! Il faut nuancer en précisant que les possibilités de création de Pages ont été récemment mises en avant par Fb, les premiers qui ont crée un compte n’avaient donc pas vraiment le choix entre page ou profil… Ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas possible de mettre à jour, à bon entendeur.

    En revanche, je suis sûr que plein de gens seraient disposés à être ami avec un bibliothécaire identifié comme tel, comme personne-ressource sur Facebook. On pourrait par exemple avoir le profil de « Nicolas, bibliothécaire amateur de polars à la médiathèque de truc », qui alimente régulièrement son profil avec des bibliographies et des conseils de lectures… Identité numérique qui aurait été au préalable négociée et validée en interne à la médiathèque puis rattachée à la PAGE Fb de l’institution, dont il serait un des administrateurs.

    Pour l’instant tout ce qu’on trouve en entrant « bibliothécaire » dans la recherche des profils de personnes c’est environ 400 résultats (pas mal de biblioblogueurs) et une écrasante majorité de profil personnels à l’exception notable des stars de la biblioblogosphère : les GEEMIKS. J’ai néanmoins trouvé un autre exemple en la personne de « Thierry Boucher Bcx« , qui visiblement travaille à la Bibliothèque centrale de l’Ecole Polytechnique (d’où le Bcx, faut le savoir :roll: ). Intéressant profil puisque la démarche est bien liée à l’institution et l’avatar est assez chouette :

    ScreenShot004En revanche, je me demande pourquoi il ne propose pas plus d’informations lorsqu’on arrive sur le profil, et pourquoi il ne comporte pas de spécialité affichée (toutes les geemiks affichent leurs compétences dans un domaine documentaire). De même la mention « Bcx » n’est décryptage que par les initiés, ce qui montre que le profil est d’abord local. Très intéressant donc, mais inachevé, de mon point de vue.

    Revenons aux Pages : la médiathèque de Suresnes est plus logique que celle de Villepinte puisqu’elle vous propose sur sa PAGE de devenir Fan de son service de cliquer sur LIKE (idée de création d’un indicateur pour le formulaire de la DLL : nombre d’amis de la bibliothèque sur Fb). :roll: Je vous recommande de jeter un œil  à cette page parce que le compte est régulièrement alimenté et vraiment bien fait du point de vue de l’identité numérique-institution (bravo Giulia...et vivement le blog ! ;-) ). Dans le même esprit mais côté BU cette fois, je vous recommande également l’excellente page de la Bcx précitée, dont la démarche sur Facebook fait d’ailleurs l’objet d’un court article dans le numéro de Documentaliste et sciences de l’information d’août 2009, écrit par Sylvie Le Bars par ailleurs formatrice sur le sujet.

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    Au passage, il me semble assez significatif de constater que là où les Pages Fb des bibliothèques françaises vont très souvent mettre en avant en photo le bâtiment (très souvent considéré comme un geaiiiiste architecturaaaal :roll: ) les bibliothèques anglo-saxonnes vont mettre en avant les services, et même l’usager lui-même… (Exemple cité par Michael Stephens)

    ScreenShot006

    Il existe une autre différence importante entre les pages et les profils : le référencement. En effet : si je ne suis pas connecté ou si je n’ai pas de compte facebook, et que je recherche des informations sur la médiathèque de Villepinte via google, voilà à quoi j’accède :

    ScreenShot028

    Résultat : je suis obligé d’avoir un compte Fb pour accéder aux autres informations que propose la bibliothèque sur son profil. En revanche, lorsque j’ai crée une PAGE, j’accède à TOUTES les informations du profil de la médiathèque, sans avoir besoin de me connecter :

    ScreenShot029

    On voit bien que les logiques sont différentes : d’un côté l’obligation de se connecter à Fb pour collecter des données personnelles et de l’autre celle d’utiliser la notoriété de Fb au service d’une image de marque ou d’une image d’institution en bénéficiant de son référencement dans les moteurs de recherche. Il y a là une excellente raison de créer une page Fb pour une institution, de manière à améliorer sa visibilité sur le web de manière tout à fait complémentaire au site principal.

    Autre avantage qui peut se révéler essentiel pour évaluer ces actions (et répondre aux sollicitations doublement tranchantes des tutelles hiérarchico-politiques), sur une Page on a accès à des statistiques, pas sur un Profil. Par exemple, la page de Calendoc indique les tranches d’âges des fans ceux apprécient la page :

    ScreenShot003

    Il est également très facile de créer un widget et de le configurer pour promouvoir sa page. Encore une différence de taille : on ne peut pas envoyer de mails à plus d’un certain nombres de personnes d’un profil ou d’un groupe en même temps alors qu’on peut envoyer des messages à tous les membres de la page sans limitation de nombre.

    Autre avantage :  contrairement au groupe, la page apparaît dans la timeline de vos membres, qui sont donc au courant de vos messages en temps réel. Pas besoin de notifier par mail chacun des membres à chaque fois que vous mettez à jour la page, vous évitez ainsi de donner l’impression de “spammer” vos fans.

    J’ajoute enfin qu’il est possible d’administrer une page à plusieurs, ce qui évite de partager un mot de passe d’un profil, et surtout de raffiner l’identité de la médiathèque, comme je l’évoque plus haut, en rattachant les profils des bibliothécaires-personnes-ressources à la page de la Bibliothèque sur Fb.

    Vous serez donc d’accord avec moi pour dire qu’une PAGE est plus adaptée à une identité numérique institutionnelle d’une bibliothèque qu’un PROFIL personnel qui peut convenir à une personne, utilisé par l’institution dans le cas bien précis de l’identité Personne-ressource. (j’ai l’air d’insister lourdement mais nous avons eu un débat sur twitter avec certains qui soutenaient qu’un profil personnel Fb pour une bibliothèque était adapté…)

    On comprendra aussi que la Page Fb est très utile dans le cas d’une identité-service, car c’est là où c’est le plus logique de reconnaître son utilité en appuyant sur le bouton « j’aime ». Exemple : vous pouvez devenir Fan de Calendoc ! déclarer votre intérêt pour calendoc ou le Bouillon !

    Il me semble que des services de renseignement à distance des usagers comme le Guichet du savoir ou Ubib, ou encore Rue des facs seraient bien inspirés d’avoir une page Facebook, non ?

    Il existe un troisième moyen d’interagir avec des gens sur Facebook : le groupe. Créer un groupe dédié à un sujet permet de gérer une sorte de forum thématique. Voici un bon résumé trouvé sur ce blog :

    Un groupe a une structure plus simple qu’une page, avec une description qui occupe une place importante, un “wall” pour partager avec les membres, une zone pour poster des liens, et une zone pour ouvrir des sujets de discussion.

    Contrairement à la page “fans”, son contenu n’apparaît pas dans la timeline, et s’affiche de manière thématique et non chronologique. Vous pouvez choisir d’approuver ou non les membres qui rejoignent votre groupe, le rendre invisible, ou limiter son accès. Vous ne pouvez pas ajouter de plugins pour, par exemple, afficher automatiquement le flux RSS de votre blog ou site, tout doit donc se faire manuellement.

    Le groupe est beaucoup moins riche et flexible que la page “fans”, et ses intérêts en matière de branding sont limités. Le choix d’un groupe est pertinent pour un sujet précis ou une discussion, mais pas dans une optique de promotion de votre marque / produit.

    Notez qu’il existe d’autres modes d’interaction que le groupe comme des applications de forum ou des « murs » plus ou moins élaborés. Pour avoir une vue d’ensemble, je vous renvoie vers la présentation de Sylvie Le Bars disponible en intégralité sur Slideshare.

    Le groupe peut ainsi être un bon outil complémentaire à la page et/ou aux profils dans le but d’échanger avec des gens autour d’un sujet, ou alors tout simplement de recueillir des avis d’usagers sur le service, sans intervenir, juste en lisant ce qui se dit… On compte 152 groupes de type « organisme » à l’heure où j’écris ce billet sur le Facebook francophone, ce qui est très faible, d’autant que la plupart des groupes ne comportent que quelques membres... Ce n’est pas le cas de la Bibliothèque Interuniversitaire Cujas a crée un groupe pour les habitués. Il compte quand même 388 membres et indique être administré par une personne de la bibliothèque.

    ScreenShot031

    Voir aussi le groupe crée par la bibliothèque municipale de Toulouse. Là il n’y a pas d’administrateur et on y trouve une touchante déclaration d’amour capable à elle seule de relativiser l’éloignement entre les gens et les institutions ! :-)

    ScreenShot032

    Mais parfois, il n’y a même pas besoin que ce soit la bibliothèque qui crée un groupe. Par exemple il existe le groupe : Ma deuxième maison est la Bibliothèque Municipale de Saint Maur des Fossés qui se présente comme suit :

    ScreenShot033

    J’aime bien la conclusion de cette bande de gentils glandouilleurs, espèce bien connue, habitante des bibliothèques. Dans le même genre de groupe à la présentation rigolote, je vous recommande celui de la Bibliothèque de Nancy, qui vaut son pesant de cacahouètes, comme on dit. Le groupe compte quand même 476 membres et a été crée par « Jordan Cavalier (Université Nancy I Henri- Poincaré ) » mais j’ignore s’il s’agit d’une initiative liée officiellement à la bibliothèque… (je ne crois pas en fait).

    Au delà des ces initiatives plus ou moins potaches, Facebook peut donc aussi être moyen (très) empirique d’évaluation des services rendus à rendre, assez proche d’un usage possible de twitter pour une bibliothèque. Sachez qu’il existe une très large palette d’applications permettant faire du marketing, au service des objectifs de politique publique propres aux bibliothèques.

    Au final pour une bibliothèque, non seulement être sur Fb n’est pas une fin en soi, mais en plus, la manière dont on est présent sur ce réseau social devrait être un moyen parmi d’autres d’intervenir sur internet, conséquence du choix de la bibliothèque quant à son identité numérique institutionnelle et à sa politique de médiation numérique.

    Sur ce, si vous voulez être mon ami sur Fb c’est par ici ;-)




Blog d’Alexis Monville

blog d'Alexis Monville qui traite principalement de l'usage des technologies de l'information pour améliorer la vie dans notre société
  • UJUO sur Solutions Linux

    Mai 2011 — ayeba, Général, Interventions, art, culture, logiciel libre, peinture, revue-reseau-tic, ujuo, Un Jour Une Oeuvre

    Ce mercredi 11 mai à 11h00, la pédagogie de l’attention Un Jour Une Oeuvre sera présentée lors de la table-ronde : « La diversité dans le libre éducatif ».

    Regardons Ensemble !


    Un Jour Une Oeuvre est une aventure transposant l’approche collaborative pratiquée dans le monde du logiciel libre dans le but de permettre à chacun d’accéder à l’oeuvre d’art. En regardant ensemble, nous affinons nos regards, nous exerçons notre attention et nous pouvons nous libérer des conventions pour enfin accéder aux oeuvres.La présentation quotidienne d’une oeuvre d’art permet à chacun de s’exercer à l’attention véritable, et découvrir ce que les autres ont vus pour apprendre des similitudes et des différences.

    Cette courte présentation sera suivie d’un débat avec la salle. Une occasion de tirer les liens entre l’accès à l’oeuvre, l’approche collaborative du logiciel libre et l’éducation.

    Demandez votre badge pour venir sur le salon du libre au CNIT Paris la défense participer à la discussion.


  • Menottes numériques

    Décembre 2010 — Général, APRIL, drm, logiciel libre, menotte numérique, numérique, revue-reseau-tic

    Des menottes numériques ? Qu’est-ce que cela peut vouloir dire ? Pourquoi donc faire référence à des menottes pour parler des DRM (Digital Rights Management) soit gestion des droits numériques.

    Mais de quel droit parle-t-on ? Le droit de l’auteur, de l’ayant-droit ou celui de l’utilisateur ? A moins que ce ne soit le droit du censeur ?

    Ces dispositifs de contrôle d’usage que la loi interdit de contourner depuis 1996 empêchant ainsi la lecture de certaines oeuvres numériques (livre, musique, film) sur des ordinateurs équipés de logiciel libre font l’objet d’une excellente synthèse publiée par l’April dont je vous recommande la lecture.


  • Turn freedom on

    Octobre 2010 — Général, International, APRIL, fsf, libre, logiciel libre, moglen, openworldforum, OWF, revue-reseau-tic

    Eben Moglen a donnée la keynote de cloture de la première journée de l’OpenWorldForum le 30 septembre 2010.

    La liberté était le thème principal de l’adresse d’Eben Moglen.

    La liberté apportée par les travaux du mouvement pour le logiciel libre qui a réussi à mettre de la liberté dans de nombreuses machines pour l’offrir à leurs utilisateurs. C’est également la liberté d’apprendre qui permet de libérer de nombreuses personnes.

    Eben Moglen s’inquiétait ensuite du dévoiement du réseau Internet, conçu au départ comme un réseau de pairs à pairs qui au fil des années est devenu un réseau de plus en plus centralisé avec des serveurs et des clients. Serveurs détenant les informations personnelles des utilisateurs devenues consommateurs d’informations distribuées par des serveurs au travers de lignes aux débits asymétriques.

    500 millions de personnes laissent toutes les informations de leurs vies être collectées dans une grande base de données qui va être exploitée pour le profit d’un fou

    Cette phrase d’Eben Moglen apparaitra sur twitter de nombreuses fois lors de la keynote. Le dévoiement du réseau Internet par rapport à sa conception originale peut être corrigé en replaçant les informations de chaque utilisateurs sur leurs serveurs personnels. Ces informations personnelles, ils pourront décider de les partager avec leurs pairs (leurs amis) et avec personne d’autre et bien sur personne ne pourra plus disposer d’une base de données centralisées contenant toutes les données de tous.

    C’est cette inquiétude pour la liberté des individus qui a été l’initiateur du projet gnu social, déjà proposé dans des serveurs Foo Plug et qui va donc nous permettre de reprendre en main nos données.

    A lire :


  • La révolution du logiciel libre

    Août 2010 — Général, gnu, gnu/linux, innovation, Internet, logiciel libre, revue-reseau-tic, Richard Stallman, rms

    Richard Stallman et la révolution du logiciel, une biographie autorisée, par Sam Williams, Richard Stallman et Christophe Masutti à l’origine du projet de traduction.

    La construction de l’ouvrage à deux voix est très intéressante, le point de vue de Sam Williams est en effet pondéré tout le long de l’ouvrage par des interventions de Richard Stallman précisant certains aspects ou s’opposant à certaines interprétations.

    J’avais mis ce livre dans ma pile de l’été sans grand enthousiasme, en imaginant abandonner rapidement la lecture pour autre chose… Et finalement, j’ai lu le livre rapidement, découvert de nombreuses choses de l’histoire du logiciel libre qui m’éclaire sur la situation actuelle et le chemin restant à parcourir.

    Un livre passionnant que je vous recommande chaudement !

    Le livre est disponible en format papier ou dans de nombreux formats numériques… même dans un format permettant aux possesseurs d’iPhone et d’iPad de le lire…


  • Ethique du numérique

    Juillet 2010 — Général, assemblée nationale, données publiques, économie, HADOPI, Internet, La Quadrature du Net, logiciel libre, loi20, neutralité, numérique, opendata`, politique, revue-reseau-tic, vie privé

    Ce mercredi 7 juillet, j’étais invité (avec une bonne centaine d’autres) à un atelier participatif : « Qu’est-ce qu’une loi 2.0 ? ».

    Cette réunion était organisée par les parlementaires UMP pour prolonger les travaux du rapport Vive internet ! Liberté et règles dans le monde numérique. La parole est donnée sur le site Ethique du numérique http://www.ethique-du-numerique.fr comme il a été rappelé avec fermeté à la représentante de Vivendi regrettant de ne pas avoir été auditionnée pour la constitution du rapport…

    Jean-François Copé a ouvert les débats en posant quelques questions sur le rôle du législateur, suivant 3 axes : régulation d’un Internet sans frontière, rôle du législateur vis à vis d’un domaine en évolution technologique très rapide (plus rapide que d’écrire une loi en 18 mois), usage de l’Internet en s’interrogeant sur la gratuité et les tentatives de monétisation.

    Jean-François Copé a justifié l’approche participative de cet atelier par un méa culpa partiel sur Hadopi en expliquant qu’ils avaient été « maladroits » mais que cela était basé sur des « bons sentiments »…

    Les interventions des gestionnaires de droits d’auteurs et des producteurs montrent qu’ils semblent toujours croire, à l’instar de Franck Riester, à la possibilité que Hadopi puisse avoir une efficacité réelle et semble négliger l’effet de bord indésirable d’un cryptage global de toutes les transactions des internautes…

    Les députés Hervé Mariton, Laurence de La Raudière, Lionel Tardy et Franck Riester (qui quittera rapidement les débats) ont ensuite animé les débats suivant 3 thèmes :

    • Vie privée
    • Internet = Marché ?
    • Neutralité du Net

    Sur le thème de la vie privée, on relève la méfiance envers le législateur, l’inquiétude sur la portée d’une législation au delà de nos frontières, la nécessaire action d’information et de formation sur la protection de données personnelles et la demande de reconnaissance de certaines données technique (IP…) ou données issues de croisement de données ou analyse d’action comme des données personnelles pour freiner les analyses croisées et le profilage…

    Sur le thème : Internet est-il un marché comme les autres ? la question des monopoles sur Internet et de leur extension à d’autres marchés a donné lieu à des questionnements sur les moyens d’actions. L’exigence d’interopérabilité et d’ouverture des formats de données en est un essentiel. Les initiatives sur l’ouverture des données à travers le monde ont été abondamment cité pour encourager nos parlementaires à dépasser la vision étriquée actuellement en cours en France sur l’ouverture de l’usage des données publiques (#opendata).

    Sur le thème de la Neutralité du Net, il a été rappelé que si nous disposions aujourd’hui d’Internet c’est parce qu’il avait été créé libre et ouvert et que l’initiative était possible sans demander de permission à personne. Les arguments de disponibilités de bande passante ou de création artificielle de marché par une différentiation des services n’apparaissent pas comme recevable par les députés qui veulent légiférer en decembre-janvier sur ce thème. Ce sera sans doute la fin de l’utilisation de technologies mettant à mal cette neutralité comme l’inspection des paquets d’informations (Deep packet inspection) permettant ces différentiations et ouvrant la voie à des possibilités de surveillance, de manipulation et de censure… Une consultation sur la Neutralité du Net vient d’être lancée par la commission européenne.

    L’initiative de cet atelier participatif est intéressante, et veut semble-t-il tirer les enseignements du peu de concertation ayant eu lieu sur les précédentes législation (DADVSI, HADOPI, LOPSSI…). J’aurais préféré une initiative qui aille au delà d’un groupe parlementaire et j’espère que les contributions des associations comme l’APRIL et La Quadrature du Net permettront d’améliorer notre législation.


Braillenet

Pour une société numérique accessible à tous !

Correspondants

a pour objectif de repérer et valoriser les initiatives innovantes dans les technologies (internet, téléphonie mobile, énergie,...) du monde francophone afin de permettre la synergie et la partage de bonnes idées et d’usages du Sud et du Nord.
  • AnimFr : Groupe des animateurs de projets, groupes et réseaux collaboratifs

    http://www.correspondants.org/images/thumbs/410027557_826f64bbbf_m.200.jpg
    Juin 2012 — Actualités
    Le groupe de travail AnimFr rassemble les acteurs impliqués dans l'animation de projets coopératifs, dans la formation aux pratiques collaboratives et à l'animation de réseaux thématiques ou territoriaux. Il a pour objet : de donner à voir, d'entraider et de donner le code source de nos pratiques collaboratives, dans une démarche globale qui donne sens à la coopération et au bien commun.



    Il s'agit d'un groupe international francophone, pour mettre en réseau les acteurs de la collaboration en langue française et faire des liens avec les autres communautés linguistiques. Initié lors des étés TIC de Bretagne en juillet 2011, il rassemble aujourd'hui plus de 200 personnes impliquées dans une réflexion sur les pratiques collaboratives.



    La finalité du groupe AnimFr est de donner à voir, faire ensemble et s'entraider et enfin de passer à l'échelle. Voici les productions et objectifs recherchés...
    AnimFr : Groupe des animateurs de projets, groupes et réseaux collaboratifs
  • Lancement du groupe international francophone sur les Tiers Lieux

    Juin 2012 — Actualités
    Pendant les rencontres d'Autrans 2012, qui ont eu lieu du 11 au 13 janvier, un groupe de personnes travaillant autour des Tiers-Lieux a impulsé l'idée d'un groupe international francophone sur les Tiers Lieux.



    L'idée de base était de pouvoir construire et écrire en commun le « code source » d'un tiers lieu, un concept qui regroupe les espaces de coworking, FabLabs, Hackers Spaces, Espaces Public Numérique, etc. Nous pouvons donc parler plus généralement de lieux passerelles coopératifs pour travailler, se former et échanger.



    Ces lieux libres et ouverts à tous pour coopérer, permettent de mettre en place des modes de consommation collaboratifs, produire soi-même à plusieurs, de travailler et/ou entreprendre autrement, de développer des modes de vie durables, s'éduquer et se cultiver ensemble...



    Ce groupe francophone a pour objectif de produire...
  • Nouvelles fonctionnalités du mois sur la plateforme

    Juin 2012 — Actualités
    Depuis lundi et la mise en production de l'itération 13, vous avez pu trouvez de nouvelles fonctionnalités sur le site :





    1 - Une messagerie interne...









    ... qui rend possible le contact avec les porteurs de projets :








    ... que l'on retrouve sur son profil


















    2 - La possibilité de modifier l'état d'avancement d'un projet :









    3 - La connexion avec...
  • Suivez et enrichissez #InnovAfrica Ouaga 2011 en live

    Décembre 2011 — InnovAfrica, Evènements, Burkina Faso, Ouagadougou,
    Pour suivre & enrichir #InnovAfrica Ouaga 2011, #InnovAfrica, #Cpossibles : http://bit.ly/elBn4a


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    ...
  • 3ième forum InnovAfrica à Ouagadougou (Burkina Faso) du 12 au 17 décembre 2011

    http://www.correspondants.org/images/thumbs/Diapositive1.480.png
    Septembre 2011 — InnovAfrica, Evènements, Barcamp, Ouagadougou, Burkina Faso,
    Le troisième forum InnovAfrica aura lieu à Ouagadougou au Burkina Faso du 12 au 17 décembre 2011.



    InnovAfrica est un évènement pour la mise en réseau des porteurs d'initiatives sur les usages innovants dans le Sud en matière de technologies et d'innovation sociale.



    Laissez-nous votre contact si vous voulez rester informé :



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    3ième forum InnovAfrica à Ouagadougou (Burkina Faso) du 12 au 17 décembre 2011

Creatif

Accès public et appropriation citoyenne des technologies de l'information
  • Rencontre nationale : quels usages du numérique pour les personnes en situation d’illettrisme ?

    Janvier 2012 — 3- Rencontres d'acteurs, , , ,

    L'Agence Nationale de Lutte Contre l'Illettrisme (ANLCI) organise les 9 et 10 février 2012 une rencontre autour de la thématique :

    Quels usages du numérique pour les personnes en situation d'illettrisme ?

    A travers conférences, ateliers et présentation de projets ces rencontres ont vocation à se faire rencontrer la diversité des acteurs concernés par les questions liées à l'illettrisme et à la façon dont le numérique peut contribuer à en réduire l'ampleur.

    Ouvertes à tous, acteurs de l'entreprise, de l'éducation, de l'insertion, de l'action sociale, culturelle...ces rencontres entendent favoriser le développement de projets et la mutualisation de bonnes pratiques.

    L'accès est libre (sur inscription) pour les conférences, ateliers, espace projets. Un cycle de formation (payant) est également proposé.
    Pour en savoir plus sur le modalités pratiques, consulter la page dédiée sur le site de l'ANLCI.


Eco-sol-brest

Economie sociale et solidaire au pays de Brest Initié par Brest Métropole Océane, en partenariat avec la CRES Bretagne et l'association des acteurs ADESS, Eco-sol-Brest met en réseau et relie au web les acteurs et actrices de l’économie sociale et solidaire.

EPN de Basse-Normandie

Centre de ressources des Espaces Publics Numériques de Basse-Normandie

epndulyonnais

Réseau des Espaces Publics Numériques du Lyonnais (Réseau EPNL), réseau de compétences sur les usages sociaux des TIC. licence CC by et GNU GPL s'abonner : epmdulyonnais-subscribe [at] maison-tic.fr contact : Stéphanie Lucien-Brun s.lucien-brun at epndulyonnais.org

Espace Public Multimédia - Lot

Le réseau des EPM du Lot http://www.epm.lot.fr coordonné par le Conseil général du Lot qui soutient la professionnalisation et l’avenir d’un réseau de 100 espaces publics multimédia
  • 4 jours pour se perfectionner dans les logiciels libres

    Juin 2011 — Quoi de neuf ?, , , , ,

    Pendant quatre jours, les 11 et 12 avril et les 18 et 19 avril le Conseil Général du Lot avec la participation de la Cyber-base à Catus et de celle de Figeac ont proposé aux animateurs multimédia du Lot une formation gratuite sur un logiciel libre de Publication Assistée par Ordinateur « Scribus » et sur un logiciel de traitement d'image The GIMP. Ces formations sont dans la continuité d'un programme de formation articulé autours des logiciels libres, organisée par Anne-Claire DUBREUIL du Conseil Général. L'objectif est que chaque animateur puisse monter des activités autours de ces logiciels dans son Espace Public Multimédia pour des publics variés : associations, écoles, administration communales….

    15 animateurs du Lot ont travaillé pendant ces séances sur Scribus et The Gimp avec l'aide du formateur belge Jean-Luc HUPPEZ et vont pouvoir ainsi développer des ateliers pour la mise en page de documents et le traitement d'image vers un public de plus en plus nombreux désireux de se perfectionner dans ces usages.

    IMG/jpg/scribus_catus.jpg


  • les 10 modules d’auto-formation construits par les animateurs lotois sont en ligne !

    Février 2011 — Extranet - Les actu du réseau, ,

    8 animateurs ont travaillé pendant 1 an avec Frederic Soussin et Sylvie Roth pour développer une offre originale d'auto-formation. Ils ont co construit des scénarios pour mobiliser de nouveaux publics dans leurs EPM autour des outils du web 2.0. Partagez leur expérience et diffusez largement ces outils !

    duo lot

    Le Conseil général du Lot soutient depuis de nombreuses années la professionnalisation des animateurs multimédia. Fort d'un réseau de 110 espaces animés par plus de 150 bénévoles et professionnels, le Conseil général travaille en partenariat depuis 2006 avec ARDESI et le CNFPT pour développer une offre adaptée de formation http://epm.lot.fr/spip.php ?rubrique82.

    En complémentarité de ces parcours dédiés, en présentiel , le Conseil général soucieux de mieux répondre aux contraintes des animateurs (manque de disponibilité, éloignement…) et souhaitant les aider à apporter un service adapté à l'évolution du web , plus interactif, plus participatif, a soutenu en 2009 une action originale de formation.

    Ainsi, 8 animateurs volontaires ont co-construit avec les consultants Frédéric Soussin et Sylvie Roth des scénarios d'usage destinés aux publics qu'ils souhaitent mobiliser en priorité dans leurs EPM. Centrés sur des publics cibles (artisans d'art, scolaires, associations, porteurs d'activités, élus, touristes…) ces scénarios très pratiques visent à élargir les publics accueillis et à apporter un soutien aux animateurs qui souhaiteraient monter des projets sur leur territoire.

    Cette action a permis aux animateurs de monter en compétences sur les outils qui ont servi de support aux échanges à distance avec les consultants (Google doc, Mindmeister, Skype…) mais aussi sur toutes les nouvelles briques du Web2 participatif (Affinitiz, Jimdo, Picasa…).

    Ces 10 modules s'inscrivent en complémentarité de DUO 2.0 http://adnduo.jimdo.com/.. L'ensemble est en accès libre et gratuit. Le scénario est présenté avec les outils préconisés et assorti de conseils de la part des animateurs qui souhaitent partager leur retour d'expérience.

    Proposés sous forme de widgets embarquables, les modules peuvent être intégrés sur différents sites. Le programme a été entièrement pris en charge par le Conseil général du Lot. Partez à la découverte de ces parcours co-construit par des animateurs ! http://adnduolot.jimdo.com/

    http://epm.lot.fr/spip.php ?rubrique82


  • Comment sensibiliser ses usagers aux logiciels libres ?

    Octobre 2010 — #EXTRANET, , ,

    Le Lundi 18 octobre à la Cyber-base Quercy Bouriane 6 animateurs bénévoles de points BDPnet et professionnels en Cyber-base se sont retrouvés autour de l'association Alternative 46 pour découvrir ou approfondir leurs usages dans le domaine des logiciels libres.

    IMG/jpg/log_libres.jpg

    De nouvelles ressources ont été proposées, des liens pertinents ont été données

    Notamment un livret ressources téléchargeable http://landinux.org/livre/livret.pdf pour choisir, comparer, utiliser les logiciels libres. Un barème ludique de notation a été choisi pour marquer la popularité des logiciels, une icône également indique si le logiciels est destiné aux enfants ou non. Une mine de bonnes références à communiquer très largement !


Framablog

blog du réseau de sites et de projets Framasoft dont le dénominateur commun est le logiciel libre, sa culture et son état d'esprit.
  • Le SCÉRÉN CNDP : showroom Microsoft avec la complicité du Café pédagogique ?

    12 mars — , , , , , , , ,

    Le « Tour de France du Numérique pour l’Éducation » est officiellement organisé par le Café pédagogique et le service public SCÉRÉN CNDP mais la présence plus ou moins discrète de Microsoft pose question pour ne pas dire problème.

    Le Framablog en avait fait écho dès l’annonce de l’évènement dans un billet vindicatif : Tour de France du Numérique pour l’Éducation ou pour Microsoft ?

    Pour aller plus loin nous avons décidé de rédiger un communiqué commun avec l’April demandant l’arrêt de l’opération en l’état actuel de son dispositif qui, pur hasard, fait comme si le Libre n’existait pas.

    Et en cadeau bonus, une petite comparaison : La page d’accueil de Microsoft Education…


    …et la page d’accueil du Tour de France !


    Quelle étrange coïncidence ;)

    Le service public d’éducation SCÉRÉN CNDP est-il le nouveau showroom de Microsoft avec la complicité du Café pédagogique ?

    Paris, le 12 mars 2013. Communiqué de presse.

    Le Centre National de Documentation Pédagogique (CNDP) en collaboration avec le Café pédagogique organise une opération nommée « Tour de France du Numérique pour l’éducation »1. Officiellement un « tour de l’Hexagone en 20 étapes pour découvrir les meilleurs projets numériques au service de l’éducation », en réalité une tournée au profit de Microsoft partenaire de l’opération et soutien du Café pédagogique2. L’April et Framasoft demandent que cette opération soit sérieusement amendée en faisant toute la place nécessaire aux logiciels libres et ressources libres pour l’éducation. Des agents de l’État étiquetés « innovants » par on ne sait qui , un service public d’éducation ne peuvent servir de caution morale et pédagogique à une opération qui a pour effet collatéral de contribuer à enfermer élèves et personnels dans un écosystème propriétaire et fermé avec de l’argent public.

    Une vision du « numérique » à l’école éloignée de la réalité

    Une des principales animations de ces évènements est constituée de « démonstrations des dernières innovations technologiques : tablettes Windows 8, plateformes de communication et collaboration (visio conférence, chat, réseaux sociaux…), expériences immersives grâce à de nouveaux terminaux comme la table Pixelsens… »3 par Microsoft. Au lieu d’une présentation d’une variété de solutions existantes, les évènements sont centrés sur la présentation commerciale unique des produits Microsoft.

    Ainsi, aucune place n’est faite pour le logiciel et les ressources libres dans l’éducation, alors même qu’ils en font partie intégrante. De nombreux professeurs, associations et entreprises développent des ressources et des logiciels libres pour l’enseignement4. Si certaines personnes s’en sont émues, présenter la diversité des solutions ne semble pas être la priorité de ces évènements.

    Pourtant, l’enseignement et l’Éducation nationale ont beaucoup à gagner du logiciel et des ressources libres. D’abord parce que la mission d’enseignement dévolue aux professeurs est, par définition, basée sur le partage de connaissances. Dans l’intérêt de ses élèves, un professeur doit avoir la possibilité d’utiliser, d’étudier, de modifier, de mettre à la disposition de tous logiciels ou ressources éducatives. Pour fluidifier les échanges, la mutualisation, on se doit d’utiliser des formats de fichiers ouverts et interopérables. Les logiciels et ressources utilisés à l’école doivent pouvoir être utilisés librement au domicile par les élèves, les étudiants ainsi que leurs familles. Le libre est moteur sur ces aspects et en phase avec ces valeurs fondatrices pour l’école de la République.

    Le modèle présenté par cette caravane est basé au contraire sur un bridage de l’innovation avec des modèles passéistes basés sur des licences privatrices et restrictives 5, des formats de fichiers propriétaires et fermés voire des brevets sur de la connaissance. Il est donc surprenant et inquiétant de voir le service public se faire le porte-parole de ce seul modèle, en excluant clairement le logiciel libre et les ressources libres pour l’éducation.

    Ces étapes se déroulent en grande partie dans les Centre Régionaux de Documentation Pédagogique (CRDP). Fort opportunément pour la campagne de marketing de Microsoft, ils sont dirigés par des personnels qui sont souvent aussi les conseillers TICE6 auprès du recteur d’Académie. Voilà une bonne occasion de présenter ses produits directement auprès des décideurs académiques dans leurs propres locaux. D’ailleurs, les commerciaux de Microsoft Éducation ne se cachent même pas, sur un réseau de micro-blogging, on lit de leur part : « Inscrivez-vous dès à présent à l’une de nos 21 étapes ! »7. On appréciera le pronom possessif.

    Le Café Pédagogique, cheval de Troie de Microsoft dans l’éducation ?

    Le groupe éducation de l’April et Framasoft s’interrogent depuis longtemps sur les liens entre le Café Pédagogique et Microsoft8. Rappelons que le Café pédagogique représente une source d’information pour de nombreux enseignants, personnels de direction ou décideurs académiques9. Pourtant, on peut s’interroger sur la partialité des informations diffusées notamment dans le domaine des TICE. De fait, on constate que depuis la mise à jour du site réalisée par Microsoft 10, on fait très peu de cas des projets libres, pourtant nombreux, dans la revue quotidienne du Café pédagogique alors que les nouveautés des produits Microsoft sont quant à elles bien mises en avant11.

    Selon Rémi Boulle, vice-président de l’April en charge des questions d’éducation : « le Café Pédagogique et Microsoft n’ont pas le monopole de l’innovation dans l’éducation. Un enseignant n’est pas innovant parce qu’il utilise une tablette sous Windows 8 et sait remplir un court dossier de candidature au format Word. Au contraire, il serait urgent de définir ce qu’est précisément l’innovation et ses objectifs : simple promotion commerciale ou ouverture de nouvelles connaissances et possibilités pour les élèves en développant leur esprit critique ? ».

    Selon Alexis Kauffmann de Framasoft : « L’expression “enseignant innovant” dérive directement du programme mondial “innovative teachers” de Microsoft12. Le Café pédagogique n’a fait que répondre à la demande de son généreux sponsor en la popularisant, tout en prenant bien soin de taire son origine. Tout ceci n’est qu’un échange de bons procédés entre amis, malheureusement au détriment du développement du logiciel libre, des formats ouverts et des ressources libres dans l’éducation. C’est pour cela que le SCÉRÉN CNDP ne doit pas dérouler le tapis rouge13 à un tel projet mais bien au contraire se montrer critique vis-à-vis des risques de marchandisation de l’école par le logiciel propriétaire, ses pratiques et ses logiques. »

    L’April et Framasoft demandent donc au CNDP l’arrêt de cette opération ou, à défaut, qu’elle soit sérieusement amendée pour que toute la place nécessaire aux logiciels libres et ressources libres pour l’éducation soit faite.

    À propos de l’April

    Pionnière du logiciel libre en France, l’April est depuis 1996 un acteur majeur de la démocratisation et de la diffusion du Logiciel Libre et des standards ouverts auprès du grand public, des professionnels et des institutions dans l’espace francophone. Elle veille aussi, dans l’ère numérique, à sensibiliser l’opinion sur les dangers d’une appropriation exclusive de l’information et du savoir par des intérêts privés.

    L’association est constituée de plus de 5 500 membres utilisateurs et producteurs de logiciels libres.

    Pour plus d’informations, vous pouvez vous rendre sur le site Web à l’adresse suivante : http://www.april.org/, nous contacter par téléphone au +33 1 78 76 92 80 ou par notre formulaire de contact.

    Contacts presse :

    Frédéric Couchet, délégué général, fcouchet@april.org +33 6 60 68 89 31
    Jeanne Tadeusz, responsable affaires publiques, jtadeusz@april.org +33 1 78 76 92 82

    À propos de Framasoft

    Issu du monde éducatif, Framasoft est un réseau d’éducation populaire consacré principalement au logiciel libre et s’organise en trois axes sur un mode collaboratif : promotion, diffusion et développement de logiciels libres, enrichissement de la culture libre et offre de services libres en ligne.

    Pour plus d’informations, vous pouvez vous rendre sur le site Web à l’adresse suivante : http://www.framasoft.org/ et nous contacter par notre formulaire de contact.

    Contact presse :

    Alexis Kauffmann, fondateur et chargé de mission, aka@framasoft.org +33 6 95 01 04 55


  • La génération GitHub

    11 mars — , , , , , , , , , ,

    GitHub a beau être une plateforme non libre de projets libres, force est de constater que cette « forge sociale » est devenue en quelques années l’un des centres névralgiques de la communauté.

    Avec sa facilité d’usage, son appel permanent au fork et l’individuation des contributions, GitHub a permis a plus de monde de participer tout en ouvrant le Libre au delà du logiciel puisqu’il n’y a pas que du code proprement dit dedans (cf la liste de l’article traduit ci-dessous).

    À tel point que certains n’hésitent pas à y voir un modèle pertinent pour toutes sorte de choses à commencer par la… démocratie !

    Et si une génération toute entière était effectivement en train de naître sous nos yeux ?


    GitHub


    La génération Github : Pourquoi vous et moi pouvons désormais faire de l’Open Source

    The GitHub Generation: Why We’re All in Open Source Now

    Mikeal Rogers - 7 mars 2013 - Wired Opinion
    (Traduction : Moosh, Sphinx, Peekmo, Chopin, goofy, misc, Uflex + anonymes)

    GitHub a été conçu pour être une plate-forme de collaboration logicielle ouverte, mais c’est devenu une plate-forme pour déposer beaucoup plus de choses que du simple code. Elle est maintenant utilisée par des artistes, des créateurs, des propriétaires de maisons et des tas d’autres gens, par des entreprises entières… et même par des municipalités.

    « N’importe qui peut maintenant changer les données quand de nouvelles pistes cyclables sont aménagées, quand de nouvelles routes sont construites ou quand de nouveaux immeubles sont construits » a annoncé récemment la ville de Chicago. Les gens planifient leurs projets de rénovation de maison sur GitHub. Un cabinet d’avocats a annoncé il y a quelques jours qu’il postait des documents juridiques pour des start-ups sur GitHub. Quelqu’un a même publié toutes les lois d’Allemagne sur GitHub l’année dernière (avec, s’il vous plaît, déjà 17 pull requests pour des modifications).

    Bien sûr, GitHub reste majoritairement toujours utilisé par les programmeurs et développeurs qui font voler des AR.Drones avec Node.js ou construisent des sites web avec jQuery. Mais de plus en plus de gens passent de consommateurs à producteurs, et ils redéfinissent ainsi la culture de l’open source. Je crois que GitHub transforme l’open source comme l’internet a transformé l’industrie de la publication : un fossé culturel est en train de se creuser entre l’ancienne génération de gros projets libres et la nouvelle génération d’amateurs de projets libres d’aujourd’hui.

    La révolution ne sera pas centralisée

    Quand la plupart des gens entendent « open » source, ils pensent démocratie, distribution, égalité : tout le monde construit des choses pour que tout un chacun les utilise.

    Mais cela n’a pas toujours été le cas. La plupart des logiciels open source ont été créés et maintenus par une classe privilégiée et protégée, les développeurs professionnels, qui interagissaient avec d’autre développeurs très semblables (ils sont pourtant suffisamment différents pour avoir de belles disputes).

    Avant GitHub, je passais beaucoup de temps à penser et à discuter de la meilleure façon de gérer des projets open source parce que la coordination représentait un coût important d’un projet open source. Si important que lorsqu’un projet réussissait et développait une communauté assez grande, il était logique que le projet grandisse plutôt qu’il ne se fracture en projets plus petits. Mais plus le projet du logiciel devenait grand et complexe, plus il était difficile d’y contribuer. Ainsi, un choix de membres, les commiters - étaient assignés à la gestion et à la production du projet. Cela menait souvent à des ruptures séparant ceux qui produisaient le projet et ceux qui les utilisaient.

    GitHub a comblé ce fossé en faisant de l’open source quelque chose de bien plus décentralisé. C’est devenu davantage centré sur les individus que sur le projet.

    La façon d’utiliser GitHub est trés personnelle. Une personne (je suis github.com/mikeal) a un compte, et tout ce qu’elle publie existe à un niveau en dessous d’elle. Si quelqu’un veut corriger quelque chose, il suffit de « forker » le projet, ce qui place une copie sous son propre compte.

    Cette façon de travailler est trés stimulante : elle encourage les individus à corriger les problèmes et à prendre possession des correctifs au même niveau que le projet de départ. Cela donne également à chacun une identité dans cette nouvelle culture du libre. GitHub est actuellement le premier fournisseur d’identité pour la production collaborative sur internet pour faire plus que du développement de code.

    J’ai contribué à des projets libres depuis plus de 10 ans, mais ce qui est différent maintenant est que je ne suis pas un membre d’un de ces projets, je suis un simple utilisateur, et contribuer un peu est devenu une petite partie du rôle d’un utilisateur. Des petites interactions entre moi et les mainteneurs de projets arrivent plusieurs fois par semaine sur tout type de projet que j’utilise. Et ça arrive encore plus souvent dans l’autre sens : des gens dont je n”ai jamais entendu parler m’envoient des petits bouts de code sur les petits projets que j’ai publiés.

    La décentralisation comme démocratie

    Les premières versions de GitHub ont très bien fait une chose : rendre la publication de votre code beaucoup plus facile (que la non-publication). Ceci était suffisant pour que beaucoup de projets connus, notamment Ruby on Rails, migrent sur GitHub presque immédiatement.

    Mais ce qui s’est passé après est encore plus intéressant : les gens ont commencé à tout publier sur GitHub. Pousser du code est presque devenu une habitude, comme tweeter. En abaissant la barrière pour entrer et rendant plus facile la contribution à l’open source, GitHub a élargi la production collaborative aux utilisateurs occasionnels.

    Aujourd’hui un vaste choix de logiciels simples et compréhensibles est accessible à une catégorie de gens créatifs qui n’avaient jusqu’alors pas les compétences techniques requises pour participer à des projets open source par le passé.

    Ce mélange des relations entre les producteurs, les contributeurs et les consommateurs valorise naturellement les projets plus petits et plus faciles à comprendre — et a conduit à de nombreuses contributions. Au cours du mois de septembre 2012 par exemple, la moitié des utilisateurs actifs de GitHub qui ont poussé au moins un changeset, l’ont fait moins de cinq fois, avec 22% (environ 44 000 personnes) qui ont poussé seulement un seul changeset ce mois-ci.

    L’accès de l’open source aux amateurs présente certains avantages évidents.

    Faciliter les usages

    Un des problèmes récurrents, avec le logiciel open source, a été la qualité des finitions. La documentation, le design des sites web et l’ergonomie en général ont toujours été un problème — spécialement par rapport à de nombreux concurrents propriétaires.

    Mais maintenant, avec les facilités de collaboration, des utilisateurs moins portés sur la technologie et la connaissance du code peuvent plus facilement participer à améliorer les logiciels sur lesquels ils travaillent (ce qui peut être des petites choses comme l’humanisation des messages d’erreur de codage ou de légers changements graphiques en une ligne de CSS qui optimisent le rendu des sites web des navigateurs, anciennes versions incluses, et sur les téléphones mobiles).

    Dans le nouvel open source, les gens veulent utiliser la technologie sans avoir besoin de devenir des experts. La facilité d’utilisation est plus valorisée que jamais.

    Éviter de réinventer la roue

    Les développeurs aiment les défis et plus ils ont de chances de les relever, plus leurs solutions peuvent être astucieuses. C’était parfait lorsque les utilisateurs de ces solutions étaient eux aussi des gens très compétents techniquement comme ceux qui prenaient plaisir à résoudre astucieusement ces anciens problèmes.

    Mais les amateurs préfèrent les solutions qu’ils peuvent tenir pour acquises : une fois qu’un problème est résolu, ils reviennent rarement en arrière pour le réexaminer. Et dans la mesure où les amateurs ne créeront qu’à partir des solutions les plus compréhensibles, cela contraint les développeurs à élaborer des solutions simples qui rendent les problèmes complexes plus faciles à appréhender.

    Soutenir un écosystème plus vaste

    Node.js, projet dans lequel je suis activement impliqué, définit des modèles suffisamment simples pour que les gens puissent écrire de petites bibliothèques indépendantes et les publier à leur gré. Tous ceux qui s’impliquent dans l’écosystème peuvent en tirer profit sans coordination. C’est le pôle inverse de l’énorme pile verticale qui accompagne des tas d’outils et fonctionnalités (tels que dans les systèmes intégrant des plugins, comme Ember, Dojo et YUI) qui sont nécessaires pour réussir à développer dans des environnement propriétaires (pensez à Cocoa et au développement pour iOS). Dans les environnements ouverts, tels que Node.js sur GitHub, nous constatons que des API bien plus légères peuvent facilement tirer parti du reste de l’écosystème sans coordination. Moins il y a de coordination entre les développeurs et les bibliothèques et plus nous pouvons créer de la valeur.

    GitHub a donné les capacités à une nouvelle génération de collaborer, de créer, de produire. Beaucoup de développeurs regretteront l’abandon des normes culturelles précédentes, telles que le statut des commiters (ceux qui sont autorisés à envoyer le code sur le dépôt) ou la bonne vieille guerre pour le choix de la bonne licence — mais l’avenir est déjà entre les mains d’une nouvelle génération qui a évolué.

    Ce n’est pas un simple outil : c’est à la naissance d’une nouvelle culture à laquelle nous assistons.


  • 7 raisons pour ne pas utiliser les tablettes dans l’éducation

    27 février — , , , , , , , ,

    Une récente passe d’armes sur le bien fondé d’offrir des iPad à des collégiens en Corrèze avait fait couler beaucoup d’encre dans les commentaires du Framablog.

    Nous récidivons aujourd’hui en laissant de côté les arguments du libre pour se concentrer uniquement sur la pertinence de la tablette en milieu scolaire.


    Urban Hippie Love - CC by-sa


    Trop cool pour l’école : 7 raisons pour lesquelles les tablettes ne devraient PAS être utilisées dans l’enseignement

    Too cool for school: 7 reasons why tablets should NOT be used in education

    Donald Clark - 24 février - Blog perso
    (Traduction : Moosh, Max, DansLeRuSH, CedricA, Sphinx, Mila Saint Anne, Catalaburro, VifArgent, goofy, @paul_playe, Miles, Alpha + anonymes)

    Est-ce que les élèves en achètent ? NON

    J’écris ceci sur un netbook. J’ai un iPad mais je ne rêve pas de m’en servir pour faire des recherches, prendre des notes, écrire ou pour mon travail. Je m’en sers à la maison comme une sorte de matériel de découverte, davantage pour « chercher, regarder et découvrir » que pour « écrire, créer et travailler ». Mes enfants ne s’en servent jamais. Quand je leur demande si certains de leurs camarades en ont acheté, ça les fait rire. De toute façon, « pour le même prix on a des ordinateurs portables ». Ils veulent un truc pour aller sur Facebook, lire leurs courriels, éditer du son ou de la vidéo, jouer, programmer et télécharger. Sur mes deux garçons, l’un a un MacBook, l’autre un PC survitaminé. Je ne m’en sers jamais dans la mesure où j’ai surtout besoin d’écrire et de communiquer — c’est simplement trop malcommode et limité.

    Est-ce que les étudiants en achètent ? NON

    Que ce soit à l’école, au lycée ou à l’université, il semble que les jeunes préfèrent les ordinateurs, que ce soit pour prendre des notes, écrire des devoirs ou autres choses. Ils veulent la souplesse d’un ordinateur complet, pas un appareil qui ait un look sympa. Les tablettes n’ont pas envahi nos bibliothèques. Les étudiants font des recherches, communiquent et, par-dessus tout, ont besoin d’écrire des quantités non négligeables de texte, voire de code. Les tablettes ne le font pas pour eux.

    Est-ce que les employés s’en servent ? NON

    Et puis il y a l’entreprise. Je n’ai pas encore vu une entreprise qui ait décidé de généraliser les iPad ou des tablettes si ce n’est pour des raisons ésotériques tournant autour de leur image de communicants. Encore une fois, les gens au travail veulent un ordinateur complet et connecté qui leur permet de faire des tâches fonctionnelles rapidement. Quand je vois des iPad sur un lieu de travail, ils sont généralement entre les mains de personnes d’un certain âge qui prennent des notes (lentement) avec un seul doigt, qui se débattent pour télécharger des documents et des feuilles de calcul et qui sont souvent les mêmes qui demandent une copie papier de tous les documents de travail avant la réunion. Un netbook à 299 £, pas de papier : ça me satisfait.

    Alors pourquoi cet engouement pour les tablettes et les iPad dans les écoles ?

    Mis à part ces motivations d’achat, pourquoi cette obsession des iPad ? Je n’ai pas été séduit et je n’achèterai pas le package. Si comme moi vous considérez que l’enseignement doit faire émerger des individus autonomes qui peuvent construire une vie dans laquelle ils se sentent en confiance avec la technologie, acquièrent des compétences grâce à elle et en retirent le maximum à la maison ou au boulot, alors un iPad ou une tablette est un mauvais choix et voici selon moi pourquoi…

    1. L’écriture

    La capacité à écrire se retrouve au cœur de l’éducation primaire, secondaire et supérieure. Les enfants ont besoin d’être encouragés à beaucoup écrire pour apprendre, que ce soit en prenant des notes, en rédigeant des devoirs, des rapports, des manipulations de données, des écrits d’invention ou des dissertations. Les claviers des écrans tactiles sont inconfortables avec des taux d’erreur élevés et la manière de sauvegarder, travailler en réseau, ou d’imprimer est tortueuse. On revient à l’ardoise victorienne, voire bien pire en fait. J’en possède une et je trouve qu’il est plus facile d’écrire sur cette ardoise plutôt que de taper sur un iPad. Fait intéressant, en leur fournissant un appareil si hostile à la création de l’écriture, vous pouvez faire passer l’envie d’écrire aux élèves débutants. Répondre à cela en disant qu’il est possible d’acheter des claviers pour les tablettes revient à admettre une défaite. C’est répondre que les tablettes ne fonctionnent que si vous les transformez en ordinateur. À quels coûts supplémentaires ?

    2. La créativité

    Les tablettes sont faites pour consommer du contenu, les ordinateurs (portables) permettent la création de contenus. Ce n’est pas parce que les choses sont belles sur un iPad qu’elles sont faciles à faire avec celui-lui. Les outils de création dans la plupart des domaines de l’art et du design sont très différents des outils de diffusion. Essayez d’utiliser Photoshop, Illustrator ou encore 3D Studio sur une tablette. Essayez de faire une sélection pixel par pixel, d’utiliser des calques, de faire des ajustements précis. L’écran n’est tout simplement pas assez grand pour ce genre de travail. C’est un appareil que l’on tient à la main, pas un outil de travail. Les tablettes sont rares dans le monde du travail où l’écriture demeure nécessaire. La maîtrise du clavier et les compétences sur d’autres appareils dont vous pouvez avoir besoin dans la vraie vie ont peu de chances d’être acquises grâce à l’iPad.

    3. L’informatique, les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication), la programmatue je passe ion

    Peu importe le but de l’apprentissage de l’informatique, de la programmation ou des technologies de l’information à l’école, je ne pense pas que l’iPad ou les tablettes soient appropriés. Apprendre à manipuler un tableur sur un iPad est pénible. Vouloir apprendre à programmer avec, ridicule. Quelle personne sensée voudrait utiliser une interface tactile pour programmer, ce qui implique beaucoup d’écritures détaillées, supprimant, ajoutant des lignes, aussi bien que dans un environnement plus ouvert ?

    4. Un appareil de consommation, pas d’apprentissage

    Par-dessus tout, un iPad est un outil de consommateur, fait pour lire et pas pour écrire. Il a un rôle à jouer dans les apprentissages, particulièrement au niveau pré-scolaire pour les tout-petits, mais au-delà, il n’y a pas d’argument sérieux pour justifier un investissement de grande ampleur dans ce genre de matériel. La meilleure preuve en est que quand les élèves ou les étudiants s’équipent en informatique, ils n’achètent pas de tablettes. Ils achètent des ordinateurs de bureau, des netbooks ou des ordinateurs portables.

    5. Inadéquation avec les besoins des enseignants

    Il y a l’exemple d’une école qui avait échangé ses ordinateurs portables contre des tablettes, et qui souhaite aujourd’hui faire machine arrière. « La salle des profs se lamente », car les problèmes pédagogiques sont évidents. D’un point de vue technique, les enseignants ont vécu cela comme un cauchemar. La plupart des enseignants et le matériel pédagogique qu’ils utilisent s’appuient sur Word et PowerPoint, et l’utilisation de tablettes a entraîné des problèmes d’incompatibilité. Certains professeurs ont dû faire héberger leur contenu à l’extérieur de l’établissement, ce qui a posé des problèmes d’accès aux ressources. Il y a également des problèmes d’affichage avec l’écran au format 4:3 des iPad, des problèmes d’accès à Internet au travers des proxy. Mais le principal problème reste la capacité de stockage et le manque de ports USB. Cela implique l’utilisation de procédures plus complexes, comme par exemple l’usage de DropBox et de tous les problèmes afférents. Les tablettes ne sont pas des outils adaptés aux enseignants. Sans une véritable connaissance des logiciels et des besoins des enseignants, il n’y a aucune plus-value pour les apprenants.

    6. Le prix élevé

    Les iPad sont chers à l’achat et à l’entretien, et sont compliqués à mettre en œuvre en termes de réseau et de périphériques. Ils sont conçus pour être utilisés à la maison et non à l’école, dans les laboratoires ou les salles de classe. Ce constat a été dressé par l’Honnywood Community Science School, une école qui vient tout juste de se créer, qui a acheté 1200 iPad pour un montant de 500000€ , dont la moitié sont maintenant inutilisables. Il existe donc une réelle interrogation sur la solidité de la technologie à l’école et dans les sacs des élèves, où ces équipements sont malmenés, tombent et sont rayés. Pire encore, 20% de ceux qui ont été envoyés en réparation en sont à leur deuxième ou troisième retour au SAV. Bien qu’il ait été demandé 50€ aux parents par tablette, ces dernières coûtent en réalité 450€ et les élèves ne semblent pas prendre particulièrement soin de quelque chose qu’ils n’ont pas acheté. Le coût final, quand on ajoute les réparations, est encore plus élevé que prévu.

    7. Des projets vaniteux

    Une personne très bien informée, ayant participé à une réunion dans les hautes sphères du gouvernement qui a décidé d’introduire les tablettes à l’école, m’a dit que cela avait été pénible et bordélique. Les tablettes, données par une entreprise informatique, furent bien livrées à l’école, où le chef de l’établissement les dissimula aux autres enseignants. C’est exactement comme cela qu’il ne faut PAS introduire les nouvelles technologies dans les écoles : acheter des appareils à la mode en grande quantité, les distribuer dans de belles boites et espérer que tout ira bien. C’est le danger avec ces projets fondés sur des tablettes, nous nous basons rarement sur une analyse poussée pour choisir la technologie la plus appropriée, nous avons plutôt tendance à nous baser sur le fait qu’Apple est à la mode ou sur les conseils des fans de cette marque. Nous devons éviter de faire comme tout le monde et de mettre en place des projets prétentieux qui présupposent que ce qui est cool pour les consommateurs adultes sera cool pour l’école.

    J’ai passé toute ma vie d’adulte à encourager l’adoption des technologies dans l’enseignement mais je veux être sûr qu’on ne se tire pas une balle dans le pied avec des projets qui n’ont pas pris en compte les sept points ci-dessus. Pour être honnête, je ne suis pas du tout certain du bien-fondé d’une technologie imposée aux salles de classe. Laissons les enseignants enseigner et, si vous introduisez ce genre de choses, réservez plutôt une bonne part du budget à leur formation.

    Conclusion

    Une bonne technologie a toujours du style, et les iPad en ont à revendre, mais c’est un style qui attire les adultes, pas les enfants. Je peux comprendre l’utilité des tablettes pour des jeunes enfants, de 3 à 9 ans, et peut-être ayant des besoins spécifiques. Mais une fois acquis les rudiments, les iPad sont un luxe que les écoles ne peuvent pas se permettre. Ils ne sont pas non plus souhaitables, au regard de l’apprentissage que dispensent les écoles à grande échelle. Ces initiatives sont souvent menées avec un but technologique et non pédagogique.

    Remarquez que tout cela ne constitue pas une attaque contre les iPad et les tablettes. J’en ai acheté une et je trouve ça bien. C’est un ensemble d’arguments contre leur utilisation dans l’enseignement. Les élèves à l’école, au lycée et à l’université ne les achètent pas avec leur argent. Pas plus qu’il ne les utilisent lorsqu’ils en ont le choix. Même s’ils étaient fournis, ces outils sont largement inadaptés à l’écriture, aux besoins de l’informatique, des technologies de l’information, de la programmation ou encore des autres tâches lors du cursus scolaire. Cela est principalement lié au fait que ce sont des appareils de consommation, passifs et non pas actifs, utilisés pour lire et non écrire, avec une mise en avant de la consommation et non de la création. Ils ne sont certainement pas adaptés à l’éducation.

    P.S. : Je suis conscient de passer peut-être à côté de quelque chose mais j’ai hâte de voir les recherches sur les améliorations effectives dans les acquisitions, par opposition aux enquêtes qualitatives et aux questionnaires.

    Crédit photo : Urban Hippie Love (Creative Commons By-Sa)


  • Les lunettes Google Glass ou la fin définitive de notre vie privée ?

    26 février — , , , , , , ,

    Google Glass c’est le projet Google de lunettes révolutionnaires à réalité augmentée. On nous promet leur commercialisation avant la fin de l’année. Une vidéo spectaculaire a été publiée récemment. Si vous ne l’avez pas encore vue, nous vous invitons à le faire car vous allez mieux comprendre la traduction qui suit.

    Bientôt donc vous retrouverez quelque part avec des gens qui porteront ces lunettes. À tout moment, ceux-ci peuvent vous filmer à votre insu et mettre en ligne en temps réel la vidéo sur YouTube, non sans qu’un système automatisé de reconnaissance faciale et de tags vous ait peut-être identifié au passage !

    Ce n’est plus de la science-fiction et comme Google n’est pas une entreprise philanthropique, on imagine sans peine l’impact majeur d’une telle innovation sur notre vie privée et le devenir de nos données personnelles.


    Max Braun - CC by-sa


    Gare aux Google Glasses !

    Watch Out for Google Glasses

    Anton Wahlman - 25 février 2013 - TheStreet.com
    (Traduction : jtanguy, 3wen, Benoît, Jeanba88, misterk, goofy + anonymes)

    D’ici la fin de cette année, notre société va subir un changement très particulier, qui va susciter beaucoup de controverses. La cause ? Les Google Glasses.

    Les Google Glasses vont impacter les comportements sociaux dès leur mise en circulation. Au moment où vous les apercevez, vous savez que vous pouvez être filmé. Et les gens n’aiment pas être filmés.

    Bien sûr, tous les smartphones peuvent enregistrer des vidéos et prendre des photos. Mais vous savez quand ça arrive. Vous n’avez pas constamment l’impression que tout le monde autour de vous est en train de vous filmer sous tous les angles. Vous les voyez faire quand ils le font.

    Les Google Glasses sont différentes. Au-delà des photos et des vidéos, qu’advient-il de ces données ?

    Imaginons que je sois derrière le guichet d’une entreprise : banque, restauration rapide, guichet d’enregistrement à l’aéroport, peu importe. Mes Google Glasses pourraient afficher le numéro de sécurité sociale, le casier judiciaire, la présence sur les réseaux sociaux, etc. de la personne en face de moi.

    C’est peut-être un progrès pour certains mais d’autres trouveront cela terrifiant. Pouvez-vous imaginer la scène dans un bar où les gens commencent à porter des Google Glasses ? En l’espace d’une seconde ou deux, vous aurez toutes les informations disponibles à propos de la personne en face de vous. Et certaines de ces informations pourraient ne pas être flatteuses.

    Les lieux publics devront élaborer de nouvelles politiques. Hôtels, aéroports, restaurants, salles de sport et écoles voudront avoir leur mot à dire concernant le port des Google Glasses dans leurs locaux. Vous pourrez entendre les tollés dès que les premières images de gens trichant dans les écoles, ou filmant dans les vestiaires seront publiées sur YouTube. De futurs conflits vont certainement très mal tourner.

    D’autre dimensions du problème apparaissent aussitôt. Que se passera-t-il si les versions futures des Google Glass deviennent très difficiles à distinguer des lunettes traditionnelles ?

    Aujourd’hui, que se passe-il si vous pénétrez dans un établissement en tenant une caméra qui filme les visages des gens, dans un restaurant, une banque ou une salle de sport ? On vous demandera d’éteindre votre caméra, et si vous n’obéissez pas rapidement, on vous jettera dehors.

    Les Google Glasses vont rendre les interactions publiques et sociales très délicates car vous prenez le risque potentiel d’être sur YouTube quel que soit l’endroit où vous allez. Quelques mois après leur arrivée sur le marché, les Google Glasses pourraient être déjà si répandues que vous serez filmé dès que vous pointerez le nez dehors.

    Défenseurs de la vie privée, en avant !

    Les données photos et vidéos des Google Glasses ne vont pas être utilisées seulement par la personne qui porte les lunettes. La personne qui prend ces images voudra peut-être « taguer automatiquement » ces médias avec l’identité des personnes dans la photo ou vidéo.

    Il y a des gens qui préfèrent passer sous les radars. Ils payent en liquide, n’utilisent pas de GPS en voiture, n’ont pas de téléphone, et ne sont membres d’aucun réseau social en ligne. Ils ont réussi à rester en-dehors de la plupart des bases de données disponibles publiquement.

    Une fois qu’une partie significative de la population aura commencé à déambuler dans les rues avec des Google Glasses, ils ne le pourront plus vraiment. Il n’y aura plus de place pour se cacher, à moins que les gouvernements ne légifèrent sur ces Google Glasses, ou que les établissements privés décident de les interdire.

    Qu’en est-il de Google lui-même ?

    Les Google Glasses deviendront une arme décisive dans la guerre imminente pour les données personnelles. Si d’autres personnes les utilisent, pourquoi pas moi ? Je prédis que toutes les personnes avec suffisamment de moyens vont se ruer pour en obtenir, surtout si le prix baisse de 1 500$ à 1 000$, puis à 500$ et finalement en-dessous, lors des deux premières années de commercialisation.

    Si Google arrive à sortir ce genre de lunettes avant ses concurrents directs, non seulement Apple, mais aussi Microsoft, son avance pourrait bien être décisive. Google possède déjà 70% des parts de marché des smartphones avec Android, donc il est plutôt bien parti, mais n’oublions pas que la part de marché des PC de Microsoft atteignait 95% il y a seulement quelques années.

    Comme Google va probablement inventer un lien fort entre les Google Glasses et les smartphones Android, les Google Glasses vont être une véritable aubaine pour Android. N’importe qui regardera son iPhone et devra sérieusement envisager de passer à Android.

    Les Google Glasses risquent de causer un chaos social, mais elles vont être très bénéfiques pour les finances de Google.

    Crédit photo : Max Braun (Creative Commons By-Sa)


  • Du bon usage des deniers publics par les municipalités danoises

    21 février — , , , , , , ,

    Une douzaine de villes danoises se sont mises d’accord pour développer ensemble des solutions libres en partenariat avec des sociétés de services locales.

    Un exemple à suivre…

    Angel Torres - CC by

    Les municipalités danoises utilisent l’open source pour innover et collaborer

    Danish municipalities using open source to innovate and collaborate

    Gijs Hillenius - 1er février 2013 - OpenSource.com
    (Traduction : Moosh, Sphinx, lgodard, Doh-a + anonymes)

    Les municipalités danoises utilisent de plus en plus les logiciels libres et open source pour apporter des solutions innovantes et collaboratives dans leurs missions d’information et de communication (ICT). L’année dernière, plus de 10% des municipalités du pays ont rejoint la communauté nouvellement créée Open Website Community OS2. Le groupe possède déjà à son actif un système de gestion municipal de contenu basé sur Drupal (appelé OS2Web) ainsi qu’une application de gestion des réunions sans papier (intitulée OS2dagsorden, NdT : littéralement OS2-ordre du jour).

    Les 12 municipalités du consortium OS2 sont soutenues par 19 fournisseurs de services open source danois. En Décembre dernier, le groupe a commencé le développement des deux prochaines applications, OS2kontactcenter et OS2kle, déclare JonBadstue Perdersen, responsable de la section à la municipalité de Syddjurs.

    « Comme OS2 le fait habituellement, nous avons commencé à travailler sur OS2kontaktcenter dans un hackerspace en impliquant vingt participants provenant des municipalités et des fournisseurs », indique Badstue. « Et en seulement deux jours nous avons prouvé que nous pouvions proposer des solutions de centres de contacts pour les municipalités, qui combinent et présentent aux visiteurs sur le site web des informations qui sont déjà disponibles sur certains sites et bases de données. » Cette solution utilise efficacement deux taxonomies prédéfinies de l’information, appelées KLE et FORM, rendues disponibles par les administrations publiques.

    Marquage du contenu

    La seconde et nouvelle solution, OS2kle a pour but de fournir une interprétation automatique du texte. Elle utilise Taxon, un logiciel open source, pour ajouter automatiquement des balises aux documents électroniques.

    « Le balisage est devenu un moyen fréquent de structurer de grandes quantités de contenu sur un site web, » explique Badstue. « Mais le procédé consistant à baliser les contenus avec des méta-données utilise beaucoup de ressources. Nous améliorons ce procédé, soit en ajoutant automatiquement des balises, soit en suggérant à l’utilisateur certaines balises à utiliser. »

    Le consortium OS2 a débuté en avril de l’année dernière avec les cinq villes de Copenhague, Ballerup, Sønderborg, Syddjurs et Ishøj. Morsø, Jammerbugt, Ringsted, Kolding, Odsherred, Favrskov et Skanderborg les ont rejointes peu après. Selon Badstue : « OS2 a pour objectif de contribuer à l‘open source dans le secteur public. Nous voulons faire du Danemark un pionnier à la fois international et innovant dans ce domaine. »

    « Notre communauté montre que les administrations publiques danoises adoptent de plus en plus l‘open source avec le soutien de leurs politiciens locaux. Ce type de logiciels offre les meilleurs outils pour créer une société numérique, ouverte et innovante, nous permettant de collaborer et partager notre travail tout en évitant le blocage dû aux logiciels propriétaires. »

    Crédit photo : Angel Torres (Creative Commons By)


Jeudis des EPN

un site des animateurs d’Espaces Publics Multimédia en Ile-de-France.

Les Petits Débrouillards Bretagne

mouvement éducatif pour l’accès de tous aux connaissances scientifiques et techniques pour mieux agir en tant que citoyen actif et raisonné, prenant part aux débats de société
  • LesTaxinomes.org : le papillon est sorti de la chrysalide !

    Septembre 2012 — DV, Département Virtuel, , , , , ,

    Nous sommes heureux de vous présenter le site http://www.lestaxinomes.org amélioré d'un nouveau design et, pour les détenteurs d'iPhone, nous vous offrons en prime l'application Taxinomes !

    LesTaxinomes - Les petits débrouillards Bretagne

    Deux bonnes nouvelles en cette rentrée pour les curieux du monde qui les entoure, ils vont pouvoir plus facilement contribuer à documenter la biodiversité près de chez eux.

    Les nouveautés de cette nouvelle version sont :

    • Un nouveau design, plus clair, plus ergonomique,
    • Une plus grande place laissée aux médias,
    • Une loupe, pour effectuer des zooms sur les images,
    • Les derniers articles mis à jour sont valorisés en page d'accueil,
    • Une interface de chargement des médias améliorée,
    • Une nouvelle carte avec de splendides vues satellites du monde (Nous conservons OpenStreetMap pour le fond cartographique et délaissons Googlemaps pour Bing en ce qui concerne la photo satellite).
    • Un tableau de bord qui permet d'embrasser tous les médias d'un auteur, la carte avec ses médias géolocalisés, ses médias favoris. (Voir l'exemple d'Anthony Bossard)

    Toute l'équipe des Taxinomes travaille déjà à la V2 avec :

    • Un réseau social pour échanger et partager ses connaissances,
    • Un tableau de bord personnalisé pour organiser ses collections de médias, ses contacts, ses sorties,
    • Une représentation graphique de l'arbre du vivant (arbre phylogénétique),
    • La possibilité de créer des parcours, des promenades dont les cartes seront téléchargeables,
    • La possibilité d'organiser des sorties nature en fixant une date, un lieu…

    Enfin, l'idée de proposer un annuaire géolocalisé des associations naturalistes nous a été suggérée par plusieurs d'entre elles.

    Ce site web fonctionne comme un escalier vers la connaissance en acte (la pratique) de la nature et de la biodiversité. Il permet au visiteur de partir de la simple observation de la nature, pour être accompagné vers une meilleur compréhension.

    • Première marche : Ouvrir les yeux sur la nature près de chez soi : une médiathèque à consulter
    • Seconde marche : Ma nature, je la découvre et je la partage : une médiathèque que je peux et que tout le monde peut enrichir
    • Troisième marche : Ensemble, on apprend ! Des espaces de discussion sur les formes de vie, sur comment observer... où les participants s'entraident (réseau social)
    • Quatrième marche : Grimpe dans l'arbre : naviguer dans l'arbre du vivant
    • Cinquième marche : Comment classer les formes de vie : le groupe des experts qui veillent à la classification (comité scientifique).
    • L'escalator : des sorties sur le terrain, des formations et des tutoriels vidéos. Et c'est aussi un outil pour tous les éducateurs !

    Cet été, les animateurs des petits débrouillards du Labomobile ont organisé dans les Côtes d'Armor plusieurs sorties Taxinomes. Ces activités ont permis à plusieurs dizaines d'enfants de s'initier à la biodiversité.

    Merci de l'intérêt que vous portez au site LesTaxinomes.org et surtout n'hésitez pas à nous faire des retours critiques pour améliorer ce service.

    Enfin, nous remercions tous les partenaires qui ont permis la réalisation de ce projet :

    Ce projet est mû par les valeurs de l'éducation populaire et du libre :

    • Il utilise le CMS SPIP,
    • Les plugins développés pour SPIP permettant la connexion avec l'application mobile sont également libres. Téléchargez le plugin SPIP XML RPC et le plugin XML RPC métaweblog,
    • L'application iphone est également libre, le code source est disponible ici,
    • Le projet est participatif,
    • Les auteurs sont incités à choisir des licences libres (créatives communs),
    • Tous les individuels, les enseignants, les animateurs socio-culturels, les associations environnementalistes, tout un chacun peut se servir des taxinomes.

    Pour tous retours critiques, tous renseignements, je suis à vous disposition : Antony


Marsouin

Crée en 2002, à l'initiative de la région Bretagne, le Groupement d'Intérêt Scientifique M@rsouin, rassemble les équipes de recherche en Sciences Humaines et Sociales des 4 universités bretonnes et de 2 Grandes écoles (ENSAI et Télécom Bretagne) et diffuse leurs travaux sur les usages des TIC.
  • [Cahier de recherche]Non-usages en lieux publics : les automates des visio-guichets de service public

    http://marsouin.telecom-bretagne.eu/IMG/pdf/Cahier_de_recherche_marsouin_mars_2011.pdf
    Avril 2011 — Publications / Projets de recherche, , , , , , , , ,

    Résumé

    L'étude des usages des visio-relais de service public constitue un des deux terrains du programme M@rsouin d'analyse du non-usage des TICs dans des situations non-professionnelles. Il s'agit de repérer ici quels sont les freins, mais aussi les dynamiques qui président, à la constitution des usages de consultations et de demandes d'informations à caractère social depuis des automates interactifs situés en lieux publics. C'est en rencontrant les animateurs des espaces accueillant les dispositifs de télé consultation mis en place par le Conseil Général de la Manche et par la Région Auvergne que nous avons abordé la question de l'usage, et du non-usage, de ces automates destinés au monde rural. Il apparaît que la question du non-usage en raison des appréhensions des utilisateurs espérés a été prise en compte très en amont du processus de déploiement de ces téléservices. D'une part, la procédure faisant collaborer autour d'un projet des acteurs dont la mission « sociale » est définie de façon très extensive suppose un large travail d'harmonisation des moyens, des politiques internes, des objectifs de chacun d'entre eux. Mais c'est aussi la convergence des analyses de freins à l'usage des publics visés qui a permis d'élaborer un cahier des charges insistant sur la primauté de la relation interpersonnelle avant toute valorisation des performances technologiques. La multiplicité des situations et des attitudes des acteurs rencontrés sur le terrain construit une perception très positive de l'offre qui s'apparente parfois à un véritable plaidoyer militant pour l'essor des téléprocédures. Néanmoins la qualité de la réflexion sur le non-usage par les initiateurs du projet et la conviction de l'intérêt du projet chez les animateurs n'ont pas éradiqué le non-usage. La confiance envers les techniques déployées ou vis-à-vis des acteurs publics n'est pas mise en cause, mais l'accumulation de dysfonctionnements liés à l'ampleur du programme et une communication mal adaptée aux objectifs n'ont pas permis de lever l'indifférence, voire une certaine inquiétude, des populations attendues au sein de ces espaces.

    Mots clés : TIC, borne interactive, usages, collectivités, service public, confiance.

    Lire le cahier de recherche


Mitic corse

blog du chef de la Mission des Technologies de l'Information pour la Corse, développement numérique de la Région Corse.
  • Le demonstrateur des feux de forêt de l’Université de Corse

    Avril 2010 — , , , ,

    L'équipe feux de l'Université de Corse/CNRS travaille sur la modélisation physique des incendies. Dans le cadre de son travail de recherche elle a mis en place un Démonstrateur de simulation des feux de forêts.

    firesim.png

    Il ne fonctionne pour l'instant qu'en Corse et, selon ses auteurs, il est assez basique dans la prise en compte de la végétation (en particulier humidité) mais ce n'est qu'un début.

    Vous positionnez sur la carte le point de départ de feu, la direction et la vitesse du vent et c'est parti !
    Le logiciel est accessible sur le Web mais aussi adapté à un usage à partir d'un Iphone.

    Outre la qualité de l'application, l'initiative illustre de façon exemplaire comment rapprocher la recherche fondamentale du grand public. Mais au delà elle met en évidence la façon dont les travaux de recherche peuvent fournir un formidable outil d'aide à la décision notamment pour les services de prévention des incendies, les aménageurs et décideurs publics.


  • Très haut débit : un enjeu pour la Corse.

    Avril 2010 — , ,

    foptique.pngLe 30 mars dernier, nous étions présents avec 190 collectivités et groupements à la rencontre organisée par l’association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel, Avicca, sur le très haut débit. Cette réunion faisait suite à celle organisée par l'ARCEP le 17 mars au cours de laquelle le développement du Très Haut Débit fut aussi à l'honneur.

    Ces manifestations ont mis en évidence une mobilisation nationale autour du développement du Très Haut Débit (THD), présenté comme un enjeu tout aussi important que celui du plan téléphone à la fin des années 60 ou que celui du haut débit à la fin des années 90.

    Le THD annonce une substitution massive des câbles de cuivre dans les foyers par de la fibre optique. Une trentaine de projets sont actuellement en cours dans les zones dites de type 1 c'est à dire les plus urbanisées donc les plus attractives pour les opérateurs.

    L'ampleur du chantier est colossale, un petit exemple sur la Corse pour l'illustrer: Si l'on sait qu'en Corse il existe environ 155.000 lignes en cuivre et que le coût estimé du remplacement d'une liaison cuivre par une liaison optique est d'environ 2000 euros il faudrait consentir un investissement de l'ordre de 310Millions pour que l'ensemble des foyers insulaires soit connectés à THD. Même si cet investissement se fera sur une période de 10 à 15 ans, la somme à investir est colossale. Pourtant l'enjeu est essentiel si l'on ne veut pas créer une nouvelle fracture numérique encore plus importante que celle que nous avons connu et que nous connaissons encore pour le haut débit.

    L'Etat en a pris conscience de l'enjeu financier et consacre une partie du grand emprunt ,soit 2 milliards d'euros, aux infrastructures THD en vue d'équiper les zones péri urbaines et rurales.
    Pour la Corse, il sera nécessaire d'entamer l'élaboration d'un SDTAN (Schéma Directeur Territoriale d'Aménagement Numérique) afin d'engager une concertation entre les différentes collectivités insulaires mais aussi avec les acteurs privés (opérateurs, aménageurs) , inciter les acteurs locaux à la réflexion sur le THD pour enfin dessiner les premières pistes d'action.
    Ce document devra être réalisé sur la base du recensement des infrastructures et réseaux numériques présents sur l'île.
    DOSSIER A SUIVRE....


  • Elections Territoriales 2010 en Corse et le Web, une première analyse.

    Mars 2010 — , , ,

    hemicycle.jpgDans le cadre des élections territoriales 2010 qui ce déroulent en ce mois de mars en Corse, je me suis un peu intéressé sur la présence des listes candidates sur le net.

    Une première constatation, toutes les listes sont présentes sur le Web : les 11 listes ont un site Web (8 listes) ou un blog (3 listes).

    Globalement le référencement des sites sur Google est très bon si l'on tape le nom de la liste et le candidat. Toutefois, 8 listes sont très bien référencées.

    Par ailleurs, il faut noter que 8 listes bénéficient d'un site aux qualités professionnelles avérées. Parmi elles, 6 listes valorisent leur contenu par des séquences vidéos et audios de qualité accessibles sur UTube ou Dailymotion.

    Pour 70% des sites, le travail de mise à jour est très fréquent voir quotidien et témoigne d'une stratégie éditoriale maîtrisée.

    C'est dire qu'en Corse, les candidats ont perçu l'enjeu du Web comme support de campagne. Ils ont pris conscience qu’Internet est devenu en l’espace de quelques années un média incontournable en politique et ils se le sont approprié de façon exemplaire en 2010.

    Les sites des 11 listes :

    1. Liste Jean-François Baccarelli : Protégeons la Corse
    2. Liste Jean-François Battini : Demain la Corse-Forza Corsica
    3. Liste Dominique Bucchini : Front de gauche
    4. Liste Tony Cardi : Fiamma Corsa
    5. Liste Paul Giacobbi : L'Alternance
    6. Liste Simon Renucci : Réussir ensemble
    7. Liste Camille de Rocca Serra : Rassembler pour la Corse
    8. Liste Gilles Simeoni : Femu a Corsica
    9. Liste Jean-Guy Talamoni : Corsica Libera
    10. Liste Jean Toma : MoDem
    11. Liste Emile Zuccarelli : Gauche républicaine

  • L’office du tourisme de Costa Verde innove sur le Web et créée le Buz z !

    Février 2010 — , ,

    L'office du tourisme de Costa Verde a pris l'initiative de créer un site décalé nommé www.cestvraiquencorse.com qui met en scène Dumè dans plusieurs vidéos hilarantes qui tournent en dérision autant les corses que les touristes.

    dume.jpg

    La démarche s'inscrit pleinement dans du Web Marketing avec en perspective l'idée de conduire l'internaute vers le site institutionnel de l'office du tourisme de Costa Verde.

    Depuis son ouverture au début de l'été 2009, le site' Cestvraiquencorse ' continu à faire du buzz avec son jeu concours "fais ton Dumè" qui récompensera la meilleure vidéo "fais ton Dumè" par un voyage en Corse pour 2 personnes.

    L'innovation Marketing de la démarche n'a pas manqué de me séduire d'autant que le site s'accompagne d'un groupe facebook de 1600 membres.
    Le buzz est déjà là puisque des blogs spécialisés dans l'etourisme relais l'initiative voir notamment deux billets sur le blog etourisme.info ou l'article sur marketing-territorial.org.


  • Espace Numérique de Travail de Corse : C’est parti !

    Février 2010 — , ,

    Logo-InfoStance.pngL'Espace Numérique de Travail pour les lycées et collèges de Corse a été attribué à la société Infostance.
    C'est le produit Scolastance qui sera donc déployé dans les 46 lycées et collèges de Corse en trois phases successives :

    1. Rentrée 2010/2011 : Un premier groupe d'établissements pilotes,
    2. Rentrée 2011/2012 : Deuxième groupe,
    3. Rentrée 2012/2013 : Les établissements restants.

    La première réunion de démarrage du projet a mis en évidence l'ampleur du chantier et son rôle structurant pour le système éducatif insulaire.
    Elle fait écho aux réunions de sensibilisation qui ont été menées auprès des chefs d'établissement au cours desquelles de fortes attentes s'exprimaient autour du projet.

    Les porteurs du projet (Collectivité Territoriale de Corse et Rectorat de Corse) ont conscience des enjeux et de la nécessité de débarrasser l'ENT des problèmes techniques pour l'inscrire comme un socle numérique structurant fédérateur de l'ensemble de la communauté éducative.

    Les quelques chiffres ci-dessous vous permettent d'apprécier l'impact régional du projet :

    • 46 établissements seront impliqués d'ici 2013,
    • 24.000 élèves soit environ 34000 foyers auront à terme accès à l'ENT,
    • 3000 enseignants et 1100 administratifs et techniques alimenteront régulièrement l'ENT.

    ENTScolastance.png


OTEN, observatoire des territoires numériques

association qui s’adresse aux acteurs des territoires pour sensibiliser et informer sur l’apport du numérique (base de 2000 initiatives locales) ; développer l’échange et le suivi d'expérimentations de services étudier (études, notes de synthèses et guides)
  • L’aventure continue avec Villes Internet

    http://oten.fr/IMG/jpg/logo_vi_16_9.jpg
    26 janvier — Toutes les actualités

    Suite à la liquidation de l'Oten et par décision de son président Alain Beneteau les contenus de ce site et l'ensemble des données immatérielles de l'Oten sont transmises à l'Association Villes Internet.

    Villes Internet souhaite faire vivre et développer les ressources capitalisées par l'Oten, et oeuvrer à la valorisation du formidable travail réalisé par l'Observatoire dans l'esprit et les valeurs de ses créateurs.

    L'équipe de Villes Internet

    http://www.villes-internet.net


  • Data.visitprovence.com

    Mai 2012 — Rhône-Alpes, , , , , , , , , , , , , , , ,

    Description du projet : Bouches-du-Rhône Tourisme s'insère dans la mouvance Open data (libération des données publiques) en mettant en place le portail data.visitprovence.com. Première initiative du genre de la part d'un acteur du tourisme départemental, data.visitprovence.com regroupe les données touristiques du territoire des Bouches-du-Rhône présentes initialement sur la base de données partagée avec les Offices du tourisme du territoire, PATIO. Elles sont organisées en 7 thématiques : Environnement, Culture, Tourisme, Tradition, Sport&Loisirs, Accessibilité et Transport. Le tourisme est un secteur économique incontournable pour le département des Bouches-du-Rhône. Il génère 1,9 Milliards de consommation touristique intérieure chaque année . La libération des données du secteur doit donc permettre de maintenir le dynamisme de la branche, en favorisant la création d'applications innovantes utiles aux touristes, au grand public, mais aussi aux professionnels, l'objectif étant à terme de favoriser l'offre touristique des Bouches-du-Rhône. Le portail s'inscrit également dans une démarche citoyenne innovante puisqu'elle met en lumière les destinations et les manifestations existantes sur le territoire, enjeux fondamental à moins d'un an du lancement de Marseille Provence 2013. En ouvrant sa base de données au plus grand nombre, Bouches-du-Rhône Tourisme se met au service de l'innovation ouverte et coopérative et facilite la réutilisation des données touristiques. Ce projet constitue la première pierre angulaire d'un édifice sur lequel va s'engager le Conseil général des Bouches-du-Rhône qui souhaite poursuivre sur la même voie et mettre en place son propre portail de données publiques ouvertes.

    Type d initiative : Création d'un portail Open Data concernant les données touristiques des Bouches-du-Rhône.

    Territoire de projet : Le département des Bouches-du-Rhône (13).

    Porteurs du projet : Bouches-du-Rhône Tourisme, association financée par le Conseil Général des Bouches-du-Rhône pour développer et mettre en œuvre la politique départementale du tourisme.

    Date de lancement : 02 avril 2012 ouverture du portail proposant des données organisées sous la forme de sept thématiques.

    Avancement (à la date de recueil) : En avril 2012, le portail Open Data propose des données dans 7 thématiques différentes : environnement, culture, tourisme, tradition, sports et loisirs, accessibilité et transport.

    Date de recueil de l information : Avril 2012

    Cible : Les développeurs, les informaticiens, les professionnels du numérique.

    De Elsa Baron, Chargée de mission

    1- Contexte et objectifs du projet

    1.1 Contexte et origine du projet

    Depuis une quinzaine d'année, Bouches-du-Rhône Tourisme partage les données touristiques en sa disposition avec un certain nombre de partenaires (Offices du tourisme, prestataires etc.) via la base de données PATIO. Des équipes locales alimentent la base très régulièrement. PATIO constitue une base très précieuse, l'information que l'on y trouve étant qualifiée, fiable et mise à jour. Jusqu'alors, la base répondait aux besoins propres des bureaux d'accueil des offices et permettant d'alimenter les applications mises en place par Bouches-du-Rhône Tourisme. Des conventions étaient signées avec des partenaires publics ou privés, souhaitant développer leurs propres applications à partir des données présentes sur PATIO. C'est ainsi qu'a par exemple été développé sorties.regionpaca.fr, en partenariat avec le Conseil régional. La base de données alimente également la page Agenda du magazine La Provence. La culture du partage de l'information entre les différents acteurs étant déjà présente, il paraissait donc logique et même indispensable d'ouvrir encore plus largement les données, via une plateforme Open Data, qui deviendra donc [data.visitprovence.com-p>

    1.2 Objectifs et enjeux

    Le site internet data.visitprovence.com doit permettre d'offrir une plus grande visibilité de la destination Bouches-du-Rhône auprès des touristes, mais aussi des résidents. On constate qu'aujourd'hui les pratiques touristiques des individus ont considérablement évoluées, notamment par le biais de l'outil numérique. Les réservations se font en ligne, tout comme les repérages de certaines destinations. Le touriste compare les prix, effectue des visites virtuelles (des logements comme des musées). Il est donc fondamental pour les institutions touristiques de se doter des outils numériques permettant de maintenir le dynamisme économique du secteur, pour toujours attirer de nouveaux visiteurs. Il est également fondamental de positionner sur les réseaux sociaux et d'y promouvoir l'offre touristique territoriale. Le portail data.visitprovence.com doit permettre de maintenir un dynamisme encore plus important de l'offre touristique du territoire des Bouches-du-Rhône, en accord avec les nouvelles pratiques et tendances touristiques. Il est également primordial pour Bouches-du-Rhône Tourisme de pouvoir répondre aux nombreux besoins et demandes en matière d'offres touristique et culturelle générés par Marseille Provence 2013.

    2- Description et organisation du projet

    2.1 Les acteurs du projet

    Le projet est porté par Bouches-du-Rhône Tourisme, en partenariat avec le Service de Communication et la Direction des Systèmes informatiques du Conseil général. Bouches-du-Rhône Tourisme est une association loi 1901, bras armé du Conseil général concernant le secteur du tourisme. La collectivité s'est beaucoup investie sur le projet puisqu'elle envisage elle aussi de libérer ses données, sur une plateforme du type data.visitprovence.com. Un comité de pilotage constitué des trois acteurs sus-nommés a donc été constitué, assurant le suivi et la mise en place du projet : validation du cahier des charges proposé par Bouches-du-Rhône Tourisme, lancement du marché public pour la réalisation de la plateforme, choix du prestataire et développement. L'offre proposée par la société marseillaise elypsia a été retenue. Les professionnels du secteur touristique ont été consultés dans le cadre du Conseil d'Administration de Bouches-du-Rhône Tourisme. La Fédération de l'industrie hôtelière, le Syndicat de l'hôtellerie de plein air, cinq offices du tourisme couvrant des grands territoires du département, les agents de voyage ainsi que les Chambres de commerce sont en effet membres du CA et ont donc pu suivre le projet dès ses débuts, au moment de la présentation du cahier des charges qu'ils ont validé avant sa soumission au comité de pilotage.

    2.2 Les services proposés

    La plateforme data.visitprovence.com propose des jeux de données en accès libre, organisées sous la forme de 7 thématiques, elles même détaillées en sous catégories :

    • Tourisme : Liste des hôtels, campings, chambres d'hôtes, location de vacances, résidences, restaurants, organismes de tourisme, agences réceptives, services de guides, autocaristes, syndicats et fédérations.
    • Culture : Listes de sites et monuments, musées, agenda culturel, bibliothèques, salles de concert, centres de congrès, centres culturels, programmation de Marseille Provence 2013 ;
    • Environnement : Listes des plages aménagées et surveillées, massifs, sites naturels incontournables, domaines départementaux, parcs et jardins
    • Sports & Loisirs : Listes des parcs à thème et animaliers, golfs, fermes, manades, parcs acrobatiques, centres équestres, location de vélo, sports nautiques, accompagnateurs de moyenne montagne et moniteurs d'escalade.
    • Accessibilité : Liste des établissements touristiques labellisés Tourisme et Handicap.
    • Transport : Liste des parkings publics, autocars et campings cars.
    • Tradition et savoir-faire : Liste des artisans et producteurs du territoire. Les données sont téléchargeables sous divers formats depuis le site data.visitprovence.com, après acceptation de la licence d'utilisation gratuite. Elles sont régulièrement mises à jour selon une fréquence prédéfinies par Bouches-du-Rhône Tourisme. Deux rubriques présentent sur la page d'accueil les données les plus téléchargées, et une autre met en avant les dernières créations numériques réalisées à partir des jeux de données présentes sur le site.

    2.3 Les publics bénéficiaires

    Le portail data.visitprovence.com concerne dans un premier temps les Offices du tourisme qui alimentent le site web avec leurs données. Celles-ci sont destinées aux développeurs, professionnels du web et toute autre personne présentant un intérêt pour la démarche open data. Les applications mobiles ou sites internet créés à partir de ces données serviront au grand public.

    3- La mise en oeuvre du projet

    3.1 Les étapes de mise en oeuvre

    La mise en place de la plateforme s'est faite sur un temps relativement court :

    • Avril 2011 : début de réflexion sur la mise en place d'un portail open data concernant les données touristiques du département.
    • Septembre 2011 : présentation du projet au CA de Bouches-du-Rhône Tourisme.
    • Décembre 2011 : Lancement de l'appel d'offre pour la réalisation de la plateforme.
    • Avril 2012 : Livraison du site et ouverture au grand public.

    Les jeux de données étant déjà disponibles sur la base de données PATIO, le site data.visitprovence.com a pu être mis en place très rapidement, en quasiment un an. Il a donc « seulement » fallu organiser les données, créer une licence et un site Internet. Bouches-du-Rhône Tourisme a pu s'affranchir de la phase de collecte et de choix des données à faire figurer sur la plateforme. De plus, les acteurs concernés (prestataires de tourisme etc.) avaient déjà acquis la « culture » du partage de la donnée sur la plateforme PATIO. Le basculement vers l'Open Data était donc une évolution logique, qui s'est fait plus simplement et donc rapidement.

    3.2 Les méthodes

    Le comité de pilotage qui a guidé le développement de data.visitprovence.com se compose de trois entités :

    • Le Directeur du Service Communication du Conseil général
    • Le Directeur des Systèmes d'Information du Conseil général
    • La Directrice de Bouches-du-Rhône Tourisme. Les réunions ont eu lieu environ tous les 10 jours. Le comité de pilotage a lancé l'appel d'offre, choisi le prestataire et a reçu les différentes agences pour examiner leurs propositions. Une fois le choix d'elypsia arrêté, le comité de pilotage a travaillé avec lui sur l'ergonomie du site, la certification des données, et la définition du plan de communication à mettre en place. Bouches-du-Rhône Tourisme fonctionne en mode « projet », ainsi se sont plusieurs salariés qui ont été mobilisés en interne pour la mise en place du portail data.visitprovence.com :
    • Le responsable des Systèmes d'Information (Gilles Roland), également en charge du Pôle ressources au sein de Bouches-du-Rhône Tourisme. Il gère le backoffice et les bases de données. Il apporte donc un point de vue plutôt technique au projet.
    • La responsable internet du pôle communication (Carole Amy) : Elle met en place le plan de communication accompagnant le développement du projet, et réalise le site Internet.
    • La community manager (Marie-Laure Wavelet) : elle est responsable de la présence de Bouches-du-Rhône Tourisme sur les médias sociaux. Elle a pour tâche de mettre en avant les actions projets développés et les actions menées et de s'occuper de la campagne de communication sur le web.
      — Ces trois profils différents se complètent et sont indispensables pour la mise en place d'un tel projet.

    3.3 Les moyens techniques

    Le projet n'a pas nécessité la mobilisation de moyens techniques particuliers pour sa réalisation.

    3.4 Les moyens humains

    Aucun salarié n'a été recruté spécifiquement pour le projet data.visitprovence.com. Une chargée de mission web a récemment rejoint l'équipe de Bouches-du-Rhône Tourisme, pour répondre à un besoin ressenti pour la mise en place et la diffusion de nombreux projets proposés par Bouches-du-Rhône Tourisme.

    3.5 La dimension financière

    Le coût de mise en place de la plateforme s'élève à 27 000 euros. Data.visitprovence.com a été entièrement fiancé par Bouches-du-Rhône Tourisme.

    3.6 La communication sur le projet

    Le lancement de data.visitprovence.com est très récent. La diffusion de la plateforme s'est d'abord faite via les experts présents notamment sur le média social Twitter, comme Libertic, Datagouv.fr, Data-publica, Etalab, Regards Citoyens, Marsactu, Le blog des institutionnels, ou encore Opendatafail. Data.visitprovence.com dispose de son propre compte sur Twitter : https://twitter.com/# !/dataprovence. Une conférence de presse aura lieu d'ici le mois de juin organisée avec le Conseil général des Bouches-du-Rhône afin de présenter la plateforme au grand public et aux acteurs du secteur. Bouches-du-Rhône Tourisme va également travailler à l'animation de la plateforme, via la mise en place de challenges, de concours favorisant la création d'applications à partir des données présentes d'ici les mois de juin et juillet. L'association est en veille sur le sujet et publiera des piqûres de rappel régulières sur les réseaux. Data.visitprovence.com nécessite la mise en place d'un plan de communication sur le long terme, permanent et mouvant.

    4- Bilan et perspectives

    4.1 Les éléments de bilan

    4.1.1 Les objectifs réalisés

    Le site internet data.visitprovence.com a été mis en place en une année, regroupant déjà un bon nombre de données (2436 restaurants, 5904 manifestations, 3079 hébergements de nature différentes, 465 artisans, 28 pars de loisirs etc.). Le projet venant d'être lancé, il est un peu tôt pour pouvoir en évaluer le succès. Des études seront réalisées pour en savoir plus sur la fréquentation du site et la réutilisation des données.

    4.1.2 La réponse aux attentes des usagers

    Pour le même raisons que celles citées précédemment, il est pour le moment trop tôt pour recueillir l'avis des usagers sur la question. Des sondages et évaluations seront réalisés dans quelques mois, quand le site aura commencé à vivre, que des applications seront proposées etc.

    4.1.3 Les points forts du projet

    Bouches-du-Rhône Tourisme est le seul organisme institutionnel de promotion touristique ayant mis en place un site Internet où les données sont en libre accès, ce qui laisse le champ libre à la création et à l'inventivité. L'expérience reste ouverte, Bouches-du-Rhône Tourisme ne s'étant pas assis sur des vérités ou certitudes. Elle espère faire naître de nouvelles pratiques et ouvrir la voie à des partenariats inédits ou à des expérimentations innovantes.

    4.1.4 Les points faibles du projet

    Bouches-du-Rhône Tourisme prend des risques importants en étant le premier à avoir lancé un outil comme data.visitprovence.com. La structure ne peut pas s'appuyer sur ce qui a pu déjà se faire en la matière (concernant plus précisément l'open data tourisme) et risque donc de se heurter à quelques réajustements.

    4.1.5 Les perspectives dévolution

    Le site data.visitprovence.com n'en est qu'à ses débuts. Il est prévu d'y intégrer de nouvelles données, issues des nouveaux partenariats pouvant voir le jour, notamment avec le secteur privé. L'équipe de Bouches-du-Rhône Tourisme réfléchit aux animations à mettre en place pour faire vivre la base de données et ainsi favoriser la création d'applications. Elle s'interroge encore sur la forme que cela pourrait prendre, mais sont évoqués l'organisation de workshops, de concours ou de week-ends autour de la création d'applications à partir des données présentes sur data.visitprovence.com. Les données brutes des enquêtes et études menées sur la fréquentation touristique du territoire, sur l'offre d'hébergement et le type de clientèle présente seront bientôt disponibles sur le site.

    4.2 Appréciation du porteur de projet

    1-Appréciation du porteur

    Il s'agit d'un projet remarquable permis dans un premier grâce au changement des mentalités concernant la possession de la donnée. Les partenaires mobilisés sur le projet ont compris l'intérêt de l'ouverture. Notre interlocutrice souligne le fait que le projet est en construction permanente, et que cela le rend d'autant plus passionnant. Dans un contexte de changement de mentalités sur la possession de la donnée, d'ouverture vers des partenariats nouveaux (notamment publics/privés), il est passionnant de voir des métiers et des missions se réinventer.

    2-Conseils aux futurs porteurs de projet similaire

    Notre interlocutrice estime aujourd'hui ne pas avoir un recul suffisant sur le projet pour pouvoir donner des conseils aux futurs porteurs d'initiatives similaires.

    5- Critères d´évaluation

    5.1 Innovation

    Le projet est innovant car il est en construction permanente. Il y a toujours de nouvelles données à intégrer, et des nouvelles applications à développer. L'innovation réside également dans les partenariats Public/Privé qui jusqu'à présent ne concernaient pas beaucoup ce secteur. Les données institutionnelles sont aujourd'hui ouvertes au Privé. On peut alors supposer que celui-ci va confier certaines de ses données à Bouches-du-Rhône Tourisme et permettre ainsi la construction commune de projets innovants. La mise en place de data.visitprovence.com génère de nouvelles façons de travailler et renouvelle les pratiques de gestion des contenus.

    5.2 Impact

    Il n'est pour le moment pas possible d'évaluer les impacts du site sur la filière ou même sur le grand public. Les enquêtes seront réalisées dans les mois à venir. Il s'agira dans un premier temps d'évaluer le nombre de visites du site, la réutilisation des données.

    5.3 Reproductibilité

    Un tel projet est tout à fait reproductible pour un autre organisme institutionnel de promotion touristique, quelque soit le territoire concerné. Il serait même intéressant d'envisager que les données contenues sur les diverses plateformes développées puissent être regroupées sur une base à l'échelon national.

    5.4 Pérennité

    La vitalité et la survie de data.visitprovence.com dépendent de l'intégration de nouvelles données et de leur réutilisation. Si les différents acteurs saisissent l'intérêt et la potentialité d'une telle démarche, Bouches-du-Rhône Tourisme imagine même qu'à terme, elle assurera seulement le backoffice, et que la base sera alimentée par des tiers (privés, publics, chercheurs etc.).

    Dossier de presse

    PDF - 205 ko

    Contacts : Isabelle BREMOND, direction visitprovence.com, Directrice de Bouches-du-Rhône Tourisme | 13 rue Roux de Brignoles 13006 MARSEILLE

    04 91 13 84 13 / info visitprovence.com

    Sites : data.visitprovence.com : open data de Bouches-du-Rhône Tourisme.

    visitprovence.com : site grand public où l'on trouve les infos touristiques du département (hôtels, restos, activités, guide de voyage…)

    visitprovence.org : site professionnel destiné à la presse et aux professionnels du tourisme du département des Bouches-du-Rhône.

    Liens vers d autres Initiatives :

    Open data en Saône-et-Loire : Monographie présentant la plateforme Open Data du Conseil général de Saône-et-Loire

    Datalocale.fr : Monographie présentant la plateforme Open Data de l'Aquitaine et de la Gironde


OUI Observatoire des usages de l’Internet

site de l’internet équitable, c’est à dire concernant des usages de l’internet vecteurs d’une société plus équitable
  • MOUSTIC Acte III Compte rendu audio

    Décembre 2009
    Moustic est l'acronyme de Mise en Oeuvre d'USages non marchands des TIC. En 2008, nous avons étudié 6 projets. Ils ont donné lieu à des discussions sur les thèmes Gouvernance et Economie dans les projets TIC non marchand.

    Pour en savoir plus sur les enregistrements, nous vous conseillons de lire le document information-complémentaire.webdoc

    Bonne écoute !


Paralipomènes

L’actualité du droit d’auteur, de la protection de la vie privée, de l’accès à l’information et de la liberté d’expression à partir d’ vie privée, de l’accès à l’information et de la liberté d’expression

Participation-brest

Initié par la ville de Brest, Participation-Brest est un outil ouvert d’information, d’échanges et de débat sur la vie dans la cité.

Penser avec l’internet (Hervé Le Crosnier)

Penser avec l'internet (Hervé Le Crosnier) Décrypter, Construire l'égalité, Gérer les biens communs licence CC by nc

S.I.Lex

Regard d'un bibliothécaire sur le droit d'auteur, le droit de l'information, le droit de l'internet et des nouvelles technologies, le droit de la culture, les libertés numériques et bien plus encore ! contact : calimaq at gmail.com licence CC by
  • Ce que le numérique fait au livre (Interview)

    https://1.gravatar.com/avatar/186aa619cd8cb3ec66cd2b19722ce8d7?s=96&d=identicon http://scinfolex.files.wordpress.com/2013/04/2146000133_9af325f7c7_z.jpg http://farm4.staticflickr.com/3664/3438833245_1937dfa361_z.jpg http://farm3.staticflickr.com/2093/2318656532_670eb58b26_z.jpg
    18 mai

    Il y a quelques semaines, Alexis Lhour, étudiant en double cursus ITESCIA / Paris 6, m’a posé une série de questions, en vue d’un mémoire qu’il prépare sur les aspects juridiques du livre numérique.

    La discussion passe en revue des sujets comme la nature juridique du livre numérique, l’affaire ReLIRE, Google Books, le crowdfunding, le prix unique du livre numérique, la notion d’exception culturelle.

    Avec son accord, je publie les réponses sur S.I.Lex sous la forme d’un billet.

    Ecrans infinis. Par fdecomite. CC-BY. Source : Flickr

    Ecrans infinis. Par fdecomite. CC-BY. Source : Flickr

    Si on considère que le livre est un médium unique, et que ses versions papier ou numérique sont justes des supports différents, le lecteur ne devrait-il pas justement jouir des mêmes droits lorsqu’il achète un livre numérique sur une plateforme ou sa version papier en librairie – je pense notamment à la différence entre droit de propriété et droit d’usage ?

    On pourrait raisonner ainsi, mais en réalité, juridiquement, le livre numérique et le livre papier sont considérés comme des modes d’exploitation différents d’une même œuvre. Il y a une séparation juridique très nette qui se manifeste notamment dans les contrats d’édition. Quand un auteur cède ses droits pour une exploitation papier, il n’est pas réputé les avoir cédés pour une exploitation numérique et les juges maintiennent une distinction très nette entre les modes d’exploitation. Donc même si c’est le même medium (ou plutôt la même oeuvre), comme vous le dites dans la question, le droit déjà à la base fait une distinction assez nette entre le livre papier et le livre numérique.

    Le problème que vous soulignez, en termes de conséquences pour le lecteur, c’est que les usages des deux supports ne sont pas du tout régis de la même façon. Quand vous achetez un livre papier, vous avez la possession pleine et entière du support physique. Il y a un mécanisme qui joue, appelé l’épuisement du droit d’auteur, qui fait que certaines restrictions disparaissent après la première vente du support. Quand vous achetez un livre papier, vous avez le droit de le prêter, de le donner, de le revendre, de faire tout un tas d’actes qui sont complètement libres et vous bénéficiez de la propriété du support. Par contre, vous ne pouvez pas copier le texte lui-même et le rediffuser : le droit d’auteur reste applicable à ce niveau là, parce que ces actions touchent à l’oeuvre incorporelle que le support papier véhicule. 

    Ce qui se passe avec le numérique, c’est que, jusqu’à présent, le mécanisme d’épuisement des droits n’a pas été étendu à l’environnement digital, et c’est à ce niveau qu’un problème se pose pour l’utilisateur.. On vient d’ailleurs d’en avoir confirmation aux États-Unis avec un procès très important, impliquant la plateforme ReDigi. Ce site proposait d’organiser un système de vente d’occasion de fichiers MP3, et les juges ont considéré que l’équivalent de notre épuisement des droits aux États-Unis (la First Sale Doctrine) n’était pas applicable à ce type d’actes. Comme les droits du lecteur ne passent pas par la possession du fichier, ils sont liés à un contrat, une licence attachée à l’œuvre numérique et ce procédé fragilise énormément les droits de l’usager. Des actes comme le prêt, la revente, et la circulation de l’œuvre sont régis par cette licence. Et ça peut aller même assez loin, puisqu’on on a vu qu’Amazon s’était arrogé le droit de supprimer des livres numériques à distance à distance, alors qu’ils avaient été légitimement achetés par des utilisateurs de Kindle.

    Alors du coup, pour revenir à votre question, je pense que les droits des lecteurs devraient être davantage garantis, mais ce n’est pas simple à mettre en place juridiquement. Parce que si l’on étend l’épuisement des droits à l’environnement numérique, la conséquence c’est que les utilisateurs vont pouvoir faire circuler les fichiers, au moins dans le cadre d’échanges non-marchands. Et ça, évidemment, les titulaires de droits ne le veulent pas, parce que cela revient à légaliser le partage et à bouleverser en profondeur la distribution du livre numérique.

    Pour consacrer avec davantage de force les droits des lecteurs, je vois deux autres solutions :

    On peut agir sur le plan du droit commercial. Certains fournisseurs de contenus ont déjà été accusés d’abuser de la distinction entre la vente et la location. Si les plateformes indiquent aux consommateurs qu’il y a bien une vente, cela implique la reconnaissance de certains droits sur les contenus et notamment une véritable forme de propriété. L’exemple que l’on peut citer, c’est celui de Steam, une plateforme de vente de jeux vidéo, qui a subitement changé ses conditions d’utilisation en exigeant que les consommateurs approuvent les nouvelles conditions d’utilisation, sous peine de perdre tous les jeux qu’ils avaient achetés. Ce genre de pratiques pourrait être attaqué en justice, en faisant valoir que s’il y a bien eu vente des fichiers et pas simplement location, on ne peut pas en priver les consommateurs, sur la base de simples CGU à valeur contractuelle.

    L’autre solution, c’est celle que préconise La Quadrature du Net concernant la légalisation du partage. Leur programme de réforme positive du droit d’auteur préconise de transposer l’épuisement des droits à l’environnement numérique, mais uniquement limitée aux échanges non-marchands. Du point de vue des droits des lecteurs, une telle réforme aurait pour avantage de leur garantir une propriété sur les fichiers, avec la possibilité de les partager, ce qui est infiniment préférable du point de vue de l’usager que les oeuvres protégées par des verrous numériques (DRM) ou des modes de consultation comme le streaming.

    Sustainabilitist Graphic Design. Par bjornmeansbear. CC-BY-SA. Source : Flickr.

    Le projet ReLIRE de numérisation des livres indisponibles est souvent comparé à Google Books. En quoi peut-on rapprocher ou différencier les deux projets ? Et, finalement, est-ce que ReLIRE n’est pas plus désavantageux pour les auteurs puisqu’aucun accord n’est conclu avec eux ?

    Ce n’est pas une question facile, parce qu’il y a beaucoup de points de ressemblance et de divergence entre les deux projets. La différence majeure, c’est que le règlement Google Books était un accord privé qui avait été conclu entre Google et les représentants des éditeurs et des auteurs américains. C’était un arrangement entre parties privées, qui avaient cherché une validation par la justice américaine. Ce n’est pas la même chose pour ReLIRE, parce qu’une loi a été votée à propos de la numérisation des livres indisponibles en mars 2012. Il y a donc une différence fondamentale de fondement juridique.

    Ensuite, au niveau des ressemblances, la plus flagrante, c’est l’opt-out (procédé par lequel l’auteur d’une œuvre intégrée d’office à un système, signifie formellement sa volonté d’en être retiré, ndlr). Les instigateurs de ce projet ont mis en place un opt-out pour ReLIRE comme l’avait fait Google. Il y a ue différence, dans la mesure où Google numérisait d’abord les livres et ne permettait qu’ensuite aux titulaires de droits de se retirer. Avec ReLIRE, les auteurs et les éditeurs sont invités invitent à se manifester pendant six mois et les ouvrages ne numériseront qu’après, s’ils n’ont pas été retirés de la base.

    Mais d’autres similarités importantes sont repérables entre Google Books et le projet français. ReLIRE par exemple englobe les œuvres orphelines, c’est-à-dire les « [...] œuvres dont le titulaire des droits ne peut pas être identifié ou retrouvé, malgré des recherches diligentes, avérées et sérieuses ». (Art. L. 113-10 du code de la propriété intellectuelle, ndlr). On a beaucoup critiqué le fait que les oeuvres orphelines avaient été laissées dans Google Books. Or, par définition, quand une œuvre est orpheline, personne ne peut venir effectuer l’opt-out. Le système permettait à Google d’empocher les droits sur les orphelines automatiquement et c’est une des raisons qui a fait que la justice américaine a rejeté le Règlement. L’autre critique adressée à Google,  c’est qu’on a reproché à un acteur privé, par un simple contrat, de régler une question aussi importante, alors que le sort des oeuvres orphelines auraient dû être réglé par la loi. Or en France, c’est bien la loi qui est intervenue, mais on n’a pas fait autrement que l’avait fait Google : la loi n’a pas vraiment distingué le problème des oeuvres orphelines qui étaient contenus au sein du corpus des indisponibles. Les droits afférents vont donc passer automatiquement à la société de gestion collective.

    Au niveau des différences majeures que l’on peut relever, il n’y avait pas dans Google Books ce déséquilibre entre les auteurs et les éditeurs que l’on retrouve dans ReLIRE et qui a provoqué la réaction de certains groupes d’autreurs comme le Droit du Serf. Durant les six premiers mois, si l’auteur réagit, il peut sortir assez facilement du système. Mais s’il laisse passer ce délai, cela devient vraiment compliqué pour l’auteur, parce qu’il faut qu’il amène la preuve détient bien les droits numériques sur son oeuvre. Or une telle preuve est difficile à établir, notamment lorsque les clauses des contrats d’édition sont floues. Dans le projet Google Books, malgré les critiques qu’on a pu lui adresser, il n’y avait pas ce déséquilibre patent qu’on retrouve dans la loi sur les indisponibles à plusieurs endroits en faveur des éditeurs

    Toujours concernant ReLIRE, j’ai été interpelé par un commentaire de votre article dans lequel un écrivain trouvait le projet intéressant, mais qu’un de ses ouvrages, qui figure dans la liste, lui posait question. Il s’agit d’un ouvrage en science humaines pour lequel il se demande l’intérêt qu’il y a à le republier sans effectuer un travail de remise en contexte, de réactualisation, d’expliquer au moins dans une préface ce qui a pu être apporté depuis par lui ou par d’autres sur le sujet abordé.

    C’est une des grosses difficultés. D’ailleurs, les réactions de plusieurs auteurs qui figuraient dans le registre ont été intéressantes, parce qu’on a pu se rendre que  pour toute une frange d’auteurs, cela pose vraiment un problème que des ouvrages anciens, qui ne correspondent plus à ce qu’ils veulent, soit republiés en l’état. Cela touche à ce que l’on appelle le droit moral. Normalement, l’auteur bénéficie à ce titre du droit de divulgation : il est le seul qui peut décider si son œuvre doit être publiée ou non. Il a en outre le droit de choisir la forme de la publication, et notamment si son œuvre doit être sous forme numérique ou non.

    Et là, on constate qu’un certain nombre d’auteurs avaient le projet de rééditer leurs œuvres par eux-mêmes ou avec un éditeur et ils sont furieux de voir que les ouvrages vont pouvoir être réédités en dehors de leur volontés. Ceux qui le souhaitent peuvent se retirer du système ReLIRE: ils ont six mois pour se retirer et, même après au-delà de ces premiers six mois, s’ils estiment que l’ouvrage porte atteinte à leur honneur ou à leur considération, ils pourront aussi se retirer en faisant valoir leur droit moral, même si les termes de la loi sont assez flous à ce sujet.

    Oui c’est intéressant je n’avais pas forcément pensé à ça. On pense bien sûr au contenu quand on pense publication, mais là il y a le droit moral sur la forme que veux privilégier l’auteur qui est aussi important.

    Oui, en droit français, le droit moral est une notion très forte. L’éditeur, après avoir signé un contrat d’édition, travaille avec l’auteur et avant la publication, il est tenu d’envoyer à l’auteur ce qu’on appelle un bon à tirer, par lequel il lui demande de faire un dernier examen et de lui certifier qu’il est d’accord avec la forme donnée l’ouvrage. L’auteur doit donner explicitement son accord et c’est à ce moment là seulement que l’éditeur peut publier le livre. Cet acte là est très important, parce que c’est le moment ou l’auteur arrête la forme de l’ouvrage en exerçant son droit moral. Après ça, l’éditeur n’a plus le droit de toucher à la forme du livre. Avec ReLIRE, on ne sait même pas quelle forme exactement va la numérisation et la publication des ouvrages et c’est ce qui inquiète bon nombre d’auteurs. 

    L’hypothèse la plus probable, c’est qu’ils scannent les ouvrages et qu’ils n’en fassent pas grand-chose de plus que ce qu’on appelle des livres homothétiques, c’est-à-dire des reproductions à l’identique. Mais le numérique permet quand même parfois de faire des choses plus en profondeur.

    Il y a d’autres paramètres à propos desquels on sait peu de choses. Par exemple, est-ce que le livre va être vendu seul ou est-ce qu’il va être vendu dans un bouquet ? Normalement, l’auteur a un son mot à dire là-dessus. Ces incertitudes peuvent donc expliquer ces réactions d’auteurs qui sont en désaccord avec ReLIRE.

    Mais donc pour les auteurs étrangers qui ont publié en France, ça va être d’autant plus compliqué, non ?

    Alors ça, je pense que ça va être le gros sujet des semaines à venir. C’était aussi une chose qu’on avait beaucoup reproché à Google. Il y a eu plusieurs versions de son Règlement et dans la première version, bien que l’accord ait été passé entre Google et les titulaires de droits américains, il prévoyait également de s’appliquer au reste du monde. Tous les livres étaient concernés par l’accord Google et un grand nombre d’Etats avaient protesté en disant qu’ils ne voyaient pas comment un simple contrat américain allait pouvoir régler le sort de tous les livres de la planète. Google avait été obligé là aussi de revenir en arrière en limitant la portée internationale du Règlement.

    Or dans la Loi (du 1er mars 2012, ndlr), j’avais été vraiment surpris de voir que cette question des ouvrages étrangers n’avait pas été vraiment évacuée. La loi précise seulement qu’elle s’applique aux seuls livres publiés en France. C’est vrai que c’est déjà une garantie,  mais ça laisse dans le dispositif les livres en langue étrangère publiés en France (peu nombreux) mais surtout, le problème des traductions d’auteurs étrangers. Des articles paraissent qui montrent que des auteurs étrangers importants figurent dans ReLIRE et commencent à réagir, notamment des auteurs de science-fiction, Neil Gaiman, Ursula Le Guin – qui était une farouche opposante au projet Google –, Philip K. Dick. On verra ce qu’en pense la société américaine des auteurs de science-fiction qui est un gros syndicat d’auteurs américains. Et je ne serai pas étonné qu’il y ait une intervention assez rapide des auteurs américains, qui pourraient tout à fait engager une action en justice. Alors là, ce serait énorme… [update : depuis que nous avons eu cet entretien, la Science Fiction Writers Association a réagi pour mettre en garde ses membres contre ReLIRE, avec des mots très durs].

    Ça médiatiserait largement l’affaire en tout cas.

    L’état français se retrouverait attaqué aux États-Unis comme Google s’était fait attaqué en France.

    Ça ferait un effet miroir.

    Ce serait assez dantesque.

    Car j’ai oublié de vous dire une chose importante à propos du règlement Google Books. Aux États-Unis le juge a indiqué à Google que son Règlement pourrait recevoir un accueil favorable, mais à condition seulement de repasser à l’opt-in – l’auteur et l’éditeur doivent accepter formellement d’entrer dans le système – et, quand Google a signé des accords avec des éditeurs français (Hachette, La Martinière), les éditeurs français n’ont accepté qu’à la condition de s’en tenir à l’opt-in. C’est donc très paradoxal de voir que Google va devoir respecter l’opt-in, alors que la loi française, réputée protectrice des auteurs, a introduit un système d’opt-out. C’est très bizarre.

    On voit dans les commentaires que c’est un point clé.

    Oui c’est un point clé. Si jamais les pouvoirs publics voulaient désamorcer la crise qui se dessine, ils mettraient en place un opt-in et je pense que cela règlerait une grande partie du problème.

    Oui donc, il y a une possible attaque en justice des auteurs américains, il y a aussi la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) qui est envisagée, je crois, en France. Enfin, d’un point de vue médiatique, ils n’y auraient pas intérêt.

    Non, ils n’y ont pas intérêt, mais cette QPC qui pourrait être déposée par des auteurs est loin d’être gagnée d’avance, parce que le recours s’annonce compliqué. Il va falloir réussir à saisir le Conseil constitutionnel en passant par le Conseil d’État pour invoquer la Convention de Berne. En terme de procédure, c’est très complexe et surtout, sur le fond, il n’est pas certain que le Conseil constitutionnel annule la loi, même si on peut penser que des principes importants n’ont pas été respectés [Update : depuis, le Droit du Serf a effectivement intenté un recours contre le dispositif ReLIRE devant le Conseil d'Etat, sur la base d'arguments solides].

    Pourtant il y aurait un vrai intérêt à ce que cette loi soit modifiée, sans pour autant que tout le projet s’effondre. Parce qu’une des différences majeures avec Google Books,  c’est qu’il y a de l’argent public en jeu, via les Investissements d’Avenir, dans le projet français, alors que la numérisation était financée uniquement avec les fonds de Google aux Etats-Unis. Si tout s’effondre, cet argent public sera perdu pour tout le monde. Et je ne sais pas s’il y aura beaucoup d’autres occasions de mobiliser de l’argent public sur ce genre de corpus. Mais ce n’est pas une raison pour procéder en bafouant les droit des auteurs et des lecteurs.

    dokładniej mi się nie chciało. Par skoczek. CC-BY-NC-ND. Source : Flickr.

    Sur les modèles alternatifs aux droits d’auteurs (licence libre, crowdfunding) j’avais trouvé très intéressant ce que vous disiez pendant l’entretien réalisé pour Le Vinvinteur3 où vous releviez qu’un nouveau métier pourrait apparaître ou que le métier d’éditeur pourrait évoluer sous l’ère du numérique dans le sens d’un intermédiaire capable de faire, pour l’auteur, tout le travail de recherche de fonds, d’aide à l’utilisation de ces modèles alternatifs.

    Je pense en effet qu’il y a plusieurs créneaux qui s’ouvrent pour de nouveaux types d’intermédiaires dans le paysage numérique. Le crowdfunding représente vraiment une occasion à saisir pour les auteurs. Il y a quelques exemples qui existent, comme Unglue it aux États-Unis. Ce n’est pas un projet éditorial au sens propre du terme, parce qu’ils proposent de numériser des livres qui existent déjà en papier, en demandant aux auteurs et aux éditeurs de faire passer l’oeuvre sous licence libre en contrepartie du versement d’un somme d’argent versée par le public. C’est donc une sorte de projet ReLIRE, mais qui utilise une combinaison de crowdfunding et de licence Creative Commons. Le modèle est intéressant, même si ses progrès sont assez lents. 

    Un des points sur lequel les éditeurs peuvent se positionner, c’est celui de l’ animation de communautés. Une partie des auteurs n’a ni le temps, ni les capacités d’avoir une présence en ligne, de développer une identité numérique, d’entretenir  une relation avec le public. L’éditeur peut prendre en chargeb

    Pour l’instant on a peu d’exemples. On a des exemples d’auteurs qui vont, seuls, faire du crowdfunding, et parfois ça marche très bien. Je regarde Kickstarter et on y trouve de beaux projets en matière de publication, avec ou sans licence libre. Mais il n’y a pas encore ce rôle de l’intermédiaire qui aide l’auteur. Or les plateformes de crowdfunding sont passives, elles n’ont pas vraiment un rôle actif, il s’agit juste une infrastructure.

    Par contre, je pense que ces intermédiaires là ne pourront pas avoir le statut d’éditeur à 100% parce que, normalement, l’éditeur est celui qui prend le risque financier pour créer une œuvre. Si c’est le public qui finance en amont, le risque financier n’est plus pris par "l’éditeur" et l’intermédiaire ne pourra plus revendiquer ce titre, ni les cessions de droits très larges qui l’accompagne traditionnellement.

    Oui donc il y a un titre à trouver, mais il y a quelques précurseurs qui jouent ce rôle, et il y a une place à prendre.

    Oui et c’est important de prendre cette place parce qu’on se rend compte que les Amazon, Apple, et Cie peuvent très bien la prendre. Ils fournissent les outils d’édition, iAuthor ou les outils d’Amazon ; ils fournissent aussi la plateforme pour faire de l’auto-publication et cela peut conduire à déséquilibrer l’écosystème. Il vaudrait mieux qu’il y ait des alternatives sous forme d’intermédiaires plus petits, mais peut-être plus proches des auteurs et moins à même de développer des stratégies d’intégration verticale.

    Pour finir, j’ai une question d’ordre plus général sur l’exception culturelle française. Si on considère que la Loi Lang, sur le prix unique du livre, a constitué un succès parce qu’elle a permis que soit conservé, en France, un maillage de librairies, quel pourrait être le levier, si ce n’est le prix, sur lequel pourrait s’appuyer un futur dispositif législatif sur le livre numérique d’un impact comparable ?

    Il y aurait bien des choses à dire sur la loi sur le prix unique du livre numérique… parce que la manière dont ça a été mis en place a été assez spéciale. Évidemment à première vue, elle joue un rôle protecteur, en évitant que des acteurs comme Amazon, Apple ou Google puissent d’un seul coup prendre une trop forte importance. Mais cela a aussi permis aux éditeurs français de maintenir des prix très élevés sur les livres numériques qui maintiennent un état de pénurie organisée, tout en pénalisant fortement les éditeurs "équitables" plus modestes.

    Mais si le véritable objectif était de réguler les gros acteurs du web, comme Amazon, Google ou Apple, l’approche en terme "d’exception culturelle" n’est pas du tout suffisante, ni même adpatée.

    Il faudrait être en mesure d’avoir une approche beaucoup plus globale, qui engloberait par exemple la réforme de la fiscalité du numérique. Le fait est qu’Amazon, Apple et Google sont en mesure de faire de l’évasion fiscale à très haut niveau, en s’implantant dans les pays européens où les seuils d’imposition sont les moins élevées, le Luxembourg ou l’Irlande, et ça, c’est un énorme problème. Pour réguler ce type d’acteurs là, il serait bien plus efficace d’agir pour empêcher l’optimisation fiscale que de s’en tenir à l’exception culturelle.

    Il y aussi la question des données personnelles qui ouvre une piste vraiment intéressante.

    Le récent rapport Colin et Collin sur la fiscalité du numérique envisage que l’on pourrait taxer plus fortement les gros acteurs qui exploitent les données personnelles des internautes. La proposition est intéressante, car tout en dégageant de nouvelles sources de revenus, elle pourrait avoir un effet régulateur global sur l’écosystème numérique. L’exception culturelle, finalement, n’est plus qu’un point mineur dans le débat, parce que c’est pas du tout la même chose de vouloir réguler les supermarchés ou la Fnac (ce qu’avait permis, en grossissant le trait, la Loi Lang sur le prix unique du livre, ndlr) par rapport à un Google, un Apple ou un Amazon, beaucoup plus difficiles à atteindre.

    1 Lionel MAUREL. « De la loi sur les indisponibles au registre ReLIRE : la blessure, l’insulte et la réaction en marche ». :: S.I.Lex ::, 24 mars 2013. Adresse : http://minu.me/8qzl.

    2 MAUREL, Lionel. « Réponses à François Gèze, membre du conseil scientifique du registre ReLIRE». :: S.I.Lex ::, 4 avril 2013. Adresse : http://minu.me/8r0q.

    3 Le Gros t’Chat – @Calimaq, version longue de l’entretien réalisé pour l’émission Le Vinvinteur n°13 diffusée sur France 5 le 27 janvier 2013. Adresse : http://minu.me/8r10.


    Classé dans:Edition numérique, aspects juridiques Tagged: Amazon, Apple, crowdfunding, eBooks, exception culturelle, Google, oeuvres indisponibles, prix unique
  • Le mirage de l’offre "légale" et ce qu’il nous coûte

    http://1.gravatar.com/avatar/186aa619cd8cb3ec66cd2b19722ce8d7?s=96&d=identicon http://media.tumblr.com/6b93de2ead69daf708d238cd0dafb4d5/tumblr_inline_mlra43GPbh1qz4rgp.jpg http://media.tumblr.com/6adb31b084ae8537d7e1a365f37b5fb1/tumblr_inline_mlrasiPtuN1qz4rgp.jpg
    12 mai

    Après plus de neuf mois de travail, la mission Lescure rendra donc son rapport demain. On sait déjà que les 75 propositions qu’il comporte ne contiendront rien de "fondamentalement révolutionnaire". D’après les déclarations de Pierre Lescure, il faut comprendre que la mission ne préconisera pas de légalisation des échanges non marchands, pour s’en tenir à une optique de répression de ces pratiques (même si Hadopi disparaît et que la coupure de l’accès Internet se transforme en amende), ainsi qu’à une promotion de "l’offre légale" de contenus.

    Pour patienter, avant de pouvoir plonger dans le rapport Lescure demain, je vous soumets quelques réflexions critiques sur le concept "d’offre légale", que j’avais initialement publiées sur les Eclats de S.I.Lex dans une forme moins étoffée.

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    Hadopi 2011. Par Christopher Dombres. CC-BY. Source : Flickr

    Il y a un autre rapport qui est sorti il y a quelques semaines et qui mérite d’être lu attentivement avant d’examiner les propositions de la mission Lescure. La mission d’information sur les conditions d’emploi dans les milieux artistiques a en effet remis fin avril un rapport parlementaire qui contient une critique assez radicale du concept même "d’offre légale". Cette mission indique que l’offre légale est selon elle "non-viable" au vu des faibles revenus dégagés par les solutions expérimentées jusqu’à présent. Tirant les conclusions de cet échec, le rapport préconise la mise en place d’une licence globale, comme piste de rémunération pour la création.

    La mission Lescure de son côté a balayé les solutions de type licence globale ou contribution créative d’un revers de main :

    Une licence globale ou une contribution créative fait l’objet d’un rejet assez général, à quelques exceptions près" était-il précisé. Le sort de la licence globale semble donc d’ores et déjà scellé, surtout que la mission ajoute que cela reviendrait à déconnecter paiement et usage, ce qui est considéré comme "inefficace économiquement" mais aussi "injuste socialement".

    Ce "rejet assez général" doit être nuancé, car la légalisation de certains échanges non marchands couplée à des solutions de financement de type licence globale  ou contribution créative, a été soutenue devant la mission Lescure par SavoirsCom1, mais aussi par des titulaires de droits, comme les interprètes de la SPEDIDAM ou les photographes de l’UPP.

    On rejette ces formes de financement mutualisé de la création, au motif qu’elles seraient "inefficaces économiquement". Mais le concept d’offre légale, non content de n’avoir pas permis de trouver une solution à la question de la rémunération de la création, s’est jusqu’à présent avéré dangereux, car il a conduit au renfoncement de nouveaux intermédiaires, comme Apple ou Amazon, dont la croissance incontrôlée se retourne à présent contre les filières culturelles.

    Ces entreprises ont en effet bâti leurs empires sur l’emploi de DRM ou de systèmes d’intégration verticale, qui sont la contrepartie quasi mécanique du concept "d’offre légale". Présentés comme des dispositifs permettant de lutter contre le piratage, ces moyens de contrôle des contenus ont surtout eu pour but de renforcer l’emprise de ces géants. L’écosystème d’Apple est savamment verrouillé, tout comme celui d’Amazon et les "jardins fermés" qu’ils ont mis en place se sont avérés de redoutables pièges pour tous les autres acteurs de l’écosystème de la création.

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    Par ailleurs, toute forme d’offre légale tend à se transformer au fil du temps en une "licence globale privée", comme on le voit avec les formules d’abonnement illimité financées par de la publicité. Voyez par exemple cette excellente analyse par Philippe Axel :

    L’abonnement illimité est une forme de licence globale, mise en place par les acteurs les plus puissants du marché, à leur seul profit, et dont très peu de responsables de cette filière, très étrangement, ne contestent les modes de redistribution des recettes en fonction des usages aux créateurs, alors qu’ils expliquent par ailleurs que ce serait impossible à accomplir dans le cadre d’une contribution globale dans l’abonnement Internet. Ce modèle va de pair avec une logique de marketing ciblé et donc d’espionnage à grande échelle de nos moeurs culturelles. Et il va de pair aussi, avec l’interdiction des échanges non marchands ; et donc une surveillance et une répression de ces usages sans quoi rien ne sera possible, que ce soit par une Hadopi ou directement par le juge.

    Une licence globale "publique", décidée et organisée par le législateur, serait infiniment préférable à ces licences globales "déguisées" qui se cachent derrière certaines offres légales. Le modèle de la contribution créative, qui est défendu notamment par La Quadrature du Net, a affiné les propositions de la licence globale et gommé plusieurs des risques possibles de dérives. En prenant en compte la création dans son ensemble, jusque dans les productions des amateurs qui foisonnent sur la Toile, elle constitue une solution bien mieux adaptée aux évolutions induites par le numérique, justement parce qu’elle ne s’appuie pas sur la distinction entre le légal et l’illégal :

    Ces propositions reposent sur la reconnaissance de droits culturels fondamentaux des individus et – attentives aux fonctions éditoriales à valeur ajoutée – prennent en compte les vrais défis de l’ère numérique : ceux de la multiplicité des contributeurs et des œuvres d’intérêt.

    Pierre Lescure s’est fendu la semaine dernière d’une sortie dans laquelle il semble dire que tout modèle alternatif à l’offre "légale" revient à prôner un accès gratuit aux contenus culturels :

    "Il faut que l’accès soit facile, possible, pour tous. Mais la gratuité absolue est contre nature", assure Pierre Lescure. "Plus on va dans la rareté, dans le service rendu, dans la délivrance de quelque chose qui a représenté un travail et qui ne trouve pas son pareil ailleurs, plus cela a un coût. On ne mange pas gratuitement au restaurant."

    Mais un modèle comme celui de la contribution créative n’est justement pas un modèle de gratuité absolue, puisqu’il implique que les internautes paient un surcoût mensuel à leur connexion Internet pour contribuer au financement de la création. J’avais d’ailleurs eu l’occasion dans un billet précédent de critiquer l’idée de gratuité :

    Le système de la contribution créative consacre une liberté d’échanger la culture et permet de récompenser les créateurs, en fonction du nombre de partages de leurs oeuvres, en leur reversant une part des sommes collectées à partir du surcoût à l’abonnement Internet. L’échange est alors libre tant qu’il s’effectue dans un cadre non commercial, mais même s’il n’est pas payant à l’acte, il n’est pas gratuit, puisque l’internaute doit s’acquitter de ce prélèvement mensuel.

    Vous pourriez préférer, générations futures, continuer à accéder illégalement aux oeuvres, sans avoir rien à payer pour cela. Mais vous devez prendre en considération que cette gratuité a un coût, pour chacun de vous et pour la société toute entière.

    Car pour lutter contre le partage des oeuvres, le législateur s’est engagé dans une spirale répressive, qui augmente sans cesse le niveau de la violence d’Etat et fait peser une grave menace sur nos libertés et sur l’intégrité d’Internet [...]

    Cette fuite en avant du droit et ces agressions continuelles contre les libertés sont le prix à payer de la gratuité, pour nous et pour les générations futures.

    Si l’on veut que le partage devienne un droit reconnu et consacré par la loi, alors il faut être prêt à en payer le prix, qui est celui de la contribution créative. Pour les individus, c’est une somme modeste de quelques euros par mois ; pour les créateurs, c’est une nouvelle manne de plusieurs centaines de millions par an. Pour la société toute entière, c’est le prix d’une paix retrouvée.

    Les projections faites par Philippe Aigrain montrent qu’une contribution créative de l’ordre de 5 euros par mois pourrait générer plus d’un milliard d’euros de recettes par an. Depuis maintenant plus de 7 ans (débat sur la DADVSI) que l’on débat en France de l’introduction des financements mutualisés, cela signifie que les filières culturelles sont passées à côté d’environ 7 milliards de revenus.  Quelle mystérieuse "offre légale" aurait permis d’atteindre de tels montants ? Et quel est le prix pour la société de la violence légale qu’il aura fallu déployer au nom de ce concept brumeux ?

    Ajoutons de surcroît que les titulaires de droits eux-mêmes commencent à se détourner du concept d’offre légale, dès lors qu’un acteur s’avère capable de monétiser les échanges illégaux. C’est le cas par exemple de Google qui parvient à générer des revenus à partir de Youtube et à offrir un système de filtrage aux titulaires de droits (ContentID), par lequel ils acceptent de laisser leurs contenus circuler sur la plateforme, en échange d’une redistribution des recettes publicitaires. Il ne s’agit rien de moins que d’une licence globale privée et la SACEM, par exemple, approuve ce dispositif qui n’a plus rien à voir en réalité avec une "offre légale".

    "L’offre légale" en réalité est un mirage, dont la fonction première n’est pas économique. Elle a toujours échoué à dégager une rémunération satisfaisante pour les créateurs. Les véritables pistes de financement qui s’ouvrent aujourd’hui, notamment dans le secteur de la musique, sont d’une toute autre nature.

    La fonction réelle du concept "d’offre légale" est d’ordre symbolique et il faut aller la chercher en creux. Le label PUR d’Hadopi, par exemple, dérisoire tentative d’étiquetage d’Internet, sert surtout à taxer d’imPUR tout ce qui ne porte pas cette marque. Parler d’offre "légale" sert en définitive à jeter l’opprobre et à rejeter dans l’illégalité des pratiques de partage que la société elle-même ne condamne plus.

    Extrait de la dernière étude qualitative du M@rsouin :

    « Si le téléchargement est bel et bien perçu comme illégal, il n’y a pourtant pas d’identification de l’acte comme infraction – activité criminelle, vol, hors la loi -, car il n’est pas étiqueté comme déviant par l’entourage ou les proches ou dans un contexte social plus vaste. »

    On ne pourra pas repenser en profondeur la question du droit d"auteur et du financement de la création tant qu’on n’aura renoncé au mirage de l’offre légale.


    Classé dans:Modèles économiques/Modèles juridiques Tagged: exception culturelle, Hadopi, licence globale, Mission Lescure, offre légale
  • Le Nyan Cat appartient au public : un mème n’est pas une marque !

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    9 mai

    Les noms de Charlie Schmidt et Orlando Torres ne vous disent sans doute rien, mais ces personnes sont à l’origine de deux des mèmes les plus célèbres de l’histoire d’Internet, à savoir le Keyboard Cat et le Nyan Cat. Ils ont attaqué en justice la semaine dernière Warner Bros et 5th Cell pour avoir fait apparaître leurs créations comme des personnages dans le jeu vidéo Scribblenauts.

    L’auteur du Nyan Cat explique sa décision par le fait qu’il n’est pas d’accord avec l’usage commercial qui a été fait de sa création :

    Je n’ai jamais tenté d’empêcher les gens de faire des créations qui contribuent artistiquement et ne sont pas à but lucratif. Mais il s’agit d’un usage commercial, et ces entreprises elles-mêmes sont les protectrices de leur propre propriété intellectuelle

    Les deux plaignants ont en effet enregistré des copyrights et des marques sur le Nyan Cat et le Keyboard Cat, qu’ils comparent avec le logo de Warner Bros :

    Le logo Warner Bros est aussi un mème, même s’il ne s’agit que de deux lettres à l’intérieur d’un bouclier. Bien sûr WB emploie des armées d’avocats spécialisés dans le copyright et les marques pour protéger sa propriété intellectuelle, y compris son logo.

    Tout ceci pourrait paraître logique, et le juriste Jonathan Bailey explique sur son site que ces plaintes montrent que les mèmes sont des créations comme les autres. Mais il y a quelque chose qui ne va pas dans ce raisonnement et appliquer les principes classiques de la propriété intellectuelle à un phénomène comme les mèmes pose même un GROS problème, comme le démontre très bien le site Techdirt :

    Ce qui définit un mème est la transmission de personne en personne. Le mot a été forgé par Richard Dawkins, qui voulait faire une analogie avec la propagation biologique par "l’imitation". Et cet élément crucial – la transmission par le passage de personne en personne – est justement passé sous silence dans la définition que donne l’avocat de ces deux "créateurs" de mèmes, qui vont jusqu’à soutenir que le logo de Warner Bros est lui-même un mème. Mais ce n’est est pas un. Il ne gagne pas de signification culturelle en passant de personne en personne.

    Et ce point est décisif dans cette affaire. La signification culturelle du Nyan Cat et du Keybopard Cat ne vient pas Schmidt ou de Torres. Il y a des milliers et des milliers de vidéos semblables sur Internet. Mais comme tous les bons mèmes, ces deux là ont acquis une signification culturelle particulière parce que des masses de personnes de sont appropriées ces idées pour créer à partir d’elles. Que Schmidt et Torres surgissent à présent pour réclamer une "propriété" sur la qualité mimétique de ces oeuvres est juste insultant. C’est un affront infligé à la communauté des personnes qui ont rendu ces deux mèmes populaires.

    [...] Les deux créateurs de ces mèmes ont grandement bénéficié, non pas de leurs propres efforts, mais de ceux de ces millions de personnes qui se sont transmis des oeuvres à la base assez navrante pour les rendre célèbres. Les voir apparaître dans un jeu vidéo n’a fait qu’accroître encore l’attention et la popularité dont bénéficie ces mèmes.

    Ces propos sont extrêmement intéressants, car ils montrent bien que la notion même de "propriété" ne peut être appliquée à des objets aussi collectifs que des mèmes, qui constituent moins des oeuvres que des "marqueurs" sociaux échangés à grande échelle.

    La qualité même d’auteur ou de créateur peut facilement être contestée aux deux plaignants dans cette affaire.
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    Pour le Keyboard Cat, la vidéo originale a été publiée en 2007 par Charlie Schmidt sur Youtube. Mais ce n’est que deux ans plus tard qu’elle commencera à devenir virale, lorsqu’un autre utilisateur du nom de Brad O’Farell la publie à son tour, en la renommant Play him off, Keyboard Cat, ce qui change son sens en la transformant en une vidéo idéale pour illustrer des fails. Par ailleurs, pour les vingt cinq premières secondes, Schmidt s’est inspiré de la musique du jeu vidéo Dragon’s lair.

    Pour le Nyan Cat, si c’est bien Orlando Torres qui a produit l’animation du chat volant, c’est un autre utilisateur, saraj00n, qui a combiné la vidéo avec le son Nyanyanyanyanyanyanya! trois jours plus tard. Et cette piste sonore avait été créée plus d’un an auparavant par un troisième utilisateur, daniwellP.

    L’idée même d’originalité, qui sous-tend la propriété induite par le droit d’auteur, n’a guère de sens dans le cas de phénomènes comme les mèmes, dont le statut n’émerge qu’au fil des réutilisations collectives. C’est pourquoi il est abusif de les assimiler à des marques, voire même à des "oeuvres de l’esprit, qui supposent une forme arrêtée par le créateur individuel. Il ne peut s’agir de marques, puisque dans les deux cas, ni Schmidt, ni Torres ne sont à l’origine des appellations Keyboard Cat et Nyan Cat, qui sont apparues ensuite.

    C’est pourquoi il sera extrêmement intéressant de suivre cette affaire pour voir comment les juges traiteront les prétentions des deux plaignants. Les mèmes finissent par devenir la propriété du public qui les consacrent par l’usage et on avait déjà vu avec l’affaire du Harlem Shake qu’il est artificiel de vouloir les faire rentrer dans les cases de la propriété intellectuelle. L’épisode récent de Nabilla déposant une marque sur son fameux "Non mais allô quoi !" avait aussi montré toute l’absurdité d’un placage des concepts propriétaires sur les mèmes.

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    André Gunthert vient de publier un article intitulé "La culture du partage ou la revanche des foules" dans lequel il explique avec brio en quoi le statut des créations est bouleversé par les pratiques d’appropriation numérique :

    Qu’il s’agisse de la création de fausses bandes annonces sur YouTube, de détournements parodiques, de l’hommage imitatif des covers (version personnelle d’un morceau de musique) ou de la circulation virale des mèmes (jeu appropriable de décontextualisation de motif), les conditions de l’appropriabilité numérique ne s’autorisent que d’expédients et de tolérances fragiles: la protection de l’anonymat ou de l’expression collective, la nature publicitaire ou politique des contenus, la volatilité ou l’invisibilité des publications, la méconnaissance de la règle, et surtout les espaces du jeu, de la satire ou du second degré, qui, comme autrefois le temps du Carnaval, sont des espaces sociaux de l’exception et de la transgression tolérée… Le remix profite généralement de la zone grise formée par les lacunes du droit, des oublis du contrôle ou de la dimension ludique. Mais ces conditions font du web l’un des rares espaces publics où l’appropriation collective est admise.

    Reste à consacrer pleinement ces droits du public, pour lui restituer ce qui lui appartient.


    Classé dans:Penser le droit d'auteur autrement ... Tagged: copyright, keyboard cat, marques, mème, nyan cat, procès, remix, scribblenauts
  • Ce que copier veut dire (Vidéos de la conférence [Lire+Ecrire]numérique)

    https://1.gravatar.com/avatar/186aa619cd8cb3ec66cd2b19722ce8d7?s=96&d=identicon http://scinfolex.files.wordpress.com/2013/05/bart-simpson-generator-php.jpg
    8 mai

    J’avais déjà évoqué dans un billet précédent la Copy Party qui a eu lieu à la médiathèque de Rezé le 14 mars dernier et la conférence que j’avais donnée en ouverture sur le thème "Ce que copier veut dire".

    bart-simpson-generator.php

    Cet événement s’inscrivait dans le cadre du cycle [Lire+Ecrire]numérique conçu par Guénäel Boutouillet et Catherine Lenoble pour le CRL Pays de Loire.

    La conférence avait pu être filmée et les vidéos ont été mises en ligne, grâce à Olivier Heinry, qui a fait un boulot de montage épatant à partir de l’enregistrement, des transparents de mon support et des liens vers lesquels il pointait. Un grand merci à lui !


    Je profite de ce billet pour indiquer que ce cycle de réflexion sur les rapports entre la culture numérique et l’écrit se poursuit, avec une prochaine session programmée le 30 mai prochain à la Bibliothèque de Saint Herblain. L’artiste et écrivaine An Mertens interviendra sur le thème de la Littérature numérique et de la création en réseau :

    Si le genre du roman est né avec l’invention de l’imprimerie au Moyen-Age et que le livre tel que nous le connaissions a pris des centaines d’années à trouver sa forme, quelles sont les nouvelles formes littéraires ayant émergé avec l’invention de l’ordinateur, de l’Internet et plus largement des infrastructures digitales qui ont pris place dans notre quotidien ? Plutôt qu’ »une réponse, An Mertens propose un parcours subjectif dans l’histoire de la littérature numérique à travers des oeuvres et des expérimentations au croisement de l’écriture collaborative, des créations hypertextes, du code comme ouvroir de potentialité, ou encore de la fiction en réseau et roman génératif imprimé à la demande.

    La conférence du matin sera suivie l’après d’un atelier d’écriture d’une fiction collaborative.

    J’en profite également pour vous dire que la Copy Party continue également son chemin dans les bibliothèques. Une prochaine déclinaison du concept aura lieu à Brest le 17 mai prochain, dans le cadre de l’Open Bidouille Camp #2 :

    Copy-Party : le réseau des bibliothèques de Brest vous explique pourquoi vous avez le droit de copier livres, disques, etc… dans le respect de la loi et en application du droit à la copie privée. Amenez vous matériel de copie ! Appareil photo, scanner, ordinateur etc… Les documents concerne le bricolage et le DIY. Il y aura également la borne Minimazic qui propose au téléchargement libre et gratuit des artistes qui ont choisi de partager leur musique et leurs chansons.

    A Brest toujours, dans le cadre du réseau anim-fr des animateurs de projets collaboratifs, est en train de s’écrire la "recette libre" de la Copy Party, en tant que "code source" d’une innovation sociale.

    Il est extrêmement encourageant de voir ces différentes initiatives se rejoindre et se connecter ! A suivre…


    Classé dans:Compte-rendus d'événements Tagged: copie, copy party
  • Quand le droit des marques nous enlève les mots de la bouche

    https://1.gravatar.com/avatar/186aa619cd8cb3ec66cd2b19722ce8d7?s=96&d=identicon http://farm5.staticflickr.com/4039/4638064448_fe3f079ff8_z.jpg http://binaryapi.ap.org/552ca434a2184628906c6bf8a0be79d0/460x.jpg http://farm5.staticflickr.com/4069/4623821258_4190e2b29f_z.jpg http://scinfolex.files.wordpress.com/2013/05/marques-dc3a9posc3a9es-le-bon-la-brute-et-le-truand-par-cory-doctorow-calimaq-framablog-2013-05-06-15-18-49.png
    6 mai

    [L'équipe de Framasoft a traduit la dernière chronique de Cory Doctorow, parue dans les colonnes du Guardian à propos des dérives du droit des marques. Alexis Kaufman m'a demandé d'en rédiger l'introduction et j'ai volontiers accepté. Je poste ici le texte et voici le lien vers la traduction sur le Framablog. Grand merci à eux, parce que ce texte est important !]

    Parmi les droits de « propriété » intellectuelle, le droit des marques n’est pas celui qui soulève habituellement le plus de contestations. Pourtant avec son article « Trademarks : the Good, The Bad and The Ugly », Cory Doctorow tire la sonnette d’alarme à propos d’une dérive inquiétante : le glissement progressif vers une forme d’appropriation des mots du langage. Au rythme où vont les choses, prévient-il, le droit des marques pourrait bien finir littéralement par nous « enlever les mots de la bouche« .

    Because He Wouldn’t Shut Up. Par joshjanssen. CC-BY-ND. Source : Flickr

    Pour tout l’or des mots…

    On pourrait croire qu’il s’agit d’un fantasme, mais les dérapages en série des Trademark Bullies, ces firmes qui utilisent le droit des marques comme moyen d’intimidation, montrent qu’il n’en est rien : Facebook cherche ainsi à s’approprier les mots Face, Book, Wall et Mur ; Apple attaque une épicerie en ligne polonaise qui avait le malheur de s’appeler « a.pl » ; Lucasfilm fait la chasse aux applications Androïd dont le nom comporte le terme « Droïd », déposé comme marque après Star Wars…

    On pourrait citer encore de nombreux exemples, parfois terriblement cyniques, comme lorsqu’il y a quelques jours « Boston Strong », le cri de ralliement des habitants de la ville de Boston, a fait l’objet de plusieurs dépôts de marques par des fabricants de bière ou de T-shirts juste après les attentats ayant frappé la ville. On ne recule devant rien pour « l’or des mots »…

    Ces dérives prêteraient presque à rire si elles ne nous faisaient glisser peu à peu dans un monde passablement dystopique. Ainsi lors des Jeux Olympiques à Londres en 2012, les médias qui n’avaient pas acheté les droits pour couvrir les épreuves ont préféré dire « The O-word » plutôt que de risquer des poursuites en justice de la part du CIO, lequel n’a pas hésité  à invoquer le droit des marques pour museler des opposants. Nous voilà presque dans Harry Potter, avec des marques-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom !

    Le café Olympic à Londres portait ce nom depuis des années. Il a été obligé de se rebaptiser Café ‘Lympic, à cause de la police des marques du CIO.

    Ces dérives ne sont hélas pas confinées aux pays anglo-saxons et on peut déjà déceler en France les signes d’une montée en puissance de la police du langage par les marques. La semaine dernière, Findus se plaignait devant le CSA que les médias avaient fait un usage abusif de sa marque durant l’affaire des lasagnes à la viande de cheval. L’an passé, une institutrice avait été contrainte par le journal Le Figaro de changer le titre de son blog, « la classe de Mme Figaro », alors qu’il s’agissait de son propre nom ! Et le village de Laguiole en Aveyron s’est  « débaptisé » symboliquement en 2012, pour protester contre un troll local ayant déposé « Laguiole » dans toutes les classes au point de privatiser ce terme en empêchant les autres commerçants de l’utiliser…

    Demain, donnerons-nous notre langue aux marques ?

    Face à ces dérapages inquiétants, l’article de Cory Doctorow a l’immense mérite de rappeler que le droit des marques est avant tout un droit instauré au bénéfice du public, pour le protéger de la fraude. Il ne devrait pas être interprété comme conférant aux firmes une « propriété » sur les termes du langage et on rejoint là une critique que Richard Stallman et bien d’autres après lui adressent à la notion même de « propriété intellectuelle ». Le droit des marques devrait être considéré, non comme un droit de propriété, mais comme un droit du public et les mots du langage devraient rester des biens communs, insusceptibles d’appropriation privative.

    Scrabble Tiles and Scrapbooking Letters 1. Par electic porcupine. CC-BY-NC-ND. Source : Flickr.

    Pourtant après les expressions et les mots, on trouve à présent des cas où des firmes essaient de contrôler l’emploi de simples lettres de l’alphabet ! Audi veut s’approprier la lettre « Q », Apple le « I » et Topps, un fabricant de cartes à collectionner, s’attaque à la lettre V ! Le glissement vers une conception « propriétaire » du langage risque bien de s’accentuer encore, car le numérique s’articule de plus en plus autour d’un « capitalisme linguistique« , dont les moteurs de recherche et leurs adwords nous ont déjà donné un avant-goût.

    Dans ses romans de science-fiction, comme Pirate Cinema, Cory Doctorow a déjà critiqué avec brio les excès de la « propriété » intellectuelle. Mais c’est un auteur français qui est sans doute allé le plus loin dans l’anticipation des conséquences de l’appropriation du langage.

    Dans la nouvelle « Les Hauts® Parleurs®« , Alain Damasio imagine que dans un futur proche, les États finissent par vendre leurs dictionnaires à des firmes qui s’arrogent ainsi un monopole sur l’usage public des mots. Il faut désormais payer une licence à ces propriétaires du langage pour publier un livre ou prononcer un discours, mais une fraction de la population entre en résistance pour récupérer les droits sur certains mots et en inventer d’autres, qu’ils s’efforcent de mettre à nouveau en partage en les plaçant sous copyleft. En réaction, le système n’hésite pas à réprimer férocement ces idéalistes…

    Ce scénario catastrophe paraît irréaliste, mais les juges français ont déjà eu à connaître une affaire, dans laquelle l’auteur d’un dictionnaire de la langue cajun avait attaqué en justice un romancier qui avait abondamment puisé dans son ouvrage pour écrire son livre. Le tribunal a exigé que l’auteur du dictionnaire soit cité dans les crédits du roman, mais il a refusé de lui reconnaître la qualité de co-auteur, au motif qu’il ne pouvait prétendre contrôler les mots de la langue cajun.

    Les mots et les ©hoses

    Ce jugement protecteur a été rendu sur la base du droit d’auteur, mais le droit des marques étend de son côté peu à peu l’emprise du droit exclusif sur le langage. En arriverons-nous un jour à des extrémités telles que celles imaginées par Alain Damasio ? L’avenir nous le dira, mais Lewis Carroll, autre grand visionnaire, nous avait déjà averti en 1871 qu’il existe un rapport profond entre la propriété des mots et le pouvoir.

    Voyez cet extrait d’un dialogue figurant dans « De l’Autre côté du miroir » entre Alice et un personnage en forme d’oeuf appelé Humtpy Dumpty :

    - »Lorsque j’utilise un mot », déclara Humpty Dumpty avec gravité,  » il signifie exactement ce que j’ai décidé qu’il signifierait – ni plus ni moins « .

    - »Mais le problème » dit Alice, « c’est de savoir si tu peux faire en sorte que les mots signifient des choses différentes ».

    - »Le problème », dit Humpty Dumpty, « est de savoir qui commande, c’est tout « !

    Ci-dessous le lien vers l’article de Cory Doctorw traduit par l’équipe du Framablog.

    Marques déposées - le bon, la brute et le truand, par Cory Doctorow (+ Calimaq) - Framablog 2013-05-06 15-18-49


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Scideralle

SCIDERALLE, l'association, soutient des projets visant à fournir à tout public des logiciels et ressources libres pour l’éducation entendue au sens large (enseignement, associations, éducation populaire...).
  • The Document Foundation, LibreOffice

    Septembre 2010 — 3. Presse, Web, librairie, , , ,

    Les leaders de l'ancienne communauté OpenOffice.org annoncent la création de « The Document Foundation », une fondation indépendante, démocratique et autogérée.

    Ses membres souhaitent poursuivre l'œuvre accomplie durant dix ans par la communauté OpenOffice.org. Ils ont la conviction qu'une fondation indépendante est ce qui convient le mieux à l'ouverture, la transparence, la reconnaissance du travail des contributeurs.

    Après dix ans de croissance avec Sun Microsystems comme fondateur et principal sponsor, « The Document Foundation » - nouveau nom de la communauté OpenOffice.org - est appelée à répondre à la promesse d'indépendance de la charte originale d'OOo.

    La société Oracle, qui hérite des actifs d'OpenOffice.org après son acquisition de Sun Microsystems, a été invitée à devenir membre de la nouvelle Fondation - en particulier en donnant la marque OpenOffice.org à la communauté qui en a assuré le succès ces dix dernières années. Dans l'attente de cette décision, la marque « LibreOffice » a été choisie pour le logiciel.

    « The Document Foundation » a pour but de promouvoir l'Open Document Format. Elle est ouverte à toute personne qui est en accord avec ses valeurs et contribue à ses activités. Elle accueille la participation d'entreprises, qui peuvent par exemple parrainer le travail de contributeurs.

    Les développeurs sont invités à rejoindre le projet pour contribuer au code dans ce nouvel environnement amical et ouvert, ainsi que le sont tous les contributeurs qui traduisent, testent, documentent, aident les utilisateurs et assurent la promotion du logiciel.

    Sophie Gautier, ancienne responsable du projet francophone, a déclaré au nom du groupe de volontaires :
    « Nous croyons que la fondation [peut] affranchir le développement du code et l'évolution du projet des contraintes que représentent les intérêts commerciaux d'une société unique. Les promoteurs du Libre du monde entier ont la chance extraordinaire de pouvoir rejoindre aujourd'hui le groupe des membres fondateurs, et de contribuer ainsi à écrire un chapitre complètement nouveau dans l'histoire du Logiciel Libre ».

    Voir en ligne : : The Document Foundation

    Contact presse France :
    Charles H. Schulz
    Mobile : +33 6 98655424
    courriel : charles.schulz@documentfoundation.org


Territoires Sonores

Un site dédié à la valorisation du territoire du Cap de la Chèvre en utilisant le média son. Un projet en lien avec Wiki-Brest

Vecam

Vecam contribue à donner aux citoyens les moyens de s’interroger, comprendre, débattre et s’approprier ces transformations. Plus que la maîtrise technique des outils numériques, c’est au décryptage politique et social que l’association tente de contribuer.
  • De la politique de l’association à la construction des communs

    Août 2012 — Fiches de lecture et références bibliographiques, , , , , ,

    Résumé

    Au milieu du gué. C'est ainsi que Roger Sue décrit nos sociétés et nos économies, pétrifiées à mi chemin entre le modèle industriel dominé par les services - le « tertiaire » - et le modèle de l'économie cognitive ou immatérielle, qu'il intitule résolument le « quaternaire ». Certes tout le monde – entreprises, pouvoirs publics, institutions internationales – célèbre le rôle des technologies de l'information et des connaissances dans l'économie qui s'en vient. Mais, selon l'auteur, nous ne saisissons pas la radicalité des transformations induites tant dans nos entreprises, dans nos sociabilités que dans nos rapports aux savoirs et aux apprentissages. Ce faisant nous n'en tirons pas les choix politiques susceptibles d'accompagner cette « grande transformation ».

    Certes les connaissances sont la clé de voûte de nos économies, mais pas nécessairement les savoirs d'accumulation, ceux que nous empilons laborieusement dans nos cursus scolaires et universitaires. Les connaissances dont nous avons besoin, dans une société que les infrastructures techniques contribuent à rendre réticulaires, informelles et mieux distribuées, sont plutôt de l'ordre du « savoir coopérer », du « savoir créer », de l'imaginaire, de l'intuition, de la reliance aux autres, bref du « savoir-être » tout autant que du savoir-faire. Travailler dès lors consiste tout autant à produire dans la créativité qu'à « se produire », c'est à dire à se construire soi-même, dans son rapport à soi et au monde. Ceci rend en partie obsolète les indicateurs traditionnels du travail / emploi : rejoignant les analyses de Yann Moulier-Boutang, Roger Sue acte que, comme c'est déjà le cas notamment pour l'artiste ou l'enseignant chercheur aujourd'hui, le temps fera de moins en moins sens. Car ces nouvelles tâches appellent un renouvellement continu du capital cognitif, qui ne se limite plus aux temps formels de l'éducation et de la formation.

    L'entreprise n'échappe pas au phénomène : celle-ci prend conscience de l'importance du travail implicite, des qualités et compétences ascendantes des salariés (autonomie, capacité de coopération, de développement personnel...) mais ne sait comment les mobiliser et les reconnaître. Au delà de l'entreprise, l'emploi devra inéluctablement se recomposer autour d'activités liées à cette valorisation de la personne : santé comme pré réquisit, développement des capacités, valorisation du capital humain. Alors que les besoins non marchands explosent et que l'économie devient de facto de plus en plus « sociale » (cf. les dépenses de santé, de protection sociale, d'éducation, de culture...) dans un contexte de ressources publiques limitées, « l'extension du non-marchand est de plus en plus la condition même de survie du marché ». Plus radicalement c'est la question de la sortie de l'emploi qui est posée : ne devons-nous pas aller jusqu'au bout d'une flexibilité de l'emploi qui gagne chaque jour plus de terrain et la négocier contre un revenu de citoyenneté, allant ainsi vers une économie redistributive (en complément ou substitution des économies domestique, publique et marchande identifiées par Karl Polanyi) ? Selon l'auteur, c'est la seule manière d'éviter une scission de la société en deux : d'un côté les gagnants de la flexibilité, qui y trouvent autonomie et adéquation avec une activité cognitive, de l'autre les grands perdants, ceux que la flexibilité enfonce dans la précarité et la pauvreté.

    À ne pas vouloir acter ce glissement des besoins vers de nouvelles connaissances, et à ne pas les intégrer dans une école qui demeure ancrée sur un modèle du savoir universel scientifique, on contribue à accroître les inégalités. Seuls certains milieux sociaux sauront transmettre ces aptitudes aux générations montantes.

    Pour autant, les modalités de cette transmission restent à inventer. Une question complexe. Plutôt que d'en rejeter une fois de plus la responsabilité vers l'école, Roger Sue invite à se tourner vers le monde associatif. Il observe que les associations remplissent trois grandes fonctions :

    • La reliance : l'association permet de tisser du lien social, sans obérer l'individualisation comme processus de civilisation (à différencier de l'individualisme). Car la participation à une association apporte d'abord une connaissance de soi, une mise à jour de savoirs enfouis, l'ouverture d'un nouvel espace de reconnaissance, celle-là même que l'entreprise ne sait plus accorder. Il s'agit de « s'engager pour soi, s'engager avec les autres » tout en « s'engageant pour les autres, dans son époque ». C'est aussi une manière de faire de la politique au moment même où les structures médiatrices traditionnelles du politique souffrent de désamour de la part des populations.
    • Les compétences : alors que l'éducation populaire en France approche le siècle et demi d'existence, le monde associatif porte dans son ADN la question de l'éducation permanente et du croisement des savoirs, dans une perspective d'émancipation individuelle et collective. Les savoirs développés en son sein relèvent des compétences transverses - échange, engagement, sens pratique, créativité, capacité à l'autoformation...-. En ce sens l'association constitue un incubateur naturel des connaissances nécessaires au « quaternaire », celles-là même que ni l'école ni l'entreprise ne savent encourager. Un constat qui doit amener à la reconnaissance de l'association comme système de formation à part entière, à l'image de ce qui se pratique déjà dans certains pays scandinaves.
    • La performance : pour répondre à la part « sociale » croissante de l'économie, les secteurs public et privés seuls sont impuissants. Il est nécessaire d'impliquer tout un chacun, quelles que soient ses qualités (âge, disponibilité, compétences...), dans un rapport de proximité, tout en donnant la priorité à la prévention (de la santé, de l'environnement...). Toutes conditions d'efficacité que le monde associatif sait remplir. Plutôt que d'effectuer un transfert massif vers le secteur privé dont on mesure actuellement l'inefficacité, la construction de partenariats entre entreprises et associations semble plus performants pour répondre à ces enjeux. Des partenariats qui passent notamment par le mécénat de compétences (immersion à temps partiel de salariés dans le monde associatif, financé par l'entreprise), opération gagnant-gagnant pour les deux structures comme pour le salarié. Un modèle qui doit être étendu (au delà des grandes entreprises), diversifié (simultanément ou alternativement au travail salarié) et appuyé sur un revenu minimum, de l'ordre du SMIC. Ce faisant il s'agit ni plus ni moins que de conférer un « droit à l'activité » pour tous, négocié contre une flexibilité assumée mais débarrassée de son caractère profondément inégalitaire (en s'inspirant de la flexisécurité).

    Pour que l'associationnisme puisse porter ces promesses, encore faut-il qu'une véritable politique de l'association se mette en place, c'est à dire « la capacité du mouvement associatif à se constituer en un acteur politique disposant de suffisamment d'unité, d'autonomie et de volonté pour se fixer un agenda politique et une fonction institutionnelle en rapport avec son poids réel dans la société ». Politique que l'auteur entend asseoir autour de quatre axes :

    • Le volontariat généralisé (à la différence du bénévolat qu'il complète, il fait l'objet d'une rétribution minimale), qui génère une nouvelle catégorie d'activités au delà de l'État et du marché et qui doit être encouragé par des dispositifs légaux et financiers, dont l'auteur liste les modes de financements possibles.
    • La mise en place d'un livret de compétences qui permette de reconnaître les compétences transverses, notamment celles acquises hors du système scolaire et universitaire. Ceci consacrerait un changement de posture de l'école, devenant « espace de réflexivité de savoirs majoritairement produits à sa périphérie », à l'image de ce qui se pratique en Finlande.
    • L'affirmation de l'indépendance du secteur associatif, qui ne peut et ne doit être ni supplétif du service public ni prestataire de services. Ceci passe par une réforme des institutions représentatives du monde associatif (Haut conseil à la vie associative, CPCA - Conférence Permanente des Coordinations Associatives...) sur la base de mode de désignation par élections ascendantes, de mandats à durée limitée et de dotation en ressources autonomes. Le passage d'un statut purement consultatif à une intervention dans le processus législatif pour le Conseil économique, social et environnemental, serait également essentiel.

    Au final, Roger Sue invite la gauche à s'emparer de l'associationnisme comme levier majeur d'un renouvellement démocratique participatif, d'un dépassement des contradictions entre travail aliénant et travail émancipateur, entre individu et collectif, et des postures purement critiques, sans perspective d'alternatives. Il y voit également une contribution à l'émergence des « communs », de leur passage à l'échelle, impliquant un public toujours plus large.

    Commentaires

    La première vertu de ce texte est certainement d'allier à l'audace conceptuelle des perspectives concrètes de transformation des relations entre connaissances, travail, temps et engagement. L'ouvrage montre comment notre société porte en elle, à travers la richesse et la diversité du monde associatif, les germes de ce qui pourrait être la « grande transformation » de demain. Ce monde associatif est aujourd'hui en situation ambiguë : négligé par les instances politiques, considéré comme une sorte de « supplément d'âme » qui vient arrondir les angles d'une société livrée à l'économie de marché, il tend à se complaire dans une forme de marginalité. Entre opposition – pour les mouvements de résistances –, réparation – pour les associations de solidarité – ou substitution – pour les associations assumant des missions de service public –, il n'ose assumer l'ambition à laquelle l'invite Roger Sue : celle d'une alternative au marché et à l'État, capable d'accompagner structurellement nos sociétés dans leur entrée dans les sociétés de connaissances.

    Cette perspective est particulièrement stimulante pour tous ceux qui œuvrent à la construction des « communs » (voir Libres savoirs, ouvrage coordonné par Vecam, 2011, C&F Éditions) comme cela n'a pas échappé à l'auteur. Le monde associatif, et plus généralement l'économie sociale et solidaire, apparaît comme le maillon indispensable entre deux approches : celle du « bien commun » et celle des « biens communs ». Le passage du singulier au pluriel (ou l'inverse) n'est pas trivial. Le bien commun peut être envisagé comme une version élargie de l'intérêt général, renvoyant moins au fruit d'un contrat social, qu'aux valeurs que l'humanité se doit de partager (en son sein mais aussi dans son rapport à la nature), dans un souci à la fois de préservation et de développement. Si les biens communs embrassent également ce double objectif de préservation et de renouvellement créatif, ils s'ancrent non pas dans des valeurs abstraites et universelles mais dans la construction très opérationnelle de règles de gouvernance appliquées à une ressource clairement identifiée, matériel ou immatérielle, locale ou non (une forêt ou un logiciel). En ce sens la pensée des « biens communs » présente une double essence politique et économique, qui constitue à la fois sa force – en pensant d'entrée de jeu l'économique hors de la sphère marchande – et sa faiblesse – en ne pouvant pas s'appliquer aux champs de l'activité humaine qui échappent (ou devraient échapper) totalement à l'économique (comme la biodiversité ou la justice). Le monde associatif possède de fait un pied dans chacune de ces deux approches : en poursuivant des objectifs non lucratifs, en répondant à des besoins que le marché par essence ne couvre pas et que la puissance publique néglige, en ouvrant des espaces de développement personnel ignorés du marché comme de l'État, l'association participe à l'évidence du « bien commun ». En inventant les règles de gouvernance indispensables à la poursuite d'activités non marchandes, les associations contribuent à créer de nouvelles communautés de « biens communs ». Si les biens communs englobent une diversité de communautés qui dépassent largement le monde associatif (communautés d'habitants, réseaux informels, communautés de développeurs, riverains d'une rivière...), ce dernier n'en constitue pas moins une composante de taille. L'association, dégagée des contraintes de la valeur d'échange et de la profitabilité (ce qui ne la dédouane pas d'obligations d'efficacité), participe au renouvellement de la conception même de la valeur – valeur des connaissances, valeur du travail comme l'évoque Roger Sue - mais aussi valeur des biens, des services produits, des sociabilités tissées, de la justice sociale réinjectée, de la créativité suscitée... Où l'on retrouve le lien entre les « biens communs » comme manière de revisiter les fondamentaux de l'économie et le « bien commun » comme horizon de sens et de mesure du bénéfice collectif.

    On notera toutefois que le livre, sur son versant économique, souffre des mêmes faiblesses que l'état de la pensée actuelle sur les communs : l'articulation entre les trois sphères – sphère publique, sphère marchande, sphère associative/des biens communs – et la circulation des ressources comme des contributions entre ces trois secteurs reste à définir, même si l'auteur s'efforce d'ouvrir des pistes fécondes. C'est certainement un terrain de forte conflictualité entre ceux qui tentent d'inventer une troisième voie, au delà du marché et du secteur public : quelles doivent êtres les contributions de ces derniers au financement du secteur associatif, et à quelles conditions susceptibles de justifier cette contribution tout en préservant l'autonomie de celui-ci ? Les communs doivent-ils être soumis à une forme de taxation de la richesse non marchande créée, afin de contribuer à la sphère publique en retour ? Quelle peut/ doit être la part des échanges non monétarisés (ou appuyés sur des monnaies alternatives) à l'intérieur du secteur des biens communs ? Quels sont les vecteurs de la reconnaissance dans le cadre d'échanges gratuits ou de dons/contre dons ? Autant de questions et bien d'autres qui attendent encore notre inventivité économique et politique.

    Enfin on pourra reprocher au livre une forme d'angélisme dans sa description du monde associatif : celui-ci apparaît dénué de tout rapport de force interne, de toute difficulté en tant qu'espace de socialisation. Certes le monde associatif est un espace de « construction de soi », de valorisation, de reconnaissance. Mais il peut aussi se révéler espace de concurrence, de conflictualité, voire d'une certaine forme de violence : la construction d'un sens commun fait appel à une implication émotionnelle voire affective de l'individu, qui peut parfois transformer l'expérience associative en source de dépréciation de soi. S'il n'y a pas dans le monde associatif de lien du sujétion au sens où on l'entend dans le monde du travail, il n'échappe cependant pas à la question du pouvoir et de sa régulation. Cette critique n'est qu'une invitation pour le monde associatif à poursuivre l'exploration de nouvelles gouvernances susceptibles de laisser éclore le potentiel créatif et contributif de chaque participant tout en le protégeant des enjeux de pouvoir.


  • La francophonie soutient Remix Biens Communs

    Juillet 2011 — Actualités, , ,

    Remix The Commons, projet collaboratif pour l'appropriation des biens communs reçoit le soutien de la francophonie.

    Remix The Commons, projet d'oeuvre multimédia collaboratif et évolutif sur les biens communs, avait donné ses premiers tours de manivelles à l'occasion de la conférences internationale organisée à Berlin en novembre dernier par la Fondation Heinrich Boell et le Groupe stratégique International pour les biens communs (IIC). Il propose déjà plus de 60 vidéos sur les biens communs sur Viméo et bientôt sur d'autres canaux : youtube, dailymotion et blip.tv.

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    Le soutien de la francophonie permettra de concevoir des kits de réalisation avec les outils techniques et pédagogiques et d'expérimenter des formes de réalisation collaboratives des vidéos sur les biens communs.

    Remix The Commons a pour ambition de documenter et d'illustrer les idées et les pratiques entourant le paradigme des biens communs tout en l'explicitant directement par le processus de création collective. Le projet se bâtit sur un mode coopératif et itératif. Il sera totalement opérationnel dans quelques mois.

    Les vidéos réalisées permettent d'en garder la mémoire et de partager l'expérience des biens communs. Elles feront bientôt partie de la plate-forme Remixthecommons tou comme les images d'archives de la conférence de Berlin et d'autres vidéos et images sur les biens communs en provenance de différentes sources.

    En attendant, ces vidéos sont accessibles et utilisables par tous comme un encouragement à remixer ! Vous pouvez les intégrer sur vos propres sites, les distribuer aux participants à la conférence ... et les remixer.

    En voici une, celle de silke Hilfrish, parmi d'autres :

    Framing the Commons : Silke Helfrich in Berlin from Remix the Commons on Vimeo.


  • Rencontre avec Elinor OSTROM

    Juin 2011 — Actualités, ,

    En juin prochain, Madame Elinor Ostrom (prix Nobel d'Economie 2009) sera en France à l'initiative conjointe d'un ensemble d'institutions françaises (CIRAD, Académie d'agriculture, université et Agropolis Montpellier) et d'institutions internationales (OCDE, UNESCO).

    Dans le cadre de ce programme nous vous invitons à assister à la rencontre des acteurs et des chercheurs de l''Économie Sociale et Solidaire avec

    Ellinor OSTROM

    prix Nobel d'Économie 2009

    JEUDI 23 JUIN 2011 à 14h30

    Dans l'amphithéâtre de la MACIF

    17/19, place Etienne Pernet

    75015 PARIS

    L'organisation de cette rencontre a été confiée conjointement au CIRIEC (Centre international de recherche et d'information sur l'économie sociale), au CNAM (Conservatoire National des Arts & Métiers), à la Chaire Economie Sociale de l'ESCEM Tours/Poitiers (en partenariat avec le groupe Audiens et la MAIF) et au RIODD (Réseau International sur les Organisations et le Développement durable), en partenariat avec diverses institutions et associations scientifiques.

    Programme

    Débats animés par Alain Lebaube 14 h 30 : Accueil Alain Arnaud (Président du CIRIEC-France)

    14 h 40 : Introduction au débat Roland Pérez (Past Président RIODD, SFM) François Silva (CNAM, ESCEM)

    15 h : Première table-ronde : synthèse des thèmes P2 (Biens communs, biens immatériels et ESS) et P4 (Systèmes d'information et internet)

    Rapporteurs : Benjamin Coriat (Université Paris Nord) et Valérie Peugeot (VECAM) Grands Témoins : Jean-Louis Bancel (Président du Crédit Coopératif), Mireille Flam (Présidente du Comité Européen des Entreprises Publiques) Intervention d'Elinor Ostrom Débat avec la salle.

    15 h 50 – 16 h 10 : pause

    16 h 10 : Deuxième table-ronde : synthèse des thèmes P3 ( Collectifs auto-organisés, gouvernance et régulation) et P1 (Les apports de l'Ecole de Bloomington à l'ESS)

    Rapporteurs : Jean-Louis Laville (CNAM/LISE, CNRS), Nadine Richez-Battisti (CEFI/LEST Université de la Méditerranée) Grands Témoins : Roger Belot (Président de la MAIF) ou DG de la MAIF, Patrick Bézier (Directeur Général du Groupe Audiens), Intervention d'Elinor Ostrom Débat avec la salle.

    17 h : Synthèse et conclusions Synthèse du colloque : Claude Ménard (Université Paris 1, ISNIE) Intervention d'Elinor Ostrom Clôture par Gérard Andreck (Président du CEGES et de la MACIF)

    17 h 30 : Réception

    Inscription gratuite mais obligatoire auprès de info@ciriec-france.org

    Les places sont limitées

    Plus d'information sur www.ciriec-france-france.org


  • Libres Savoirs, Les biens communs de la connaissance

    Mai 2011 — Fiches de lecture et références bibliographiques, , , , ,

    Un ouvrage collectifs (30 auteurs originaires de 4 continents coordonnés par VECAM) pour décrypter les enjeux du partage de la connaissance et l'information pour le XXIième siècle.

    La bataille des communs, de l'accaparement par le secteur marchand de l'espace, du travail, de la santé, ou de l'éducation, pour ne citer que ces quelques exemples, fait rage à coup de brevets, de privatisation des services publics, de marchandisation du vivant... L'État accompagne ce mouvement de ses LSQ, Hadopi et autres LOPSI.

    Pourtant les biens communs, cette "utopie pragmatique" au coeur des pratiques de la plupart des initiatives de l'ESS ouvrent des voies nouvelles pour aborder les défis du XXIe siècle". Les biens communs ne sont pas un étendard qu'il suffit de déployer pour changer la face du monde. C'est un chemin semé d'embuches qui nous oblige à regarder la réalité des effets de la mise en commun et du mode de gouvernance qu'adopte une communauté dans le but de se partager une ressource souvent vitale.

    Aujourd'hui, le savoir, l'information sont devenus des denrées vitales pour nous permettre de vivre ensemble à l'échelle locale et mondiale, de partager de manière durable et équitable les ressources de la planète et transformer la société dans le sens de l'émancipation de chacun. Les dimensions immatérielles et non-rivales de l'information et de la connaissance ont ré-ouvert un large champs de possibles aux biens communs, exploré par les économistes, telle Elinor Ostrom, prix Nobel 2009, [1] et les militants. Il s'agit de saisir cette opportunité et d'élaborer des modes de partage à l'échelle de la planète pour prendre soin des biens communs que sont Internet, le climat, ou encore la connaissance.

    C'est fort de cette conviction que les 30 auteurs réunis par l'association VECAM, partagent leurs expériences, leurs analyses et leur réflexions sur les biens communs de la connaissance dans Libres Savoirs.

    Retrouver cet ouvrage en librairie ou sur le site

    Prix du livre : 29 €
    352 pages format 14 × 21 cm
    ISBN 978-2-915825-06-0
    EAN 9782915825060

    Spécimen (inclus : le sommaire, 2 articles d'introduction et un bon de commande) :

    PDF - 2.1 Mo

    [1] Rappelons qu'elle sera en France à la fin du mois de juin 2011 pour une rencontre avec l'Économie sociale et solidaire.


  • Economie informelle dans les secteurs des technologies de pointe

    http://vecam.org/IMG/pdf/conference_a_niang_iscc.pdf
    Mars 2011 — Actualités, , , ,

    Conférence avec Abdoulaye Niang, sociologue de l'Université de Saint-Louis (Sénégal) sur la place du travail informel dans l'économie des télécoms en Afrique.

    Abdoulaye Niang, présentera le compte-rendu d'une étude menée sur trois pays de l'Afrique francophone sur l'économie informelle dans le secteur des telecom. Cette étude interdisciplinaire aide à mieux identifier le potentiel du secteur informel, les éléments portant à son dynamisme, les risques, les opportunités et défis de celui-ci. Le projet découvre le rôle social et économique du secteur informel des TIC comme le rapport changeant au travail, la contribution à la richesse nationale, la création d'emploi, les activités portant à la génération de revenu, et la relation avec les autres secteurs nationaux et locaux. De plus, en analysant les cadres réglementaires et les politiques qui existent actuellement, ce projet met à la disposition des décideurs politiques et des acteurs économiques et sociaux l'information propice à une meilleure exploitation du potentiel du secteur informel et au passage au secteur formel.

    Ces travaux rejoignent les questions des chômeurs en France, du précariat généralisé, et de la demande des acteurs pour des situations informelles, pour des raisons d'équilibre social qui portent sur d'autres critères et situations que le travail individuel salarié et garanti.

    Et en face de voir comment les multinationales on su mobiliser ces volontés à leur profit... mais aussi comment la grève de deux jours des vendeurs de rue de cartes téléphoniques de Côte d'Ivoire a réussi à faire plier l'opérateur téléphonique.

    Bref, au travers de l'exemple africain, ce sont les enjeux mêmes du travail dans les secteurs technologiques de pointe qui sont abordées... avec un regard international.

    Télécharger le programme :

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